Climat et finances : l’Afrique du Nord mise sur l’innovation et la diaspora

Le Bureau de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) pour l’Afrique du Nord a clôturé vendredi 13 novembre la 40ᵉ réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts (CIHFE), centrée sur le thème « Renforcer la mobilisation des ressources intérieures par l’innovation et la technologie en Afrique du Nord ».
La rencontre, qui comprenait une session d’experts dédiée à l’optimisation des ressources nationales grâce aux technologies numériques, a abouti à une série de recommandations destinées aux pays membres — Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie — ainsi qu’à la CEA.
Parmi les recommandations clés des États membres :
-
Renforcer les systèmes fiscaux : digitaliser la gestion des finances publiques et l’administration fiscale pour améliorer efficacité, transparence et respect des obligations fiscales.
-
Améliorer la qualité des données et les infrastructures numériques : faciliter le partage d’informations et soutenir la gestion des ressources nationales.
-
Optimiser la contribution des diasporas : encourager les transferts de fonds et l’investissement des expatriés dans leur pays d’origine.
-
Favoriser l’innovation locale : donner la priorité aux technologies nationales et développer les capacités pour adapter les technologies aux contextes locaux.
-
Sécurité numérique et transparence budgétaire : intégrer protection des données et gouvernance des finances publiques pour des systèmes publics sûrs et axés sur le citoyen.
Pour sa part, la CEA s’engage à :
-
Soutenir les États membres dans l’élaboration de stratégies intégrées pour une mobilisation efficace des ressources et un développement durable, y compris via le financement climatique.
-
Déployer les technologies numériques et l’intelligence artificielle pour améliorer la qualité des données et leur partage.
-
Renforcer les capacités des entrepreneurs et institutions publiques dans des domaines tels que la finance verte, la numérisation et la gouvernance.
-
Appuyer la réforme du système financier mondial afin de garantir une meilleure représentation de l’Afrique et un meilleur accès aux ressources nécessaires au développement.
Une urgence climatique et économique
Selon la CEA, le changement climatique pourrait réduire le PIB par habitant en Afrique du Nord d’au moins 11 % d’ici cinq ans si la température moyenne mondiale augmente de 1 °C. Une hausse locale de 1 °C pourrait entraîner une perte supplémentaire de 5 %. Cette double pression menace les économies nationales et la marge de manœuvre budgétaire, tout en augmentant le coût de l’adaptation.
À l’heure où le monde se rapproche de la limite de +1,5 °C fixée par l’Accord de Paris, l’adaptation devient urgente. Les pays d’Afrique du Nord, déjà à revenu intermédiaire, doivent agir rapidement pour éviter un cercle de faible productivité et d’inégalités croissantes.
Les recommandations du CIHFE 2025 seront présentées à la 58ᵉ session de la Commission économique pour l’Afrique (COM2026), qui se tiendra au Maroc au premier trimestre 2026 sous le thème : « La croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe pour la transformation économique de l’Afrique ».
