MASI : après l’euphorie estivale, la correction !

Après le sursaut enregistré en août, la Bourse de Casablanca a replongé en septembre 2026. Le marché a subi un mouvement de correction généralisé, affecté par la remontée des incertitudes internationales, le durcissement des conditions financières mondiales et une nouvelle poussée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
L’indice MASI a reculé de 4,93 % sur le mois de septembre pour clôturer à 17.733 points, portant sa contre-performance depuis le début de l’année à 5,91 %. Le MASI 20 a enregistré une baisse plus marquée encore, avec un recul de 13,57 % depuis janvier. La capitalisation boursière s’est établie à 1 043,7 milliards de dirhams, en baisse de 4,7 % par rapport au mois précédent.
Cette correction s’est accélérée à partir de la mi-septembre. Entre le 9 et le 18 septembre, le marché a perdu près de 6,6 %, illustrant le regain d’aversion au risque des investisseurs. Trois facteurs principaux expliquent ce mouvement : la remontée des rendements obligataires, les incertitudes géopolitiques et énergétiques ainsi qu’un important mouvement de prises de bénéfices après plusieurs années de hausse quasi ininterrompue de la cote. Des fondamentaux d’entreprises toujours solides
Malgré la baisse des cours, les résultats semestriels des sociétés cotées restent bien orientés. Le résultat net part du groupe agrégé de la cote a atteint 29,6 milliards de dirhams à fin juin, en progression de 12,9 % sur un an. Corrigée de l’impact exceptionnel enregistré par Maroc Telecom, cette croissance s’élève à 18,9 %, confirmant la robustesse des bénéfices dans la majorité des secteurs.
Même hors valeurs minières, les bénéfices affichent une progression de 4,3 %, témoignant d’une résilience appréciable des fondamentaux des entreprises cotées malgré un environnement économique plus complexe.
Les investisseurs en quête d’un nouveau catalyseur
La correction actuelle traduit davantage un ajustement des valorisations qu’une remise en cause des perspectives bénéficiaires. Le marché reste confronté à plusieurs facteurs d’incertitude, notamment la hausse des taux internationaux, le risque énergétique lié à la flambée du pétrole et les tensions géopolitiques persistantes.
Dans ce contexte, le retour de la confiance des investisseurs dépendra principalement de trois éléments : une détente des taux longs, une amélioration du contexte géopolitique international et la confirmation des anticipations de résultats des entreprises marocaines.
Une valorisation devenue plus attractive
La baisse du marché a entraîné un repli du PER moyen à 19 fois les bénéfices attendus en 2026, contre 20,1 fois un an auparavant. Dans le même temps, le rendement moyen du dividende est remonté à 2,9 %, renforçant l’attrait relatif des actions marocaines pour les investisseurs de long terme.
La correction de septembre apparaît davantage comme une phase de consolidation que comme un retournement structurel du marché. Les résultats des sociétés restent globalement solides, la croissance économique demeure positive et plusieurs projets structurants liés notamment à la Coupe du monde 2030 continuent de soutenir les perspectives à moyen terme. Toutefois, la Bourse de Casablanca reste très sensible à l’évolution des taux d’intérêt et à l’environnement géopolitique mondial. Dans l’immédiat, l’absence de catalyseur fort pourrait maintenir le marché dans une phase d’attentisme, malgré des valorisations redevenues plus attractives.
