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Finances

Conflit au MO : les banques centrales vulnérables ? (FMI)

FMI croissance banques centrales

Des banques centrales plus fortes ne peuvent empêcher les chocs sur les prix du pétrole ou des denrées alimentaires, mais elles peuvent aider à éviter qu’ils ne s’enracinent, selon un rapport du FMI.

Les banques centrales du Moyen-Orient, d’Asie centrale et du Caucase doivent bénéficier d’une protection accrue contre les pressions politiques et les exigences de financement public afin de contenir l’inflation, selon un rapport du Fonds monétaire international publié mardi, alors que le conflit au Moyen-Orient ravive les risques inflationnistes dans les économies vulnérables.

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Le document, rédigé par les services du FMI, n’analyse pas directement le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran, mais ses conclusions interviennent alors que la hausse des coûts de l’énergie, les risques sur les prix alimentaires et les pressions budgétaires mettent à nouveau à l’épreuve les banques centrales d’une région où certains gouvernements disposent d’une marge de manœuvre limitée pour protéger les ménages de la cherté de la vie.

Les auteurs soulignent que l’indépendance des banques centrales fait l’objet d’un nouvel examen attentif à mesure que s’intensifie la pression exercée sur la politique monétaire pour répondre aux besoins budgétaires. Ils ajoutent que les pays dotés de garanties plus solides sont mieux à même de gérer l’inflation, en particulier lorsqu’ils sont frappés par des chocs imprévus.

L’indépendance des banques centrales, conjuguée à un cadre de politique monétaire robuste, est associée à une gestion efficace de l’inflation et s’avère particulièrement utile face à des chocs inflationnistes inattendus, indique le rapport.

En termes concrets, des banques centrales plus fortes ne peuvent empêcher les chocs sur les prix du pétrole ou des denrées alimentaires, mais elles peuvent aider à éviter qu’ils ne s’enracinent. Des améliorations significatives de l’indépendance ont été corrélées à une baisse de l’inflation d’environ un demi-point de pourcentage en un an, précise le document, l’effet s’accentuant avec le temps.

Les bénéfices d’une indépendance accrue mettent du temps à se concrétiser, en partie parce que les réformes législatives sont lentes à mettre en œuvre et que l’indépendance formelle ne se traduit pas toujours dans les faits.

Les pays disposant de cadres de ciblage de l’inflation, principalement dans le Caucase et en Asie centrale, ont tendance à jouir d’une indépendance juridique plus forte et de mandats de stabilité des prix plus clairs, note le rapport, citant l’Arménie, la Géorgie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan comme exemples où les banques centrales ont durci leur politique rapidement après la poussée inflationniste post-pandémie.

Les pays ayant opté pour un régime de change fixe ont également obtenu de meilleurs résultats en matière d’inflation, soutenus par une ancre nominale crédible, notamment l’Azerbaïdjan, les pays du Conseil de coopération du Golfe, l’Irak, la Jordanie, la Mauritanie et le Maroc.

L’inflation s’est avérée plus difficile à maîtriser dans les économies dotées de cadres monétaires plus faibles ou soumises à de plus fortes pressions budgétaires, ont constaté les auteurs. Ils pointent du doigt le Liban, où l’effondrement économique a conduit à une inflation galopante, tandis que l’endettement intérieur élevé en Égypte et au Pakistan a pu entraver la capacité des banques centrales à relever les taux d’intérêt assez rapidement.

L’Algérie, l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Pakistan ont été signalés comme présentant un recours de l’Etat au système bancaire relativement plus élevé que la moyenne régionale, signe d’une dominance budgétaire qui complique la conduite de la politique monétaire.

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