Marché du rond à béton : le Conseil de la concurrence épingle les dysfonctionnements

Le Conseil de la concurrence a publié, le 2 février 2026, un avis analysant le fonctionnement concurrentiel du marché des matériaux de construction, avec un focus particulier sur le marché du rond à béton, un segment stratégique pour le secteur du bâtiment et des travaux publics au Maroc.
Cette analyse fait partie des missions consultatives de l’Autorité dans le cadre de la loi n° 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence et de la loi n° 20-13 relative au Conseil de la concurrence, visant à soutenir une concurrence effective dans les secteurs clés de l’économie.
Selon le rapport, le marché du rond à béton est marqué par des contraintes structurelles qui limitent la concurrence entre opérateurs. Le secteur dépend fortement des importations de matières premières, notamment de ferraille, ce qui expose la production locale aux fluctuations des marchés internationaux et affecte les coûts de production. Cette dépendance réduit également le pouvoir des producteurs nationaux sur la fixation des prix et leur capacité à rivaliser efficacement sur le plan concurrentiel.
L’avis souligne également que la structure industrielle du marché reste concentrée, avec peu d’acteurs capables d’investir à grande échelle pour accroître leur capacité ou diversifier leurs sources d’approvisionnement. Cette concentration freine l’entrée de nouveaux concurrents et limite les gains possibles pour les consommateurs ou les acteurs économiques en aval.
Sur le plan de la distribution, le Conseil souligne que le réseau national de distribution du rond à béton est peu efficient, ce qui se traduit par des coûts supplémentaires et des rigidités dans la mise à disposition des produits sur l’ensemble du territoire. Cette situation contribue à maintenir des prix relativement élevés et à réduire l’intensité de la concurrence entre opérateurs.
Pour améliorer le fonctionnement du marché, le Conseil de la concurrence formule plusieurs recommandations. Il préconise notamment de renforcer la concurrence loyale, de faciliter l’accès aux matières premières essentielles, et d’encourager une distribution plus efficace des produits. L’avis invite également à explorer des solutions alternatives ou innovations dans les matériaux de construction et à sécuriser les approvisionnements, afin de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales.
L’avis s’inscrit dans une série d’analyses que l’institution consacre à plusieurs segments économiques importants pour l’économie marocaine, afin d’évaluer leur niveau de concurrence et d’identifier les obstacles structurels au bon fonctionnement des marchés.

