🎥 C. Benmoussa dĂ©taille les rĂ©sultats du Recensement GĂ©nĂ©ral de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2024

Ecrit par L.B. I
NommĂ© par SM le Roi le 18 octobre Ă la tĂŞte du Haut-commissariat au Plan (HCP), Chakib Benmoussa vient de faire sa première sortie mĂ©diatique lors d’une confĂ©rence pour la prĂ©sentation des rĂ©sultats dĂ©taillĂ©s du Recensement GĂ©nĂ©ral de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2024.
Benmoussa a rappelé le contexte de ce recensement de la population qui s’inscrit dans le cadre des recommandations des Nations Unies qui appellent à la réalisation d’un recensement tous les 10 ans.
Le Maroc vient d’effectuer son 7ème recensement général de la Population et de l’Habitat qui constitue une base de données d’indicateurs démographiques et socioéconomiques couvrant tous les niveaux territoriaux. Il permet une prise de décision éclairée pour le développement du pays. Cette opération s’inscrit dans un contexte national marqué par l’adoption d’un modèle d’État social et d’une économie inclusive impactée par les répercussions de crises multiples, notamment la pandémie de Covid-19, la sécheresse et l’inflation.
Le Haut-commissaire au Plan a précisé que le RGPH 2024 a bénéficié de nouveautés technologiques et méthodologiques visant à optimiser le coût budgétaire et à améliorer la qualité des données collectées. Il a énuméré l’approche de la cartographie moderne du territoire national et des établissements économiques, basée sur un Système d’Information Géographique mobile ; la méthodologie basée sur un double questionnaire (court et long) ; la formation en deux phases ainsi que la collecte informatisée des données.
« Le recensement de 2024 s’est distinguĂ© par l’adoption de la numĂ©risation et l’utilisation de moyens technologiques modernes Ă diffĂ©rents stades de sa rĂ©alisation. Une approche qui s’inscrit dans le cadre de la stratĂ©gie de transformation numĂ©rique dans laquelle le HCP s’est engagĂ© depuis 2019 », a affirmĂ© Benmoussa. Et d’ajouter « l’utilisation des technologies modernes a permis d’augmenter la qualitĂ© des donnĂ©es collectĂ©es, car les programmes d’information incluaient la vĂ©rification du rapprochement des donnĂ©es, ce qui a contribuĂ© de manière significative Ă rĂ©duire les dĂ©lais de traitement de l’information qui n’a durĂ© que quelques semaines après la fin de la phase de collecte des donnĂ©es mĂ©nages contre 6 mois lors du recensement 2014 ».
Parmi les points saillants du recensement, le ralentissement de la croissance démographique. En effet, il ressort des résultats qu’au 1er septembre 2024, la population légale du Royaume du Maroc s’élève à 36.828.330 habitants. Comparée au recensement de 2014, l’effectif de la population a augmenté de 2.980.088 personnes, reflétant un taux d’accroissement annuel moyen de 0,85% nettement inférieur au taux de 1,25% enregistré entre 2004 et 2014.
Cet accroissement démographique est porté principalement par la dynamique de la population urbaine, qui est passé de 20.432.439 habitants en 2014 à 23.110.108 en 2024, enregistrant un taux d’accroissement annuel moyen de 1,24%. Parallèlement, la population rurale a connu une progression modérée, augmentant de 13.415.803 personnes en 2014 à 13.718.222 en 2024, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 0,22%. Autre constat, la poursuite de la baisse de la fécondité qui s’explique principalement par la diminution continue de la fécondité. L’Indice Synthétique de la Fécondité (ISF), exprimé en nombre moyen d’enfants par femme, est passé de 2,5 en 2004 à 2,2 en 2014, pour atteindre 1,97 en 2024.
Ce niveau de fécondité est désormais inférieur au seuil de remplacement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme. La tendance à la baisse de la fécondité concerne à la fois les femmes urbaines et rurales. Le nombre moyen d’enfants par femme en milieu urbain est de 1,77 en 2024 contre 2,01 en 2014, tandis qu’en milieu rural, il est de 2,37 en 2024 contre 2,55 en 2014.
Une tendant qui s’est répercutée sur la pyramide des âges. En effet, le recensement a fait ressortir une baisse de la part des enfants de moins de 15 ans et une accélération du vieillissement. Résultats de ces changements démographiques, la pyramide des âges enregistre une tendance à l’inversion marquée, d’une part, par la baisse de la part des jeunes de moins de 15 ans de 28,2% en 2014 à 26,5% en 2024 et de la proportion de la population en âge d’activité (15 à 59 ans) de 62,4% en 2014 à 59,7% en 2024 et d’autre part, par l’augmentation de la proportion des personnes âgées de 60 ans et plus de 9,4% en 2014 à 13,8% en 2024.
Quid du capital humain ?
Il ressort du RGPH 2024 une progression continue de la scolarisation des enfants. Ainsi au cours de l’année scolaire 2023-2024, le taux de préscolarisation des enfants âgés de 4 à 5 ans s’est établi à 62,7% au niveau national, 66,8% en milieu urbain et 56,9% en milieu rural.  A l’échelle nationale, le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans est passé de 94,5% en 2014 à 95,8% en 2024. Cette progression est plus marquée en milieu rural et parmi les filles. Dans le milieu rural, ce taux est passé de 91,4% à 95,1% et parmi les filles de 93,9% à recensement général population5,9%. A noter à cet égard, l’augmentation notable de la scolarisation des filles rurales de 90% à 95,1% entre 2014 et 2024. En 2024, le taux de scolarisation des enfants âgés de 12 à 14 ans atteint 92,8% au niveau national contre 84,1% en 2014. Cette amélioration concerne les deux milieux de résidence, avec une hausse plus marquée en milieu rural, de 72,3% à 87,9%, qu’en milieu urbain, de 93,4% à 96,1% sur la même période.
Concernant l’analphabétisation, les femmes et les ruraux sont de plus en plus alphabétisés avec un taux d’analphabétisme de 24,8% en 2024, contre 32,2% dix ans plus tôt. Cette baisse a été plus marquée en milieu rural, de 47,5% à 38,0%, qu’en milieu urbain, de 22,6% à 17,3%, et parmi les femmes, de 42,1% à 32,4%, que parmi les hommes, de 22,2% à 17,2%. Le taux d’analphabétisme augmente avec l’âge, passant de 1,6% parmi les moins de 15 ans à 3,0% pour les 15-24 ans et atteint 51,0% parmi les 50 ans et plus. Par rapport à 2014, ces taux sont respectivement de 3,9%, 11% et 61,4%.

