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Politique

Élections 2026 : le Maroc à l’épreuve de l’Intelligence Artificielle (IA)

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

À l’aube des élections législatives du 23 septembre 2026, le paysage politique marocain s’apprête à vivre une mutation sans précédent. Pilier de la quatrième révolution industrielle, l’Intelligence Artificielle (IA) ne se contente plus de transformer l’économie nationale, elle s’invite désormais au cœur de la stratégie des partis politiques. Entre promesses d’efficacité et risques de dérives juridiques, le Maroc se trouve à la croisée des chemins.

Pour ce scrutin de 2026, l’investissement des partis politiques dans les nouvelles technologies a certainement franchi un palier. Conscients que l’IA peut rendre une campagne plus « rentable » en termes de portée électorale, l’usage d’algorithmes va devenir la norme.

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Grâce à l’analyse de données massives, les états-majors politiques peuvent désormais segmenter l’électorat avec précision, adaptant leurs messages aux préoccupations spécifiques de chaque citoyen. Cette  promotion numérique permet de toucher une jeunesse ultra-connectée, mais elle soulève une question fondamentale : jusqu’où peut-on aller dans la personnalisation du discours politique sans fragiliser le débat public global ?

L’enjeu majeur de cette campagne réside selon les spécialistes dans la quête du « juste équilibre ». D’un côté, l’IA favorise une nouvelle forme de liberté d’expression numérique, permettant une diffusion rapide et interactive des idées. De l’autre, elle fait peser une menace sérieuse sur la protection des données personnelles et l’intégrité de l’opinion.

Le recours accru à l’IA pour contrôler les contenus diffusés pose également la question de la censure algorithmique. Qui définit les critères de « vérité » sur les réseaux sociaux en période électorale ? Le risque est de voir des opinions légitimes étouffées par des outils de modération automatisés, sous prétexte de lutte contre la désinformation.

Le législateur est-il au rendez-vous ?

Longtemps jugé en retard, le dispositif juridique marocain a dû s’adapter en urgence. Si la Loi 09-08 relative à la protection des données à caractère personnel constitue un socle solide, l’ampleur des capacités de l’IA exige une vigilance accrue de la CNDP.

Le législateur a tenté de compléter l’arsenal juridique pour encadrer les dérives possibles. Il impose désormais une transparence totale sur l’origine des données utilisées par les partis. Toutefois, avec la dématérialisation croissante du processus (dépôt des candidatures, suivi des résultats…), la cybersécurité est devenue une priorité de sécurité nationale. Le risque d’ingérence étrangère ou de manipulation des résultats par des attaques sophistiquées doit être pris très au sérieux par les autorités.

La campagne de 2026 sera le véritable baptême du feu pour la « démocratie numérique » au Maroc. Si l’IA offre des outils formidables pour moderniser l’échange politique et l’efficacité économique, elle impose une éthique de responsabilité. La protection de la vie privée des citoyens et la lutte contre les cyber-menaces ne sont plus des options, mais les conditions sine qua non de la légitimité du scrutin.

Le Maroc jouera donc ici sa capacité à intégrer le progrès technologique tout en préservant ses fondements juridiques et les droits fondamentaux de ses électeurs.

Une chose est sûre : en 2026, le Maroc ne testera pas seulement ses nouvelles urnes, il testera sa résistance face à l’emprise numérique. Si l’IA peut rendre l’économie plus efficace, elle ne doit pas rendre la démocratie plus fragile.

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