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Développement Durable

COP17 : l’injustice financière au cœur des débats

Arménie

Alors que la COP17 sur la biodiversité vient d’ouvrir ses portes ce lundi 19 octobre 2026 dans la capitale arménienne, la question des financements directs alloués aux peuples autochtones et communautés locales (PACL) s’impose déjà comme le principal point de friction des négociations. Gardiens historiques de la nature, ces groupes dénoncent des promesses non tenues et réclament un accès sans intermédiaire aux fonds internationaux.

Les gardiens de la Terre laissés pour compte

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Les chiffres de la communauté scientifique sont sans appel : les territoires gérés par les peuples autochtones abritent environ 80 % de la biodiversité mondiale restante. Pourtant, ces communautés reçoivent moins de 1 % de l’aide internationale dédiée à la protection de l’environnement et à la lutte contre le changement climatique.

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« Nous protégeons la forêt au péril de nos vies, mais l’argent reste bloqué dans les capitales ou dans les rouages des grandes ONG internationales », déplore une déléguée de l’Alliance globale des peuples autochtones, présente à Erevan.

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Le mécanisme de Kunming-Montréal mis à l’épreuve

Cette COP17 constitue le premier bilan d’étape du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022. Cet accord historique prévoyait de mobiliser 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour la nature.

À Erevan, les débats s’annoncent houleux autour de l’efficacité du Fonds pour le cadre mondial de la biodiversité (GBFF). Les communautés locales exigent une simplification drastique des procédures d’accréditation. Actuellement, les critères administratifs imposés par les banques multilatérales de développement excluent de fait les organisations locales, qui ne disposent pas des structures juridiques ou comptables requises.

Vers une « décolonisation » de la finance verte ?

La coalition des pays en développement, soutenue par de nombreuses organisations de la société civile, pousse pour la création d’un mécanisme financier direct. L’objectif est de contourner les intermédiaires étatiques et les agences multilatérales pour reverser les fonds directement aux structures communautaires sur le terrain.

Les pays du Nord, principaux donateurs, freinent quant à eux des quatre fers. Ils évoquent des impératifs de « transparence » et de « traçabilité » des fonds publics pour justifier le maintien des circuits financiers actuels.

Les négociateurs ont jusqu’au 30 octobre 2026 pour sortir de cette impasse. Si aucun compromis n’est trouvé sur le financement des communautés locales, le cœur même de l’accord de Kunming-Montréal — protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030 — pourrait devenir irréalisable, faute d’acteurs pour le mettre en œuvre sur le terrain.

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