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Crédit bancaire : les entreprises tirent la croissance, les dépôts franchissent les 1.430 Mds de DH

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Les indicateurs bancaires à fin août 2026 confirment un changement de rythme dans le financement de l’économie marocaine. Avec un encours de crédit dépassant 1.292 Mds de DH, en hausse de 11,3 % sur un an, le système bancaire enregistre sa progression la plus soutenue depuis plusieurs années.

Derrière cette performance se dessine une tendance majeure : le retour de l’investissement privé comme principal moteur de la demande de financement.

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En chiffres et selon les données de Bank Al-Maghrib, la croissance du crédit repose avant tout sur les entreprises non financières privées. Leurs encours atteignent 498,2 Mds de DH à fin août, en progression de 11,7 % sur un an.

Plus révélateur encore, la structure de cette croissance montre que les entreprises empruntent davantage pour investir que pour faire face à des difficultés de trésorerie. Les crédits à l’équipement augmentent de 17,4 %, soit le rythme le plus élevé parmi les principales catégories de financement. Les crédits de trésorerie progressent également de 12,1 %, tandis que les prêts à la promotion immobilière gagnent 11,8 %.

Cette évolution suggère un climat des affaires plus favorable. Dans la plupart des cycles économiques, les entreprises sollicitent davantage de financement d’investissement lorsqu’elles anticipent une amélioration de leur activité future. La progression simultanée des crédits à l’équipement et des financements immobiliers traduit ainsi une montée des projets d’expansion et de développement.

Un assouplissement prudent du crédit

L’enquête de Bank Al-Maghrib sur les conditions d’octroi montre également que les banques ont commencé à assouplir leurs critères pour les crédits à l’équipement, tout en maintenant inchangées les conditions applicables aux financements de trésorerie et à l’immobilier.

Ce signal est important. Après plusieurs années marquées par la hausse des taux d’intérêt et un environnement économique plus incertain, les établissements bancaires semblent désormais davantage disposés à accompagner les projets d’investissement. L’amélioration de la demande de crédit signalée par les banques aussi bien pour les grandes entreprises que pour les TPME confirme cette tendance.

Les ménages restent prudents

La dynamique observée du côté des entreprises ne se retrouve pas avec la même intensité chez les ménages.

Les crédits aux particuliers progressent de 3,4 % pour atteindre 404,4 Mds de DH. Les prêts à l’habitat augmentent de 2,3 %, tandis que les crédits à la consommation enregistrent une hausse de 5,1 %.

Ces rythmes restent nettement inférieurs à ceux observés dans le financement des entreprises. Cette divergence traduit une reprise économique portée principalement par l’investissement productif plutôt que par la consommation des ménages.

Le financement participatif poursuit cependant son développement. Les encours de Mourabaha immobilière atteignent 32,3 Mds de DH, contre 27,7 Mds de DH un an auparavant. Ce segment affiche l’une des croissances les plus soutenues du marché du financement de l’habitat.

Des taux qui se stabilisent

L’évolution des taux débiteurs montre que le cycle de resserrement monétaire semble toucher à sa fin.

Au deuxième trimestre 2026, les nouveaux crédits aux entreprises privées sont accordés à un taux moyen de 4,81 %. Les grandes entreprises bénéficient d’un coût de financement moyen de 4,56 %, contre 5,20 % pour les TPME.

Pour les ménages, les taux ressortent à 4,53 % pour les crédits à l’habitat et à 6,81 % pour les crédits à la consommation. Les variations demeurent limitées, traduisant une relative stabilité du coût du financement malgré un contexte monétaire encore exigeant.

Cette stabilisation contribue à améliorer la visibilité des emprunteurs et favorise la relance des projets d’investissement différés au cours des dernières années.

Les dépôts progressent plus vite que le crédit

L’autre enseignement majeur réside dans la forte croissance des ressources bancaires.

À fin août, les dépôts atteignent 1.431,9 Mds de DH, en hausse de 10 % sur un an. Cette progression est proche de celle observée pour les crédits, ce qui permet au secteur bancaire d’accompagner la demande de financement sans tension majeure sur sa liquidité.

Les ménages restent les principaux pourvoyeurs de ressources avec 1.037,2 Mds de DH de dépôts. Les Marocains résidant à l’étranger détiennent à eux seuls 235,5 Mds de DH, confirmant une nouvelle fois leur contribution à l’équilibre financier du système bancaire.

Les entreprises non financières privées affichent également une progression notable de leurs dépôts, en hausse de 11,6 % à 258,1 Mds de DH. Cette évolution constitue généralement un indicateur de la bonne tenue de l’activité économique et de l’amélioration des capacités de trésorerie du secteur productif.

Un signal positif pour la croissance

Pris dans leur ensemble, les chiffres bancaires d’août 2026 envoient un message relativement clair : le financement de l’économie entre dans une phase plus dynamique, tirée principalement par l’investissement des entreprises.

La hausse simultanée des crédits à l’équipement, de la demande de financement et des dépôts constitue généralement une configuration favorable à l’activité économique. Elle traduit la confiance des agents économiques, le redémarrage des projets d’investissement et une capacité du secteur bancaire à soutenir cette dynamique.

La véritable question pour les prochains mois sera de savoir si cette accélération du crédit aux entreprises se traduira par une hausse durable de l’investissement productif, condition essentielle pour soutenir la croissance, l’emploi et la compétitivité de l’économie marocaine.

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