Les prix du pétrole reculent face à la surabondance de l’offre

Les prix du pétrole se sont stabilisés jeudi, les inquiétudes liées à l’affaiblissement de la demande américaine et aux risques d’une surabondance de l’offre ayant été compensées par les craintes suscitées par les attaques au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine menée par la Russie.
Les contrats à terme sur le Brent ont reculé de 13 cents, soit 0,2 %, à 67,36 dollars le baril à 07h29 GMT, tandis que les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate ont perdu 17 cents, ou 0,3 %, à 63,50 dollars.
Les contrats de référence avaient gagné plus de 1 dollar chacun mercredi, à la suite de l’attaque menée par Israël contre des dirigeants du Hamas au Qatar la veille, ainsi que de la mobilisation des défenses aériennes polonaises et de l’OTAN pour abattre des drones russes présumés ayant pénétré dans l’espace aérien polonais lors d’une attaque contre l’ouest de l’Ukraine.
Ces hausses s’inscrivent dans une tendance haussière des prix du pétrole tout au long de ce mois, après avoir atteint un plus bas de trois mois le 5 septembre.
Si les tensions géopolitiques soutiennent partiellement les prix du pétrole, le marché s’inquiète davantage d’une offre excédentaire, a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM Oil Associates, dans une note.
« Un durcissement des sanctions à l’encontre des acheteurs de brut russe, notamment la Chine et l’Inde, pourrait offrir de nouveaux arguments aux haussiers du pétrole, mais de telles mesures restent pour l’heure au stade de la rhétorique », a-t-il ajouté.
Les stocks américains de brut ont augmenté de 3,9 millions de barils lors de la semaine se terminant le 5 septembre, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), alors que le marché tablait sur une baisse d’un million de barils. [EIA/S]
Par ailleurs, la faiblesse de l’économie américaine a renforcé les anticipations d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale la semaine prochaine.
« Les opérateurs adoptent une position plus prudente avant la publication du rapport sur l’inflation américaine (prévu plus tard dans la journée de jeudi), les attentes de baisses plus marquées des taux de la Fed étant déjà intégrées, mais pourraient être remises en question par un indice CPI supérieur aux prévisions », a déclaré Tony Sycamore, analyste de marché chez IG.
Du côté de l’offre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, le groupe OPEP+, ont décidé dimanche d’augmenter leur production à partir d’octobre.
Bien que ces hausses soient inférieures à celles des mois précédents et à certaines attentes, cette décision accentue la faiblesse du marché pétrolier. Selon l’EIA, les prix du pétrole devraient fortement baisser dans les mois à venir, la hausse de la production devant entraîner une accumulation importante des stocks. (Avec Zonebourse)

