Céréales et légumineuses : des rendements jusqu’à 33% en hausse dans les PFDs d’Al Moutmir

Avec plus de 1102 plateformes de démonstration en 2024-2025 au profit de plus de 275 agriculteurs, le programme de gestion intégrée des céréales et légumineuses a permis l’amélioration des rendements moyens des PFDs au niveau national à l’hectare, avec une augmentation variante entre 21% et 33 % par rapport aux rendements moyens réalisés par les agriculteurs au niveau des parcelles témoins. Les plateformes de démonstration en semis direct ont enregistré jusqu’à 20 % de gain par rapport aux pratiques conventionnelles.
Portée par UM6P et son Collège de l’Agriculture, l’initiative Al Moutmir constitue un modèle de développement agricole qui place la science et l’innovation au cœur de son action. Elle vise à relever les grands défis de l’agriculture, notamment le changement climatique, la sécurité alimentaire et la rareté des ressources, en co-construisant avec l’écosystème des solutions adaptées, accessibles et durables. Son ambition est d’être le trait d’union qui relie l’écosystème de la recherche et de l’innovation à l’agriculteur, instaurant ainsi une boucle d’apprentissage continue et une relation pérenne et orientée vers le fermier.
Dans ce cadre, les plateformes de démonstration, développées en partenariat avec la Fondation OCP, constituent un pilier majeur du dispositif. Véritables laboratoires à ciel ouvert, elles permettent de transférer la science et l’innovation directement sur le terrain, d’accompagner les agriculteurs dans l’adoption de bonnes pratiques et de mesurer concrètement l’impact des itinéraires techniques optimisés face aux défis climatiques.
Depuis son lancement, le programme des Plateformes de Démonstration (PFDs) a permis de mettre en place des milliers de plateformes à travers le Royaume, couvrant l’ensemble des cultures stratégiques, dont les céréales et les légumineuses.
Pour la campagne 2024/2025, 1 102 plateformes de démonstration ont été installées sur les céréales et légumineuses, réparties sur 24 provinces et plus de 120 communes. Ces plateformes s’étendent sur l’ensemble des bassins de production de céréales et de légumineuses, reflétant la diversité agro-climatique du pays.
Ce programme des plateformes de démonstration est mené en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts à travers ses représentations, notamment l’Office National du Conseil Agricole (ONCA) et les Directions Provinciales de l’Agriculture (DPA).
Ce dispositif vise à démontrer, directement sur le terrain, l’impact positif de l’adoption de pratiques agricoles optimisées et adaptées aux spécificités locales. Les agriculteurs y découvrent les bénéfices d’un itinéraire technique raisonné et durable comparé à leurs pratiques habituelles.
Comme en témoigne Hicham Sabiri, de la Commune Oulad Gnaou dans la Province Beni Mellal « Grâce aux plateformes de démonstration du blé tendre et à l’accompagnement de l’ingénieur Al Moutmir, j’ai pu découvrir les avantages d’une utilisation raisonnée des formules d’engrais de fond NPK pour améliorer la production de ma parcelle. De plus, l’application @tmar m’a aidé à identifier les besoins de ma parcelle et à mieux lutter contre les maladies et les ravageurs » .
Même son de cloche de la part de Abdo Tarek, de la Commune El Mrabih dans la Province de Sidi Kacem « La plateforme de démonstration sur laquelle j’ai travaillé avec l’équipe Al Moutmir, en culture de blé tendre avec le système de semis direct, nous a donné de très bons résultats grâce à l’itinéraire technique raisonné que nous avons suivi tout au long de la saison. Nous avons obtenu un rendement de 32 quintaux à l’hectare contre 26 quintaux à l’hectare sur la parcelle témoin. Merci au programme Al Moutmir. »

Les PFDs sont co-construites avec l’écosystème agricole et scientifique et bénéficient du soutien de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir. Durant la campagne 2024/2025, plus de 275 agriculteurs ont participé directement à ces plateformes, tandis que plus de 3 025 autres ont été touchés indirectement à travers les écoles aux champs, les sessions de formation théorique, ainsi que les outils numériques et réseaux sociaux via @tmar.
Chaque PFD est conduite selon le référentiel de l’Integrated Crop Program (ICP), articulé autour de quatre piliers :
- La fertilisation raisonnée basée sur des analyses de sol,
- La protection intégrée des cultures,
- La gestion rationnelle de l’eau,
- L’utilisation de solutions spécialisées adaptées aux besoins de chaque culture.
Ces analyses, réalisées par les laboratoires mobiles déployés à l’échelle nationale ainsi que le laboratoire d’analyse des sols de la ferme expérimentale de l’UM6P, constituent la première étape vers une fertilisation équilibrée et durable. Les recommandations sont ensuite traduites en solutions concrètes via le Smart Blender, permettant la production d’engrais sur mesure adaptés à chaque sol et culture.
En parallèle, les PFDs servent de véritables espaces de formation pratique et de transfert de connaissances. Les écoles aux champs permettent aux communautés locales de s’approprier directement les bonnes pratiques, tandis que les formations théoriques complètent cette montée en compétences.
Parmi ces plateformes, plus de 600 PFDs sont dédiées au semis direct, une pratique innovante et durable au cœur des efforts d’Al Moutmir pour accompagner la transition vers des systèmes de production plus résilients et respectueux des ressources naturelles portée par le programme national du semis direct.
