Déficit budgétaire de 34,5 Mds DH à fin février, en nette hausse sur un an

La situation des charges et ressources du Trésor à fin février 2026 fait ressortir un déficit budgétaire de 34,5 Mds de DH, contre 24,8 Mds de DH un an auparavant. Cette évolution reflète principalement une baisse des recettes (-2,5 Mds de DH), conjuguée à une hausse des dépenses (+7,2 Mds de DH).
Les recettes, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont affiché un taux de réalisation de 11,8% par rapport aux prévisions de la loi de finances (LF) et ont baissé de près de 2,5 Mds de DH (-4,7%) comparativement à fin février 2025.
Les recettes fiscales ont enregistré un taux de réalisation de 13,3% et une baisse de 2,9 Mds de DH (-5,6%) par rapport à fin février 2025. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ont augmenté de 174,1 M.DH, pour atteindre 4,3 Mds de DH.
Par nature d’impôt et de taxe, les principales évolutions ayant marqué le comportement des recettes fiscales, tant par rapport aux prévisions de la LF-26 que par rapport à fin février 2025, se présentent comme suit :
– IS : Un taux de réalisation de 4,1% et un recul de 120 MDH (-3%), reflétant principalement la forte contraction des recettes issues de l’action de l’administration fiscale (-526 MDH), conjuguée à une hausse de l’IS sur les produits de placements à revenu fixe (+185 MDH) et sur les rémunérations allouées à des tiers (+93 MDH);
– IR : Un taux de réalisation de 20,6% et une diminution de 3,2 Mds de DH (-19,4%). Cette évolution s’explique principalement par la recette exceptionnelle de 3,8 Mds de DH réalisée en janvier 2025, en liaison avec la mesure de la régularisation fiscale volontaire. En excluant cette opération exceptionnelle, les recettes de l’IR auraient affiché une progression de 4,7%, portée notamment par la hausse de l’IR retenu sur les profits de cession de valeurs mobilières (+1,1 Md de DH);
– TVA : Un taux de réalisation de 14,5% et une hausse de 573 MDH (+3,6%), attribuable à la progression des recettes au titre de la TVA à l’intérieur de 1,1 Md de DH (+16,8%), conjuguée au recul de la TVA à l’importation de 533 MDH (-5,7%). Il est à souligner que les remboursements en matière de TVA (non compris la part des CT) ont atteint 2,5 Mds de DH, contre 2,7 Mds de DH à fin février 2025 ;
– Taxes intérieures de consommation : Un taux de réalisation de 11,1% et un recul de 411 MDH (-7,5%), reflétant la baisse des recettes des TIC sur les tabacs de 438 M.DH (-23,4%) et sur les autres produits de 148 MDH (-32,4%)%, tandis que celles sur les produits énergétiques ont progressé de 176 M.DH (+5,7%);
– Droits de douane : Un taux de réalisation de 12,3% et une baisse de 359 MDH (-13,6%) ;
– Droits d’enregistrement et de timbre : Un taux de réalisation de 28,7% et une progression de 824 MDH (+13,6%), suite notamment à l’augmentation des droits d’enregistrement (+611 MDH, +29%) et de la TSAV (+157 MDH, +5,3%).
Les recettes non fiscales ont atteint 1,4 Md de DH à fin février 2026, en hausse de 215 MDH (+17,7%). Ces recettes proviennent des établissements et entreprises publics à hauteur de 273 MDH et des « produits divers des ministères » pour un montant de 1,2 Md de DH.
DEPENSES
Les dépenses ordinaires se sont élevées à 73,9 Mds de DH à fin février 2026, affichant un taux d’exécution de 19,5% et une baisse de 647 MDH par rapport à fin février 2025. Cette évolution recouvre, d’une part, une hausse des dépenses au titre des biens et services de 316 MDH (+0,5%) et des intérêts de la dette de 313 MDH (+4,6%) et, d’autre part, un recul des charges de la compensation de 1,3 Md de DH (-31,6%).
– Dépenses au titre des biens et services : Leur exécution a été marquée par un taux de réalisation de 16,4% pour les dépenses de personnel et de 24,9% pour les dépenses afférentes aux « autres biens et services ». Leur évolution respective par rapport à fin février 2025 recouvre une hausse de 5,7 Mds de DH et une baisse de 5,4 Mds de DH. L’augmentation des dépenses de personnel s’explique par l’impact des mesures décidées dans le cadre du dialogue social. En revanche, le recul des dépenses au titre « des autres biens et services » est attribuable au niveau des transferts au profit du fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale(7 Mds de DH contre 12 Mds de DH à fin février 2025).
– Intérêts de la dette : Il ont affiché un taux de réalisation de 17%.
Leur évolution recouvre une hausse des intérêts de la dette intérieure (+483 MDH) et une baisse de ceux de la dette extérieure (-170 MDH).
– Charges de la compensation : Elles ont atteint 2,8 Mds de DH, enregistrant un taux de réalisation de 19,9% et une baisse de 1,3 Md de DH (-31,6%) par rapport à fin février 2025.
Les évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire déficitaire de -22,7 Mds de DH, contre -18,8 Mds de DH un an auparavant. Les dépenses d’investissement ont atteint 23,1 Mds de DH, en hausse de 6,3 Mds de DH par rapport au mois de février 2025. Comparativement aux prévisions de la LF 2026, leur taux de réalisation s’est élevé à 20,1%.

