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Economie

Coronavirus : l’informel plus que jamais une menace pour le Maroc

Informel

Parmi les chantiers reportés sine die par le pays et qui nous éclatent aujourd’hui en pleine figure : la lutte contre l’informel. Les mesures décidées par le Comité de veille économique suffiront-elles ou bien ne concernent-elles que la partie visible de l’iceberg ?

La lutte contre l’économie informelle a été de tous les programmes gouvernementaux, mais face à l’ampleur de ce secteur souterrain, les autorités finissent par s’essouffler et reléguer ce chantier aux calendes grecques. Pis, à défaut de faire basculer les entreprises vers le formel, des structures formelles sous-traitaient une partie de leurs activités au secteur informel pour réduire ses coûts notamment sociaux et fiscaux. Corruption et fraude, quand vous nous tenez !

Cette procrastination s’avère aujourd’hui fatale pour l’économie du pays et menaçante pour sa paix sociale.

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Et pour cause, selon une étude de la CGEM d’avril 2018, l’économie informelle pèse plus de 20% du PIB – hors secteur primaire – et 10% des importations formelles, soit autour de 170 Mds de DH. Et selon les statistiques de 2016 de l’organisation mondiale du Travail, le secteur informel crée entre 75 % et 89 % des emplois au Maroc. Voyez l’ampleur et le poids de l’informel dans notre pays.

On ne peut que se féliciter que notre pays ait été précurseur dans la gestion rapide des conséquences aussi bien sanitaires, sociales qu’économiques de la pandémie du Coronavirus. On ne manquera pas de rappeler que la première batterie de mesures a concerné le secteur formel. Or, l’urgence aujourd’hui est de s’attaquer à la partie invisible de l’iceberg. Et autant dire, que le défi est de taille pour l’Exécutif puisqu’il sera difficile de décider de mesures de soutien en l’absence d’identification de ces entreprises informelles et des travailleurs, à la base privés de leurs droits sociaux.

Le défi n’est pas uniquement économique et social, il est d’ordre sanitaire. L’informel est marqué par la précarité, des revenus irréguliers, absence de filets sociaux… donc des travailleurs pour lesquels le confinement est synonyme d’arrêt d’activité et d’absence immédiate de revenus. De fait, l’Etat qui privilégie la lutte contre la crise sanitaire fait face à une population obnubilée par la lutte contre la crise économique. Un dilemme cornélien, car plus les populations ne se conformeraient pas au confinement, plus la gestion de la crise sanitaire s’allongera et plus la crise économique s’aggravera.

Certes le Comité économique de veille ne pouvait commencer à l’envers, mais les canaux de communication entre secteur formel et secteur informel joueront un rôle de transfert de la crise économique qui germe dans le secteur informel avec des conséquences importantes sur l’économie nationale mais également la paix sociale du pays.

En effet, l’Etat aura sur les bras des milliers de travailleurs de l’informel qui se retrouveraient sans activité et qui sont exclus de fait de tous les filets sociaux. C’est cette catégorie qui doit profiter rapidement de protection, pour atténuer les effets de la pandémie et pourquoi pas les soutirer des jougs de l’informel.

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1 commentaire

  1. Jamila Hana dit :

    Les plus démunis sont en train de mourir de faim, alors le coronavirus, ils s’en fichent, et surtout, ils ne le comprennent pas. Quatre enfants ont étés abandonnés par leurs parents dépassés par cette situation. Il faut vraiment proposer un plan d’urgence pour les aider. Pourquoi pas des paniers comme pour le mois de Ramadan, accompagné d’une enveloppe avec du cash. Les moqata3a, et les moqadems connaissent les habitants des quartiers qu’ils sillonnent régulièrement. Nous courons tête baissée vers une catastrophe insupportable et insurmontable.

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