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Finances

Conjoncture : des fondamentaux solides sous pression

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L’économie marocaine continue d’afficher des fondamentaux solides, portés par des réserves de change confortables, une bonne tenue du crédit bancaire et une amélioration sensible des finances publiques. Mais derrière ces indicateurs favorables, le creusement du déficit commercial rappelle que l’environnement international reste un défi majeur pour le Royaume.

Les avoirs officiels de réserve ont atteint 514,6 Mds de DH au 23 octobre, en hausse de 19,9 % sur un an. Ce niveau représente l’équivalent de près de six mois d’importations de biens et services, offrant au pays un matelas de sécurité appréciable face aux turbulences extérieures. Dans le même temps, le dirham s’est légèrement apprécié face à l’euro, mais a cédé du terrain vis-à-vis du dollar. 

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Sur le front monétaire, Bank Al-Maghrib a maintenu un soutien important à la liquidité bancaire. Ses interventions ont atteint près de 147 Mds de DH en moyenne quotidienne, tandis que le taux interbancaire est resté stable à 2,25 %. 

L’inflation, quant à elle, demeure contenue. En septembre, elle s’est établie à 0,5 % en glissement annuel, après un léger recul observé le mois précédent. Cette évolution s’explique principalement par la hausse des prix de certains produits alimentaires, notamment les volailles, les légumes frais et les œufs. 

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L’un des signaux les plus encourageants provient du financement de l’économie. La masse monétaire M3 a progressé de 12,2 % sur un an, tandis que le crédit bancaire destiné au secteur non financier a augmenté de 11,2 %. Les prêts à l’équipement se distinguent particulièrement avec une envolée de 32,4 %, témoignant de la poursuite des projets d’investissement des entreprises.

Les marchés financiers restent en revanche plus prudents. Au cours de la semaine, le MASI a reculé de 0,5 %, portant sa baisse depuis le début de l’année à plus de 10 %. Les secteurs des matériaux de construction, des mines et du transport ont pesé sur la tendance, même si les valeurs bancaires et les assurances ont affiché une évolution positive. [IH semaine…tobre 2026 | PDF]

Du côté des finances publiques, les résultats sont plus rassurants. À fin septembre, le déficit budgétaire s’est réduit à 33,1 Mds de DH, contre 52,4 Mds de DH un an auparavant. Cette amélioration s’appuie sur une progression soutenue des recettes fiscales et non fiscales, supérieure à celle des dépenses publiques. 

C’est toutefois le commerce extérieur qui concentre les principales inquiétudes. À fin septembre, le déficit commercial s’est aggravé de 25,4 % pour atteindre 323,9 Mds de DH. La hausse des importations, notamment énergétiques et des biens d’équipement, a largement dépassé celle des exportations. Le taux de couverture est ainsi tombé à 54,2 %.

Certaines filières continuent néanmoins de jouer leur rôle de locomotive. Les exportations du secteur automobile ont progressé de 14,3 % à 132,1 Mds de DH, tandis que les recettes voyages ont atteint 115,3 Mds de DH et que les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont dépassé 103 Mds de DH. Les flux nets d’investissements directs étrangers ont également bondi de 58,4 %.

Les indicateurs de la semaine dessinent une économie qui conserve de solides capacités de résistance. La vigueur des réserves de change, du crédit et des recettes publiques constitue un facteur de confiance. Reste que la dépendance énergétique et la progression rapide des importations continuent d’alimenter les déséquilibres extérieurs, principal point de vigilance pour les prochains mois.

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