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Economie

Aide sociale : entre hausse des montants et révision du scoring du RSU, attention à la confusion

aide sociale RSU

À l’approche des élections législatives du 23 septembre, l’aide sociale directe s’impose comme un thème central des programmes politiques. Mais entre promesses de revalorisation des allocations et propositions de réforme du ciblage, une confusion tend à s’installer : augmenter le montant de l’aide ne revient pas à revoir le scoring du Registre social unifié (RSU). Deux leviers distincts, aux implications sociales et budgétaires bien différentes, qui méritent d’être clairement distingués.

Comme à chaque échéance électorale, les revendications sociales deviennent l’apanage des partis politiques, qui en font des leviers privilégiés de leurs campagnes.

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La révision du scoring de l’aide sociale en fait partie. En effet, le seuil d’éligibilité a fait couler beaucoup d’encre et suscité de vives revendications notamment d’une grande frange de la population qui s’est vue écarter à cause du mode de calcul.

Un constat que le ministre délégué en charge du Budget, Fouzi Lekjaa,  avait confirmé en janvier 2025 à la CGEM en précisant que des dizaines de milliers de personnes ont été écartées de AMO Tadamon par le score. Il avait avoué que la formule de scoring ne permettait pas d’être dans une situation idéale.

Certes le Maroc a franchi un pas important en matière de couverture sanitaire avec le lancement du chantier de la généralisation de la couverture sanitaire. Toutefois, la mise en œuvre du chantier a connu quelque dérapage. Car bien que le score devait permettre de cerner ce système en écartant tous ceux qui ont longtemps profité des failles du Ramed sans être éligibles, il a en l’occurrence mis hors du système des personnes qui vivent dans des conditions difficiles et qui se sont vues retirer le droit élémentaire à savoir l’accès à la santé.


Lire également : Il est temps de passer des promesses électorales au contrat de performance


Certes les données sont régulièrement actualisées afin de permettre une attribution plus équitable des aides, notamment à partir de variables issues du recensement et grâce à l’exploitation des outils technologiques. La mise à jour des données est donc essentielle et naturelle puisqu’un ménage peut voir sa situation évoluer.

Mais la formule du scoring qui permet à la base à un ménage de bénèficier de l’aide n’a à ce jour pas été revue.

Le risque d’une confusion entre montant et éligibilité

En effet, il faut nuasncer entre le montant de l’aide et le nombre de bénéficiaires. Porter l’aide minimale à 1.000 DH comme le présendent certains partis politiques constitue une décision budgétaire et sociale. Revoir le seuil d’éligibilité relève, quant à lui, de la mécanique du ciblage. Les deux mesures peuvent naturellement être combinées, mais elles ne répondent pas à la même logique.

Une augmentation du montant bénéficie aux ménages déjà intégrés au dispositif. Un relèvement ou une modification du seuil peut élargir, ou réduire, la population éligible à de nouveaux ménages. La différence est fondamentale pour les finances publiques.

Plus le seuil est élargi, plus le nombre potentiel de bénéficiaires augmente. Et plus le montant versé à chaque ménage progresse, plus la facture budgétaire s’alourdit. Toute promesse électorale portant simultanément sur ces deux paramètres devrait donc être accompagnée d’une estimation précise de son coût et de son mode de financement.

La question est d’autant plus sensible que les partis sont désormais amenés à transformer leurs orientations sociales en engagements électoraux quantifiables.

La promesse d’une aide plus élevée peut répondre à une pression réelle sur le pouvoir d’achat. Mais son efficacité dépendra aussi de la capacité du système à identifier correctement les ménages qui en ont le plus besoin.

De même, une éventuelle révision du seuil ne devrait pas être réduite à un argument de campagne. Elle devrait être fondée sur des données actualisées, une évaluation de l’impact du dispositif et une estimation de son coût budgétaire.

Le scoring devient un sujet électoral

À quelques jours du scrutin, malheureusment cette problématique passe du terrain technique à celui de la politique.

Le PAM propose une modification profonde du système en souhaitant abandonner l’indice socio-économique du RSU au profit d’un ciblage fondé sur les revenus réels des ménages. Le parti propose parallèlement de porter progressivement l’aide sociale directe à 1.000 DH par mois, contre 500 DH actuellement pour le montant minimal.

Le RNI défend plutôt une refonte du mécanisme de ciblage en mettant notamment l’accent sur la préservation du pouvoir d’achat des bénéficiaires, avec une proposition d’indexation de l’aide sociale sur l’inflation.

Deux approches qui illustrent les deux dimensions du débat : qui doit bénéficier de l’aide et combien doit-il recevoir ?

À quelques jours du scrutin, l’aide sociale directe devient ainsi le révélateur d’une question plus large : si les partis au pouvoir depuis cinq ans détenaient réellement les solutions à ce blocage, pourquoi avoir attendu l’approche des élections pour les mettre en avant, au risque d’en faire un véritable guet-apens pour les électeurs, notamment les moins avisés ? A bon entendeur.

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