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Politique nationale

La Commission provisoire écarte la FMEJ : un coup dur pour le pluralisme de la presse marocaine

FMEJ cartes de presse conseil national de la presse CNP

Dans un communiqué publié par le Bureau exécutif de la Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux (FMEJ), l’organisation dénonce une décision « révoltante » de la Commission provisoire chargée de l’exercice des missions du Conseil National de la Presse (CNP), qui a rejeté 69 dossiers d’éditeurs participant au processus de désignation au sein du Conseil.

Selon la FMEJ, cette mesure marque une étape inquiétante dans la marginalisation du pluralisme médiatique et révèle une volonté manifeste d’exclusion.

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Une procédure jugée opaque et arbitraire

Le Bureau exécutif de la FMEJ décrit un processus surréaliste : absence de dialogue, exigences administratives excessives et délais intenables. Malgré la préparation de 74 dossiers complets, la Commission aurait exigé des pièces supplémentaires à la dernière minute, avant de notifier le rejet massif des candidatures le soir même. « Un comportement prémédité », estime la FMEJ, qui rappelle avoir déposé les documents requis dans les délais.

Des incohérences administratives pointées du doigt

La Fédération souligne que la majorité des motifs invoqués — notamment le non-paiement supposé des cotisations à la CNSS — sont infondés, puisque ces cotisations sont prises en charge par le ministère de la Communication depuis 2020. Certains documents présents dans les dossiers auraient été ignorés, et plusieurs entreprises éliminées pour des réserves mineures concernant un seul journaliste, alors qu’elles remplissaient les conditions légales.

Parmi les médias écartés figurent des journaux historiques et reconnus : Al Alam, L’Opinion, Al Bayane, Bayane Al Yaoume, Al Haraka, Al Mountakhab, Le Desk, Yabiladi, Ayyam 24, ainsi que de nombreux titres régionaux. Pour la FMEJ, cette décision traduit une tentative de contrôle total de l’instance d’autorégulation, ressuscitant un projet de loi hégémonique déjà rejeté par la Cour constitutionnelle.

Un appel à la défense de la liberté de la presse

Le Bureau exécutif de la FMEJ affirme qu’il s’opposera de toutes ses forces à ce qu’il qualifie d’« hécatombe pour le pluralisme ». Il appelle les forces vives du pays, les professionnels des médias et les défenseurs de la liberté d’expression à se mobiliser contre cette dérive. « Cette guerre contre la presse sérieuse atteint les limites de la déraison », conclut le communiqué, dénonçant une autorégulation devenue instrument de contrôle.

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