Marché obligataire : le Trésor desserre l’étau, les taux poursuivent leur repli

Le marché obligataire poursuit son mouvement de détente, porté par une demande soutenue des investisseurs et des besoins de financement limités du Trésor. Malgré un creusement du déficit de liquidité bancaire, les rendements des bons du Trésor ont reculé sur la plupart des maturités au cours de la dernière semaine de septembre, confirmant une tendance favorable au marché de la dette souveraine.
Le déficit de liquidité franchit les 141 Mds de DH
Les tensions de liquidité persistent dans le système bancaire. Entre le 23 et le 30 septembre 2026, le déficit moyen de liquidité s’est creusé de 5,48 % pour atteindre 141,1 Mds de DH. Pour maintenir l’équilibre du marché monétaire, Bank Al-Maghrib a porté ses interventions à travers les avances à sept jours à 63,7 Mds de DH , contre 54,2 Mds de DH une semaine auparavant.
Malgré cette situation, les taux du marché monétaire sont restés parfaitement maîtrisés. Le taux moyen pondéré interbancaire (TMP) s’est maintenu à 2,25 %, tandis que le taux MONIA s’est également établi à 2,25 %.
Un Trésor sélectif dans ses levées
Le principal fait marquant de la semaine réside toutefois dans l’attitude du Trésor sur le marché primaire. Lors de la dernière adjudication, l’État n’a retenu que 100 MDH sur les 3,575 Mds de DH proposés par les investisseurs, soit un taux de satisfaction de seulement 3 %. La levée a été réalisée exclusivement sur la maturité de 26 semaines à un taux limite de 2,15 %.
Cette sélectivité traduit une situation financière confortable. Les placements du Trésor sur le marché monétaire ont atteint un encours quotidien maximal de 4,5 Mds de DH contre 3,4 Mds de DH durant la semaine précédente, témoignant d’une trésorerie excédentaire à court terme.
Pour les investisseurs, cette rareté de l’offre souveraine constitue un soutien direct aux valorisations obligataires.
Les rendements poursuivent leur repli
Sur le marché secondaire, la détente s’est amplifiée. Les baisses les plus importantes ont concerné les maturités de référence à moyen et long terme.
Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé de 9,14 points de base à 3,44 %, tandis que celui du 5 ans a diminué de 7,59 points de base pour s’établir à 2,97 %. Les maturités à 26 semaines et à 30 ans ont également enregistré des replis respectifs de 5,84 et 5,68 points de base.
Cette évolution reflète un renforcement de la demande des investisseurs institutionnels dans un contexte marqué par une offre primaire réduite et des anticipations toujours favorables sur le marché des taux.
La dette privée reste peu active
L’activité demeure limitée sur le compartiment de la dette privée. La seule opération signalée au cours de la période est une émission de certificat de dépôt de BMCI d’une maturité de douze mois et assortie d’un taux facial de 2,60 %. Aucune émission obligataire ni aucun billet de trésorerie n’ont été enregistrés.
Des perspectives encore favorables
À court terme, les perspectives demeurent orientées vers la stabilité, voire une poursuite de la détente sur les taux. Selon les prévisions de BMCE Capital Global Research, Bank Al-Maghrib devrait réduire le volume de ses avances à sept jours à 59,7 Mds de DH lors de la prochaine intervention.
Les analystes estiment également que la politique prudente du Trésor devrait continuer à soutenir le marché secondaire. Néanmoins, l’approche des importantes échéances de remboursement prévues en octobre pourrait entraîner un retour plus actif de l’État sur le marché primaire et freiner progressivement la baisse des rendements.
Le marché obligataire évolue actuellement dans un environnement favorable aux investisseurs. Si les tensions de liquidité restent présentes dans le secteur bancaire, la faible pression exercée par les besoins de financement du Trésor contribue à entretenir la baisse des taux souverains. À ce stade, l’équilibre du marché demeure largement dicté par la gestion prudente de la trésorerie de l’État et par l’abondance relative de la demande pour les titres publics.
