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Marché obligataire : le Trésor revient en force

LIQUIDITÉ marché déficit de liquidité bancaire du DH trésor
Le marché obligataire marocain a connu une semaine marquée par une forte mobilisation du Trésor sur le marché primaire et une poursuite de la tension sur les rendements. Dans un contexte de déficit de liquidité bancaire toujours élevé, les investisseurs semblent exiger des rémunérations plus importantes, notamment sur les maturités intermédiaires et longues.
Selon la dernière note hebdomadaire de BMCE Capital Global Research, le déficit moyen de liquidité bancaire est resté quasiment stable à 155,7 Mds de DH, en légère hausse de 0,21 % sur une semaine. Face à cette situation, Bank Al-Maghrib a réduit ses injections à travers les avances à 7 jours, qui s’établissent désormais à 52,6 Mds de DH, contre près de 60 Mds de DH deux semaines auparavant.
 
Le taux moyen pondéré interbancaire (TMP) est demeuré inchangé à 2,25 %, tandis que le taux MONIA a progressé à 2,20 %, signalant une légère pression sur le marché monétaire.

Une levée de 6,9 Mds de DH dominée par le 5 ans

Sur le marché primaire, le Trésor a levé 6,9 Mds de DH lors de la dernière adjudication, soit 55 % des 12,5 Mds de DH proposés. L’essentiel des montants retenus a porté sur la maturité 5 ans, avec 5,05 Mds de DH, confirmant l’intérêt du Trésor pour le financement à moyen terme.

Les émissions ont également concerné les lignes à 26 semaines et 52 semaines. En contrepartie, les taux limites ont continué leur progression :

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  • 2,2800 % sur le 26 semaines (+13 points de base) ;
  • 2,6311 % sur le 52 semaines (+14,4 points de base) ;
  • 3,2296 % sur le 5 ans (+9,7 points de base).

Cette hausse simultanée sur plusieurs segments de la courbe traduit la prudence des investisseurs face à l’abondance des besoins de financement et aux perspectives de taux.

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Le marché secondaire accentue le mouvement haussier

La tension est encore plus visible sur le marché secondaire. Les rendements ont progressé sur quasiment toutes les maturités, avec des hausses particulièrement marquées sur :

  • le 10 ans : +14,96 points de base ;
  • le 15 ans : +10,05 points de base ;
  • le 20 ans : +9,34 points de base ;
  • le 5 ans : +7,97 points de base. 

La seule exception concerne le bon à 26 semaines, dont le taux a légèrement reculé de 1,36 point de base. 

Au terme de la semaine, les rendements ressortent à 3,60 % pour le 10 ans, 3,95 % pour le 15 ans et 4,08 % pour le 20 ans, confirmant la poursuite du redressement de la courbe des taux.

Du côté du marché de la dette privée, les émissions sont restées limitées. CFG Bank a procédé à une émission de certificats de dépôt d’une maturité de 52 semaines au taux de 2,65 %. Deux émissions obligataires de la société Travaux Généraux de Construction de Casablanca ont par ailleurs été réalisées sur cinq ans à des taux faciaux de 3,69 % et 3,25 %.

Des perspectives encore prudentes

Pour les prochaines semaines, BMCE Capital Global Research anticipe une légère réduction des injections de liquidité de Bank Al-Maghrib, avec des avances à 7 jours ramenées à 51,8 Mds de DH. Dans le même temps, les importantes tombées prévues en octobre devraient continuer d’influencer l’équilibre du marché obligataire. 

La remontée simultanée des taux sur le primaire et le secondaire traduit un marché plus exigeant à l’égard du risque souverain et des besoins de financement publics. Si la stabilité de la politique monétaire limite pour l’instant les tensions, l’augmentation du volume des adjudications et la concentration des levées sur le moyen terme pourraient maintenir une pression haussière sur les rendements d’ici la fin du mois.

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