Flash
Omar Hilale : “le Maroc, trait d’union entre l’ONU et l’UA pour une paix portée par les Africains” Intelcia décroche trois prix majeurs en Espagne Le soja recule sous la pression des récoltes américaines, le blé progresse face aux risques en mer Noire Automobile : le secteur marocain face au mur européen des 70 % OMPIC : plus de 66.277 entreprises créées en huit mois École publique : des milliards au tableau, des élèves au fond de la classe ANGSPE : 12 mesures clés pour accélérer la réforme des entreprises publiques au Maroc 🎥Station de dessalement de Safi : visite dans les coulisses de la fabrique d’eau F. El Mansouri : le gouvernement adoptera des mesures concrètes appuyées par des chiffres et un financement réel pour mettre en œuvre son programme Gouvernement de FZ El Mansouri : jusqu’à 5.000 DH d’aide au mariage prévus dans le programme 2026-2031
Développement Durable

🎥Station de dessalement de Safi : visite dans les coulisses de la fabrique d’eau

Station de dessalement d'au de SAFI OCP Green Water

Dans un contexte de stress hydrique croissant, la plateforme de dessalement de Safi s’impose comme l’un des projets les plus stratĂ©giques du pays. Après avoir assurĂ© depuis 2024 l’alimentation du complexe industriel de Safi et contribuĂ© Ă  l’approvisionnement en eau potable de la ville, elle se prĂ©pare Ă  franchir une nouvelle Ă©tape avec le renforcement de ses capacitĂ©s pour alimenter le Grand Marrakech Ă  hauteur de 80 millions de mètres cubes par an. Visite guidĂ©e dans Wave 1 et Wave 2.

Le vent venu de l’Atlantique balaie les installations. Au loin, l’océan semble infini.  À première vue, rien ne distingue vraiment la plateforme de dessalement de Safi d’un grand site industriel. Des conduites métalliques courent sur plusieurs centaines de mètres, des pompes ronronnent sans relâche et des opérateurs surveillent des écrans couverts de chiffres. Pourtant, derrière cette mécanique bien huilée, une transformation presque invisible s’opère : celle de l’eau de mer en eau potable.

Publicité

Chaque jour, des milliers de mètres cubes d’eau entament ici un parcours minutieux.

Publicité

Le voyage commence au large, là où une prise d’eau capte l’eau de l’Atlantique avant de l’acheminer vers la station. Un nouvel ouvrage de captage doit prochainement entrer en service pour accompagner la montée en puissance du site et soutenir l’approvisionnement futur du Grand Marrakech. 

Lorsque l’eau arrive sur la plateforme, elle est encore chargĂ©e de sel, de sable, de matières en suspension et de tous les Ă©lĂ©ments transportĂ©s par l’ocĂ©an. Avant mĂŞme le dessalement, elle traverse une sĂ©rie d’Ă©tapes de prĂ©traitement. FiltrĂ©e, nettoyĂ©e et dĂ©barrassĂ©e progressivement des impuretĂ©s, elle est prĂ©parĂ©e pour l’opĂ©ration la plus dĂ©licate du processus.

Dans de vastes halls industriels alignĂ©s comme des cathĂ©drales techniques, commence alors le travail de l’osmose inverse.

Des pompes propulsent l’eau sous une pression considĂ©rable Ă  travers des membranes de haute technologie. Ă€ l’Ĺ“il nu, rien ne se passe. Ă€ l’Ă©chelle microscopique, pourtant, c’est lĂ  que tout se joue. Les membranes retiennent le sel et les particules dissoutes tandis que l’eau pure poursuit son chemin.

Quelques heures plus tĂ´t, cette eau appartenait encore Ă  l’ocĂ©an. Ă€ la sortie des installations, elle rĂ©pond dĂ©jĂ  aux exigences nĂ©cessaires pour ĂŞtre distribuĂ©e ou utilisĂ©e dans les procĂ©dĂ©s industriels.

