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Marché obligataire : le Trésor marque une pause malgré l’aggravation du déficit de liquidité bancaire

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Porté par une trésorerie jugée confortable, le Trésor a choisi de ne réaliser aucune levée sur le marché primaire cette semaine, malgré des soumissions atteignant près de 4,9 Mds de DH. Cette stratégie intervient dans un contexte de creusement du déficit de liquidité bancaire et de tensions persistantes sur certains segments de la courbe des taux. 

Le marché monétaire a poursuivi son mouvement de détérioration au cours de la période allant du 30 septembre au 7 octobre 2026. Selon les données compilées par BMCE Capital Global Research, le déficit moyen de liquidité bancaire s’est aggravé de 10,1% pour atteindre 155,4 Mds de DH. En parallèle, les injections hebdomadaires de Bank Al-Maghrib sous forme d’avances à sept jours ont été réduites de 4 Mds de DH à 59,7 Mds de DH. 

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Cette évolution n’a toutefois pas perturbé le marché interbancaire. Le taux moyen pondéré (TMP) est resté inchangé à 2,25%, tandis que le taux MONIA s’est légèrement replié à 2,118%, traduisant une relative stabilité des conditions de refinancement à court terme. 

Le Trésor privilégie la sélectivité

Sur le marché des bons du Trésor, l’événement marquant de la semaine demeure l’absence totale de levée lors de la dernière adjudication. Le Trésor a ainsi rejeté l’ensemble des offres reçues, alors que les investisseurs avaient soumis près de 4,88 Mds de DH sur des maturités de 13 semaines, 52 semaines et deux ans.

Cette décision s’explique notamment par l’amélioration de la position de trésorerie de l’État. Les placements du Trésor sur le marché monétaire ont fortement progressé, avec un encours quotidien maximal atteignant 19,3 Mds de DH, contre seulement 4,5 Mds de DH la semaine précédente. Cette hausse serait alimentée par les acomptes de l’impôt sur les sociétés versés à la fin du mois de septembre. 

Dans ce contexte, l’État semble disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour faire face aux importantes échéances d’octobre sans avoir à accepter des conditions de financement jugées peu favorables. 

Hausse des rendements sur le secondaire

Le marché secondaire a, pour sa part, enregistré une orientation haussière des taux. Les progressions les plus significatives ont concerné les maturités courtes et intermédiaires, notamment le 26 semaines (+8,63 points de base) et le 52 semaines (+5,65 points de base). Les rendements des obligations à cinq ans et à dix ans ont également progressé respectivement de 1,17 et 0,92 point de base. 

Cette évolution reflète une prudence persistante des investisseurs face aux besoins futurs de financement de l’État et aux perspectives de liquidité du système bancaire. Les analystes estiment d’ailleurs que les tensions pourraient se maintenir sur le segment court de la courbe des taux au cours des prochaines semaines, tandis que les maturités moyennes et longues devraient évoluer dans un environnement relativement stable. 

Un marché de la dette privée toujours actif

Sur le compartiment de la dette privée, plusieurs opérations ont été enregistrées. Attijariwafa Bank a procédé à une émission de certificats de dépôt d’une maturité de 52 semaines à un taux facial de 2,59%. De son côté, Wafasalaf a émis des bons de société de financement sur deux ans à 2,89%. Enfin, Travaux Généraux de Construction de Casablanca a réalisé une émission obligataire sur cinq ans assortie d’un taux de 3,69%.

Des perspectives contrastées

Pour la prochaine période, Bank Al-Maghrib devrait réduire davantage le volume de ses avances à sept jours, lequel passerait à 52,6 Mds de DH contre 59,7 Mds de DH précédemment. Cette orientation confirme la volonté de la banque centrale d’ajuster progressivement son soutien au marché monétaire tout en maintenant la stabilité des taux directeurs.

Dans ces conditions, le marché obligataire marocain devrait rester partagé entre une trésorerie publique renforcée, favorable à une gestion sélective des émissions du Trésor, et un environnement de liquidité bancaire toujours sous pression, susceptible d’entretenir les tensions sur les échéances les plus courtes. 

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