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🎥 Afrique : « Il est important de limiter les flux financiers illicites qui assèchent les ressources financières du continent »

Afrique

Interviewée Par Soubha Es-Siari I

Le système financier multilatĂ©ral n’est plus adaptĂ© aux besoins du continent. Le PIB Ă©tant le principal facteur dĂ©terminant des quotes-parts et des droits de vote au FMI, le système prĂ©serve un dĂ©sĂ©quilibre en matière de pouvoir et de dĂ©veloppement.

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L’Ibrahim Governance Weekend (IGW) qui se tient Ă  Marrakech du 1er au 3 juin, sous le Haut Patronage de Sa MajestĂ© le Roi Mohammed VI se veut une conversation africaine avec des acteurs africains afin de discuter des dĂ©fis du continent de façon libre et informelle. « Chaque annĂ©e l’IGW se penche sur une thĂ©matique d’actualitĂ©. Nous avons traitĂ© des thèmes liĂ©s Ă  l’agriculture, l’émigration, le jeunesse africaine… Le thème d’aujourd’hui est « Financer cette Afrique que nous voulons » »., tient Ă  rappeler Nathalie Delapalme, directrice exĂ©cutive de la Fondation Mo Ibrahim en marge dudit Forum.

L’évènement a deux caractéristiques principales : le première est que la discussion est purement africaine. La deuxième est qu’elle est extrêmement libre.

« Si l’on regarde les chiffres, cela fait un moment que l’aide publique au dĂ©veloppement (APD) affectĂ©e Ă  l’Afrique baisse. La part de l’Afrique dans l’APD a diminuĂ© de 11 Points de pourcentage entre 2013 et 2023 (de 37,6% Ă  26,7%). Certains secteurs sont plus affectĂ©s que d’autres pour ne citer que la santé », annonce N. Delapalme.

Il faut savoir qu’il y a dans le continent un potentiel domestique considĂ©rable Ă  exploiter qu’il s’agisse de fonds souverains, des fonds de pension, des recettes fiscales qui restent faibles (le rapport recettes fiscales /PIB oscille autour de 15%). En dehors de la mobilisation des ressources domestiques, il y a l’importance de limiter les flux financiers illicites qui assèchent les ressources financières du continent soit en moyenne annuelle 90 milliards de dollars par an,  à peu près l’équivalent de l’aide publique au dĂ©veloppement reçue. Ils sont principalement liĂ©s Ă  des procĂ©dures de facturation dans le commerce des matières premières extractives, dont la moitiĂ© concerne l’or.

Le système financier multilatĂ©ral n’est plus adaptĂ© aux besoins du continent. Le PIB Ă©tant le principal facteur dĂ©terminant des quotes-parts et des droits de vote au FMI, le système prĂ©serve un dĂ©sĂ©quilibre en matière de pouvoir et de dĂ©veloppement.

A un mois du Sommet mondial du développement qui se tient à Sévilles, le continent africain ne va pas arriver pour demander une  éventuelle hausse des ressources financières mais pour dire que nous avons nos propres ressources et de exiger une révision des processus et des mécanismes de mobilisation des ressources.


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