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Economie

Dirham marocain : le diagnostic d’un mois de septembre sous haute tension

Dirham

Les données consolidées par Bank Al-Maghrib (BAM) et les analyses de marché par BKGR mettent en lumière une configuration technique inédite du marché des changes marocain au terme du mois de septembre 2026. L’analyse repose sur la décomposition des mouvements de parité du Dirham selon deux variables fondamentales : l’effet panier, qui capture les fluctuations des devises mondiales sur les marchés internationaux, et l’effet marché, qui traduit l’état de l’offre et de la demande de devises au niveau interbancaire marocain.

Ce diagnostic intervient dans un contexte mondial polarisé par la résilience macroéconomique américaine et les doutes persistants entourant la trajectoire budgétaire de la zone euro.

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Une Dépréciation Globale et Marquée du Dirham

« Au cours du mois de septembre 2026, la monnaie nationale a subi une pression baissière généralisée », rappelle BKGR dans son analyse mensuelle du mois de septembre. Le Dirham s’est fortement déprécié face à l’ensemble du panier de référence, une dynamique visible à travers la hausse simultanée de toutes les parités majeures :

  • USD/MAD : La paire s’est envolée de +4,10% au cours du mois, s’établissant à un cours de 9,6823 au 30 septembre. Depuis le début de l’année (variation Year-To-Date), le Dirham abandonne 6,07% face au Dollar.
  • EUR/MAD : En dépit des faiblesses structurelles de l’Euro, la parité progresse de +1,78% sur le mois, clôturant à 10,9981, portant sa hausse annuelle à +2,67%.
  • GBP/MAD & CAD/MAD : Les hausses mensuelles s’élèvent respectivement à +2,28% (à 12,8882) et +1,68% (à 6,8263).

Cette dépréciation synchrone démontre que les facteurs domestiques ont pesé plus lourd que l’alignement mécanique sur les marchés mondiaux.

Analyse des Moteurs de la Baisse du Dirham

Le principal enseignement de cette note réside dans la puissance de l’effet marché, calculé de manière uniforme à +2,5998% (arrondi à +2,60%). Cet indicateur prouve que le marché des changes intérieur a manqué de liquidités en devises, provoquant un élargissement des spreads et poussant le Dirham à la baisse de manière endogène. Les flux commerciaux, le débouclage de positions de couverture ou la réduction des avoirs extérieurs nets des banques locales ont exacerbé le besoin de Dollar et d’Euro, agissant comme le principal moteur de la dépréciation du Dirham.

L’effet Panier : une Double Pression Internationale

À l’échelle internationale, le contexte a exercé un effet de ciseau asymétrique mais pénalisant pour la monnaie marocaine :

  • Face au Dollar américain: L’effet panier a été positif à +1,50%, matérialisant la vigueur intrinsèque du Billet Vert. Le repli mondial de l’EUR/USD a mécaniquement renchéri l’USD/MAD.
  • Face à l’Euro: L’effet panier s’est affiché en territoire négatif à -0,82%. À l’international, l’Euro a subi une correction à cause du regain d’inquiétudes sur les finances publiques françaises. Normalement, cette baisse de l’Euro aurait dû apprécier le Dirham. Cependant, l’effet marché national (+2,60%) a été si vigoureux qu’il a largement effacé et compensé ce gain théorique, entraînant l’EUR/MAD à la hausse.

Quelles implications Macroéconomiques pour le Maroc ?

Cette configuration engendre deux risques immédiats pour l’économie nationale. D’une part, la forte dépréciation face au Dollar américain (+4,10% en un mois) accentue mécaniquement le risque d’inflation importée, notamment sur les produits énergétiques et les matières premières libellés en dollars. D’autre part, la dépréciation faciale face à l’Euro, bien que plus modérée, renchérit le coût des biens d’équipement en provenance de la zone euro, principal partenaire commercial du Royaume.

L’évolution future de la monnaie dépendra de la capacité du marché domestique à résorber son déficit de liquidité en devises. Bank Al-Maghrib maintient une surveillance rigoureuse des indicateurs de volatilité. Si la pression de l’effet marché persiste au-delà des fluctuations saisonnières, la banque centrale pourrait être amenée à ajuster ses interventions pour stabiliser le cours du Dirham à l’intérieur de sa bande de fluctuation.

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