Dans les salles de contrĂ´le, les opĂ©rateurs suivent chaque Ă©tape en temps rĂ©el. DĂ©bit, qualitĂ©, pression, consommation Ă©nergĂ©tique : aucun paramètre n’est laissĂ© au hasard. Derrière les Ă©quipements, une armĂ©e discrète d’ingĂ©nieurs, de techniciens et d’agents de maintenance veille au fonctionnement continu du site.

Ă€ Safi, le dessalement ne se rĂ©sume d’ailleurs pas Ă  la seule production d’eau potable.

La plateforme illustre le modèle dĂ©veloppĂ© par OCP Green Water : l’eau dessalĂ©e sert aux besoins urbains tandis que les eaux usĂ©es sont rĂ©cupĂ©rĂ©es, traitĂ©es puis rĂ©utilisĂ©es pour les activitĂ©s industrielles. Dans un pays soumis Ă  une pression croissante sur ses ressources hydriques, chaque mètre cube est valorisĂ©. 

Depuis janvier 2024, les installations alimentent le site industriel d’OCP Ă  Safi. Depuis fĂ©vrier 2024, elles contribuent Ă©galement Ă  l’approvisionnement en eau potable de la ville. Aujourd’hui, la plateforme produit près de 30 millions de mètres cubes par an. 

Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Dans les bureaux de OCP Green Water, les regards sont dĂ©jĂ  tournĂ©s vers l’Ă©tape suivante : Marrakech.

Ă€ terme, 90 millions de mètres cubes d’eau potable par an produits Ă  Safi seront destinĂ©s au Grand Marrakech. Une partie de l’eau consommĂ©e demain dans les foyers de la mĂ©tropole parcourra ainsi des centaines de kilomètres après avoir Ă©tĂ© prĂ©levĂ©e dans l’Atlantique. 

L’entreprise, créée en 2022, voit plus loin encore. Après la phase d’urgence engagĂ©e entre 2022 et 2024, elle dĂ©ploie dĂ©sormais un vaste programme d’expansion visant une capacitĂ© globale de 320 millions de mètres cubes d’eau dessalĂ©e par an en 2026, puis 560 millions de mètres cubes Ă  l’horizon 2027, grâce Ă  des installations alimentĂ©es par des Ă©nergies vertes issues de la cogĂ©nĂ©ration et des sources renouvelables. 

Le dĂ©fi ne concerne pas seulement l’eau.

Un autre combat se joue dans les laboratoires et les centres de recherche : celui de la saumure, ce concentrĂ© de sel issu du dessalement. Les Ă©quipes travaillent sur des solutions permettant de valoriser les minĂ©raux qu’elle contient plutĂ´t que de la considĂ©rer comme un simple rejet. Fertilisants, alimentation animale, nouvelles applications industrielles : plusieurs pistes sont Ă  l’Ă©tude. 

Ă€ quelques kilomètres de lĂ , les habitants de Safi ne voient ni les membranes d’osmose inverse ni les salles de contrĂ´le. Ils ouvrent simplement leur robinet.

C’est peut-ĂŞtre lĂ  que se mesure la vĂ©ritable prouesse de cette infrastructure : rendre ordinaire une opĂ©ration qui ne l’est pas. Transformer l’eau de mer en eau douce, l’intĂ©grer dans un modèle circulaire oĂą les eaux usĂ©es sont rĂ©utilisĂ©es, puis l’acheminer vers des villes et des activitĂ©s Ă©conomiques qui en ont besoin.

Dans un Maroc confrontĂ© Ă  la rarĂ©faction de la ressource, cette eau venue de l’ocĂ©an n’est plus seulement une innovation technologique. Elle devient progressivement une garantie de continuitĂ©, pour les villes, pour l’industrie et pour les gĂ©nĂ©rations Ă  venir.

Publicité

Laisser un commentaire

Publicité
Publicité
error: Content is protected !!