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Chronique

Rapport annuel de Human Rights Watch 2026 : quelles conclusions ?

Anniversaire Etats-Unis

Rappelons que Human Rights Watch (HRW) est une organisation indépendante, non gouvernementale et non partisane, financée principalement par des dons privés. Elle a été créée en 1988 avec les objectifs de défendre les droits humains universels, enquêter et documenter les violations, alerter l’opinion publique internationale, influencer les politiques publiques, et promouvoir la justice et la responsabilité dans le monde.

HRW publie chaque année un rapport annuel sur l’état des droits humains dans le monde. Le dernier rapport publié en Février 2026 est l’un des plus importants. Il souligne tout d’abord les menaces graves contre le système international des droits humains, et avertit que l’ordre fondé sur des règles internationales est en péril. Cela est dû à la pression accrue de puissances autoritaires comme les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Le rapport note également le recul de la démocratie et l’expansion de l’autoritarisme. Il décrit une récession démocratique avec environ 72% de la population mondiale qui vit sous des régimes autocratiques. HRW critique aussi la dérive autoritaire aux Etats-Unis, notamment des attaques contre l’intégrité des élections, l’indépendance judiciaire, les médias et la société civile, et la lutte implacable contre les immigrés clandestins.

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Le rapport documente les abus graves liés à des conflits armés, tels que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, et des actes pouvant constituer un génocide. Il cite le territoire Palestinien occupé avec des milliers de morts, des déplacements massifs, des destructions quasi-totales des infrastructures et des immeubles d’habitation, notamment pendant la guerre à Gaza. Il cite également l’Ukraine et le Soudan qui vivent une crise humanitaire sans précédent. Le rapport indique également les répressions et les restrictions des libertés civiles dans de nombreux pays, où les gouvernements portent atteinte à la liberté d’expression, d’association, et de manifestation. Le rapport souligne aussi des abus policiers et judiciaires, notamment des arrestations arbitraires sur les médias et les défenseurs des droits humains dans plusieurs régions du globe. HRW constate que l’espace civique se contracte, même dans certaines démocraties établies rendant plus difficile le travail des ONG, des journalistes, et des mouvements sociaux qui tentent de promouvoir les droits humains.

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On ne peut que déplorer la situation du monde en ce début de l’année 2026. D’où la nécessité d’un sursaut des hommes et des femmes de bonne volonté, afin de constituer une coalition stratégique de gouvernements démocratiques, de la société civile et d’institution internationales, pour contrer l’érosion des droits humains et défendre les normes fondamentales. Il s’agit notamment de défendre les Organisations internationales, et de leur rendre les pouvoirs qui leur ont été ôtés.

En premier lieu il y a la nécessité d’une réforme profonde de l’ONU, dont l’objectif principal à sa création a été de prévenir et de résoudre les conflits armés dans le monde. Il faut vaincre la résistance des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui ont toujours refusé la réforme de l’ONU. Il faut protéger et défendre également ses filiales : l’Organisation mondiale de la santé,  l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation mondiale du Travail,  l’Unesco. Le monde ne peut pas vivre sans règles, d’où la nécessité du respect du droit international et des valeurs universelles. Sinon, nous allons revenir à la loi de la jungle, où le plus fort dicte et impose sa volonté.

Par Jawad KERDOUDI, Président de l’IMRI  (Institut Marocain des Relations Internationales)

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