Aéronautique : le Maroc vise les 5 milliards de dollars d’exportations

L’industrie aéronautique marocaine connaît une transformation stratégique majeure et s’apprête à franchir un nouveau cap économique. Porté par la présence de 160 entreprises et un bassin de 25 000 emplois, le secteur ambitionne de faire passer ses exportations annuelles de 3 à 5 milliards de dollars d’ici trois ans.
Les exportations annuelles de l’industrie aéronautique marocaine pourraient atteindre environ 5 milliards de dollars d’ici à trois ans, contre 3 milliards de dollars l’an dernier, alors que le pays attire de nouveaux fournisseurs fabriquant des pièces à forte valeur ajoutée, a déclaré le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS).
Le secteur aéronautique au Maroc emploie environ 25 000 personnes au sein de quelque 160 entreprises, parmi lesquelles des fournisseurs d’Airbus, de Boeing et de Safran.
Le secteur entend accroître la valeur ajoutée locale en allant au-delà de la production de composants individuels pour fabriquer des systèmes aéronautiques plus complexes, a déclaré à Reuters le président de GIMAS, Mohammed Bellatig, en marge du Salon aéronautique de Marrakech.
Il a indiqué que, dans un avenir proche, le Maroc assemblerait des moteurs et des trains d’atterrissage « afin de générer une valeur ajoutée bien plus importante qu’aujourd’hui ».
Le groupe français de défense Safran étend actuellement sa présence dans le pays en construisant des usines destinées à produire des trains d’atterrissage d’avions et des moteurs d’avions Airbus.
Le Maroc cherche également à prendre pied dans l’industrie des drones, que les responsables considèrent comme un prolongement naturel des capacités déjà développées dans la construction aéronautique.
Bellatig a déclaré que la production de drones pourrait s’appuyer sur l’expertise en matière de matériaux, d’assemblage et d’ingénierie déjà présente dans le secteur aéronautique du pays.
Cette ambition a reçu un soutien supplémentaire lors du Salon aéronautique de Marrakech, qui s’est tenu du 7 au 10 octobre, lorsque le Maroc a signé un protocole d’accord avec la start-up française de défense Harmattan AI pour fabriquer des drones autonomes marocains conçus pour des missions de frappes en profondeur à des distances pouvant atteindre 2 000 km, avec des technologies clés qui seront développées et produites localement.
Ces dernières années, le Maroc at accordé des licences à une série de projets de drones locaux et soutenus par des capitaux étrangers, avec la participation d’entreprises comme la turque Baykar, productrice du Bayraktar TB2.
