ANGSPE : 12 mesures clés pour accélérer la réforme des entreprises publiques au Maroc

L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics (ANGSPE) a annoncé la publication de la deuxième édition du Rapport sur l’État actionnaire, au titre de l’exercice 2024-2025.
Ce document dresse le bilan des réformes engagées, présente l’évolution du portefeuille public et met en lumière les mesures déployées pour renforcer la gouvernance, améliorer la performance des entreprises publiques et accompagner les priorités stratégiques du Maroc.
Élaboré conformément à l’article 5 de la loi n° 82-20 portant création de l’Agence, le rapport est soumis à Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, puis rendu public conformément aux dispositions légales en vigueur.
De la mise en place des fondements à la concrétisation de la réforme
Après une première phase consacrée, entre 2022 et 2024, à la mise en place des fondements institutionnels, réglementaires et méthodologiques de l’État actionnaire, l’exercice 2024-2025 marque une nouvelle étape. L’objectif est désormais de traduire la Politique Actionnariale de l’État en actions concrètes, en renforçant progressivement son intégration dans les pratiques de gouvernance, de pilotage et de transformation des établissements et entreprises publics (EEP).
Cette dynamique repose notamment sur la professionnalisation de la gouvernance, la consolidation des comptes de l’État actionnaire, le déploiement d’un dispositif structuré de suivi de la performance et la modernisation des structures publiques. Elle comprend également des restructurations sectorielles et financières, ainsi que la transformation de certains établissements en sociétés anonymes, afin d’améliorer leur efficacité et de renforcer leur contribution aux priorités nationales, tout en préservant les enjeux de souveraineté de l’État.
Le rapport met également en avant l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), la digitalisation des pratiques, le renforcement du capital humain et le développement de la coopération institutionnelle.
Des avancées concrètes en matière de gouvernance et de performance
Les indicateurs présentés dans cette deuxième édition illustrent les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de la réforme.
Sur le plan réglementaire, une loi et six décrets relatifs à la réforme du secteur des établissements et entreprises publics ont été adoptés et publiés. Deux lois portant transformation d’établissements en sociétés anonymes ont également été publiées au Bulletin officiel, tandis qu’un troisième projet de loi a été approuvé par le Conseil du gouvernement.
La professionnalisation de la gouvernance s’est traduite par la nomination de 33 administrateurs indépendants au sein de 24 entreprises publiques. Entre 2023 et 2026, 46 nouveaux comités spécialisés ont été créés et les missions de 21 autres comités ont été élargies. L’ANGSPE a par ailleurs adopté deux chartes consacrées respectivement à la gouvernance et aux critères ESG.
En matière de financement, des schémas alternatifs ont été structurés en 2025 pour répondre à des besoins d’investissement estimés à 148,5 milliards de dirhams. Entre 2023 et 2025, les pouvoirs publics ont également signé un contrat-programme, sept protocoles d’accord et une convention tripartite entre l’État, l’ONEE et MASEN portant sur le développement des énergies renouvelables.
Le dispositif de pilotage de la performance des EEP a, quant à lui, été déployé afin de renforcer le suivi des résultats et le dialogue entre l’État actionnaire et les organismes concernés.
Transparence financière et modernisation du portefeuille public
Le renforcement de la transparence constitue un autre axe majeur de la réforme. Le rapport fait état de la consolidation des premiers comptes de l’État actionnaire selon les normes internationales d’information financière (IFRS), au titre des exercices 2022, 2023 et 2024.
Par ailleurs, 54 demandes d’avis portant sur des opérations relatives au portefeuille et au capital ont été instruites au titre de l’année 2025. Ces démarches s’inscrivent dans une volonté de mieux encadrer les décisions stratégiques et de renforcer la visibilité sur les participations publiques.
Le document présente également un inventaire actualisé des participations de l’État, l’évolution de la situation financière des établissements et entreprises publics, ainsi que les principales avancées réalisées dans le cadre de la Politique Actionnariale de l’État.
Un levier au service des priorités nationales
Au-delà du bilan des réformes, cette deuxième édition souligne le rôle du portefeuille public dans l’accompagnement des grands projets économiques, sociaux et territoriaux du Royaume. L’amélioration de la gouvernance et de la performance des EEP vise notamment à renforcer leur capacité d’investissement, à optimiser l’utilisation des ressources publiques et à soutenir la dynamique de développement du Maroc.
La prise en compte des enjeux de durabilité, la transformation numérique et le développement des compétences figurent également parmi les leviers destinés à inscrire cette évolution dans la durée.
À travers la publication régulière du Rapport sur l’État actionnaire, l’ANGSPE entend ainsi renforcer la transparence sur la gestion des participations publiques et rendre compte des transformations engagées. Cette deuxième édition marque une étape supplémentaire dans le passage d’une logique de structuration institutionnelle à une approche davantage orientée vers les résultats, la performance et la création de valeur au bénéfice de l’économie nationale.
Le Rapport sur l’État actionnaire 2024-2025 est disponible sur le portail institutionnel de l’ANGSPE, dans la rubrique « Publications ».


