Conférence régionale FAO Proche-Orient : les États mobilisés face à la pression sur les systèmes agricoles

Au Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les travaux de la 38e Conférence régionale pour le Proche-Orient ont officiellement démarré le 25 mars 2026 avec la réunion des hauts fonctionnaires au Caire, dans un contexte marqué par une pression accrue sur la sécurité alimentaire et les ressources naturelles.
Cette séquence technique ouvre la voie au segment ministériel prévu le 21 avril à Al Ain, sous présidence des Émirats arabes unis. Elle vise à définir les orientations politiques et opérationnelles pour le prochain cycle biennal, autour du thème central de la transformation des systèmes agroalimentaires par l’innovation.
Dans son intervention, le Sous-Directeur général de la FAO pour la région, Abdulhakim Elwaer, a alerté sur « un tournant critique » pour la région Afrique du Nord et Proche-Orient. Il souligne que la convergence des chocs climatiques, de la rareté hydrique, des tensions géopolitiques et de l’instabilité économique fragilise simultanément les chaînes d’approvisionnement, la production agricole et les moyens de subsistance.
Même tonalité du côté des autorités émiriennes. Mohammed Saeed Al Nuaimi insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée et rapide face à des contraintes structurelles renforcées, notamment sur l’eau et les terres agricoles. Les Émirats entendent, à travers leur présidence, accélérer les dynamiques d’innovation et de coopération régionale.
Les données les plus récentes de la FAO confirment l’ampleur des défis. En 2024, près de 77,5 millions de personnes dans la région souffraient de la faim, soit 15,8 % de la population. Parallèlement, environ 40 % des habitants sont confrontés à une insécurité alimentaire modérée à sévère. La dépendance aux importations agricoles reste élevée, exposant fortement les pays aux volatilités des marchés internationaux.
Sur le plan des ressources, la région demeure la plus déficitaire en eau au monde. L’agriculture y concentre environ 85 % des prélèvements en eau douce, dans un contexte aggravé par la variabilité climatique, la désertification et la dégradation des sols.
Face à ces contraintes, les discussions portent sur des leviers opérationnels concrets. L’amélioration de l’efficience des chaînes logistiques, la réduction des pertes alimentaires, la diversification des sources d’approvisionnement et l’intégration des technologies numériques sont identifiées comme axes prioritaires. L’enjeu d’inclusion reste également central, notamment pour les jeunes et les femmes, encore insuffisamment intégrés dans les systèmes productifs.
Cette réunion des hauts responsables constitue ainsi une étape stratégique pour aligner les priorités régionales et préparer des décisions ministérielles susceptibles d’accélérer la transition vers des systèmes agricoles plus résilients, durables et adaptés aux contraintes spécifiques du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord.