Ainsi, les PFDs céréales et légumineuses 2024/2025 confirment leur rôle de levier d’innovation, d’apprentissage et de transformation agricole, tout en plaçant l’agriculteur au cœur de la démarche.
Al Moutmir Open innovation Lab
La 17ᵉ édition de l’Al Moutmir Open Innovation Lab s’est tenue le 19 septembre 2025 à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir et en ligne. Cette rencontre, consacrée à la présentation des résultats des plateformes de démonstration des céréales et légumineuses de la campagne agricole 2024-2025, a rassemblé environ 70 participants, parmi lesquels des institutionnels, chercheurs, scientifiques, agronomes, organisations professionnelles, partenaires industriels ainsi que des agriculteurs.
L’évènement s’inscrit dans la dynamique d’échange initiée par Al Moutmir avec l’ensemble des acteurs engagés dans le développement des filières agricoles. Il a mis en avant l’importance de la recherche scientifique, de l’innovation et du conseil agricole dans l’adoption et la diffusion des bonnes pratiques, mais aussi dans le transfert des technologies vers le monde agricole.
Les interventions ont porté sur plusieurs thématiques stratégiques : la Green Génération et ses perspectives pour une agriculture durable, le Plan national de semis direct, la fertilisation raisonnée et la gestion intégrée des cultures, l’importance de la diversification pour atténuer les effets du changement climatique, la recherche variétale et les systèmes intercalaires, ainsi que les opportunités offertes par la séquestration du carbone.
Cette édition a également mis en lumière les agriculteurs champions ayant adopté les plateformes de démonstration et obtenu des résultats très probants, confirmant ainsi que l’innovation et la coopération entre acteurs scientifiques, techniques et professionnels constituent des leviers essentiels pour bâtir une agriculture plus résiliente et durable.
Impacts des plateformes de démonstration olivier
La campagne agricole 2024/2025 a été marquée par des conditions climatiques particulièrement difficiles. Le début de saison, de septembre 2024 à février 2025, a connu une longue période de sécheresse avec des précipitations sporadiques et inefficaces, retardant l’installation des cultures et réduisant fortement les superficies emblavées en céréales. Cette situation a provoqué une levée hétérogène et des pertes importantes, notamment dans les zones Bour défavorable et intermédiaire. Par la suite, les pluies printanières, concentrées entre mars et avril, ont permis de redresser partiellement la campagne, mais n’ont pas suffi à rattraper complètement le déficit hydrique accumulé.
Dans ce contexte fragile, la densité de peuplement et la vigueur du couvert végétal sont restées faibles à moyennes, et l’infestation par les mauvaises herbes a été accentuée par l’impossibilité d’appliquer les herbicides à temps. Malgré cela, la récolte s’est déroulée dans des conditions favorables en mai, soutenue par des températures élevées qui ont accéléré la maturation.
Au total, 1 102 plateformes de démonstration (PFDs) céréales et légumineuses ont été mises en place dans 24 provinces, dont 876 dédiées aux céréales et 226 aux légumineuses, avec plus de 600 plateformes conduites en semis direct. Ces PFDs, installées chez 275 agriculteurs, permettent de comparer les itinéraires techniques optimisés avec les pratiques locales et de mesurer les impacts sur les cultures dans un contexte réel.
Les résultats montrent que, malgré la sévérité des conditions climatiques, les PFDs ont permis d’améliorer la productivité par rapport aux pratiques locales. Pour les céréales, les PFDs ont permis une amélioration des rendements comprise entre +21 % et +23 % par rapport aux témoins. Les zones irriguées et Bour favorable supérieur ont enregistré les performances les plus élevées, alors que les zones défavorables sont restées limitées par le stress hydrique.
Concernant les légumineuses, les PFDs ont permis une amélioration des rendements comprise entre +26 % et +33 % par rapport aux témoins. Les résultats les plus prometteurs ont été enregistrés dans les zones irriguées et de montagne, bénéficiant à la fois de pluies tardives et de meilleures conditions de gestion.
En parallèle, les PFDs en semis direct ont confirmé leur potentiel comme alternative durable, en particulier dans les zones vulnérables à la sécheresse. Avec plus de 600 sites installés, cette technique s’impose comme un levier clé pour renforcer la résilience des systèmes de production. Les données montrent qu’en moyenne, le semis direct a permis une amélioration d’environ 20 % par rapport au semis conventionnel, confirmant son rôle stratégique pour une agriculture durable et adaptée aux contraintes climatiques.
Par ailleurs, les PFDs ont permis d’améliorer la rentabilité des exploitations agricoles. Les marges bénéficiaires enregistrées sur les parcelles conduites en itinéraire optimisé se sont révélées nettement supérieures à celles observées sur les parcelles témoins. Cette amélioration est le résultat combiné d’une meilleure efficience des intrants, d’une optimisation des coûts de production et d’une valorisation accrue des rendements. La plage d’amélioration observée est comprise entre +33 % et +54 % pour les céréales et légumineuses, illustrant le potentiel économique majeur des itinéraires optimisés par rapport aux pratiques locales.
Ces résultats confirment l’importance d’adopter des itinéraires techniques intégrés, basés sur une fertilisation raisonnée, une gestion efficace de l’eau, une conduite culturale adaptée et une protection phytosanitaire ciblée. Ils mettent également en évidence le rôle central des PFDs comme outils d’apprentissage collectif, permettant aux agriculteurs d’expérimenter directement les innovations et de renforcer la durabilité des systèmes de production céréaliers et légumineux.

