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Economie Nationale

Choc énergétique : l’industrie marocaine paie la facture

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La croissance résiste. L’industrie encaisse. Derrière les prévisions d’une économie marocaine appelée à progresser de 4,7 % à la fin de 2026, une autre réalité se dessine : celle de secteurs frappés de plein fouet par la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran. Textile, chimie, électronique, caoutchouc et construction voient leurs coûts s’envoler, leurs marges se réduire et leurs perspectives s’assombrir.
Lorsque le conflit éclate en Iran à la fin du mois de février 2026, les marchés énergétiques s’embrasent. Les prix des matières premières énergétiques retrouvent des sommets comparables à ceux observés en 2022, déclenchant une nouvelle onde de choc dans l’économie mondiale. Au Maroc, ce sont d’abord les secteurs industriels qui encaissent le coup. Les activités secondaires plongent de 3,9 % au deuxième trimestre 2026, enregistrant la plus forte contre-performance parmi les grands secteurs de l’économie, au regard de la note de conjoncture, établie par le Haut Commissariat au Plan.

Dans les usines, la facture énergétique s’alourdit tandis que le coût des intrants importés grimpe. Les industriels doivent composer avec des marges qui se réduisent et une rentabilité mise à mal. Plusieurs branches apparaissent particulièrement exposées. Le textile, la chimie, la fabrication du caoutchouc et l’électronique restent à la peine au troisième trimestre, alors même que le recul global de l’industrie s’atténue à -1,9 %. 

La chimie figure parmi les secteurs les plus fragilisés. Déjà confrontées à la hausse des coûts de production, les entreprises du secteur subissent également les effets de la dégradation des termes de l’échange. Cette pression se retrouve jusqu’à la Bourse de Casablanca où les valeurs chimiques comptent parmi les plus affectées par la correction du marché.

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Le choc énergétique freine également les projets d’investissement. La formation brute de capital ralentit nettement, passant d’une progression de 10,8 % au premier trimestre à 6,8 % au deuxième. Les entreprises revoient leurs dépenses face au renchérissement des équipements importés et des matériaux de construction. Le ralentissement de la demande de logement accentue la pression sur le bâtiment et les activités qui lui sont liées. 

Les marchés financiers reflètent ce climat d’incertitude. Après une année 2025 particulièrement favorable, le MASI recule de 6,8 % au troisième trimestre 2026. Outre la chimie, les sociétés de portefeuille, l’électricité, l’industrie agricole ainsi que les loisirs et hôtels figurent parmi les compartiments les plus touchés par le repli des cours. 

Pour ces secteurs, la fin de l’année dépendra largement de l’évolution des marchés énergétiques. Le scénario central du document table sur une stabilisation progressive permettant notamment aux industries extractives et chimiques de retrouver des couleurs. D’ici là, textile, chimie, électronique et construction restent en première ligne d’une crise énergétique qui redistribue les cartes de la compétitivité industrielle

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