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Economie

Délais de paiement : près de 3 Mds de DH en attente du mécanisme de réorientation vers les TPME

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Ecrit par L.Boumahrou I

À l’issue du mandat 2023–2026, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), conduite par Chakib Alj et Mehdi Tazi, met en avant un bilan marqué par une dynamique de relance, de réformes structurelles et de soutien renforcé au tissu entrepreneurial, en particulier les TPME. 

Reconduit en mai 2023 pour un second mandat, le binôme avait inscrit son action sous le slogan « Libérer les énergies pour une croissance durable et inclusive », dans un contexte post-crises nécessitant à la fois consolidation et accélération des transformations économiques.

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Le programme de la CGEM s’est articulé autour de quatre axes majeurs : l’amélioration du climat des affaires, le développement du capital humain, le renforcement de l’inclusion économique et la préparation de l’économie de demain. Une feuille de route qui a structuré l’ensemble des actions menées durant ces trois années.

Climat des affaires : des avancées concrètes en faveur des TPME

Le renforcement du climat des affaires en faveur des entreprises marocaines, en particulier les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), a constitué une priorité dès le début du mandat a précisé Chakib ALJ.

« Notre premier engagement de mandat était d’agir concrètement pour un climat d’affaires favorable aux entreprises marocaines, notamment les TPME », a souligné le président de la CGEM, estimant que des progrès significatifs ont été réalisés, notamment sur la question des délais de paiement.

Parmi les réformes majeures, la loi 69-21 a marqué une avancée importante. « Les encours de crédits interentreprises représentaient près de 400 Mds de DH, une véritable banque invisible qui fragilisait les trésoreries, en particulier celles des TPME », a-t-il expliqué. Ce nouveau cadre légal vise ainsi à instaurer plus d’équilibre et de transparence, répondant à une attente forte du tissu entrepreneurial.

Dans ce cadre, la Direction générale des impôts (DGI) a collecté près de 2 Mds de DH d’amendes en 2025. « La question des paiements est centrale : les montants générés, estimés entre 2 et 3 Mds de DH, ont vocation, conformément à nos engagements, à être réorientés vers les TPME. Les modalités précises de redistribution sont encore en cours de définition, mais le principe est clair : ces ressources doivent bénéficier en priorité aux petites entreprises, en compensation des difficultés qu’elles subissent, notamment en raison des retards de paiement»,  a précisé le Président de la CGEM.

Et d’ajouter « l’objectif, à terme, est d’améliorer significativement la situation, en réduisant progressivement les délais moyens de paiement, actuellement autour de 120 jours, pour les ramener à 90 jours dans un avenir proche ».

En parallèle, l’action publique s’est également concentrée sur la commande publique, considérée comme un levier stratégique pour soutenir l’économie nationale. « La commande publique représente plus de 30 % du PIB. Pour être efficace, elle doit reposer sur des règles de jeu claires qui favorisent le Made in Morocco et les TPME », a-t-il affirmé.

Plusieurs mesures structurantes ont ainsi été mises en place, notamment l’obligation de réserver 30 % des marchés publics aux TPME marocaines. « Nous avons également instauré une préférence nationale permettant à une entreprise marocaine de remporter un marché même si son offre est jusqu’à 15 % plus chère qu’une offre étrangère », a-t-il ajouté.

Auparavant, les TPME ne bénéficiaient pas de mécanismes spécifiques leur garantissant un accès structuré à la commande publique. Désormais, des garde-fous ont été introduits, permettant notamment de réserver au moins 30 % des marchés à ces entreprises, avec des conditions de préférence encadrées.

Interpellé sur la question du respect ou pas de ces mesures et du rôle de la CGEM pour veiller au respect desdites mesures, Chakib Alj nous a précisé « l’absence de signalements défavorables est considérée comme un indicateur encourageant. « À défaut de remontées négatives, nous considérons qu’il s’agit plutôt d’un signal positif », a-t-il été indiqué, traduisant une appréciation globalement favorable de la mise en œuvre du dispositif à ce stade.

Cette volonté de renforcer la lisibilité et l’impact des politiques publiques s’est également traduite dans le domaine de l’investissement. « Sur la charte d’investissement dédiée aux TPME, nous avons été mobilisés de bout en bout, de la conception à l’opérationnalisation et au déploiement territorial », a-t-il indiqué.

Ce dispositif cible près de 95 % des entreprises marocaines. « Son succès est déterminant, car il conditionne directement la capacité de notre économie à générer une croissance inclusive, bénéficiant à l’ensemble du tissu entrepreneurial », a-t-il insisté.

Enfin, l’amélioration de la compétitivité passe également par le cadre fiscal. « Nous avons agi sur un autre pilier essentiel, celui de la fiscalité, à travers les lois de finances », a-t-il conclu, rappelant la mobilisation continue des instances concernées sur ce chantier structurant.

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