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Economie Nationale

Croissance au Maroc : l’OCDE table sur 5% en 2026 et 3,9% en 2027

ocde croissance

La croissance du PIB devrait s’élever à 5,0 % en 2026 et à 3,9 % en 2027, après avoir atteint 4,6 % en 2025. Les précipitations exceptionnelles enregistrées pendant l’hiver devraient stimuler la production agricole, tandis que l’investissement public dans de grands projets d’infrastructure continuera de soutenir la croissance en 2026. Le choc des prix de l’énergie devrait entraîner une hausse temporaire de l’inflation et du déficit de la balance courante en 2026, mais la consommation privée devrait rester solide. 

Selon l’OCDE, le déficit budgétaire devrait continuer de se réduire malgré la hausse soutenue des dépenses publiques, sous l’effet de l’augmentation des recettes consécutive aux récentes réformes fiscales. Compte tenu du rebond attendu de l’inflation, la banque centrale devrait mettre fin à son cycle d’assouplissement et maintenir son taux directeur inchangé en 2026-2027.

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Les perspectives économiques de l’OCDE soulignent que des politiques résolues sont nécessaires pour soutenir une croissance forte et inclusive en élargissant la protection sociale, en luttant contre l’économie informelle et la corruption, et en renforçant la concurrence sur les marchés. Il est également essentiel de réduire ladépendance du Maroc à l’égard des importations d’énergie pour améliorer la sécurité énergétique.

La croissance du PIB est solide

Le PIB a progressé de 4.6 % en 2025, la consommation et l’investissement privés ayant été soutenus par le recul de l’inflation, l’amélioration de la confiance des consommateurs et les grands projets d’infrastructures publiques. L’inflation n’a cessé de reculer en 2025, sous l’effet de la baisse des prix des produits alimentaires, mais les prix de l’énergie l’ont fait augmenter à 1.7 % en avril 2026. La confiance des entreprises, les exportations et les recettes du tourisme étaient en hausse au début de 2026, juste avant le choc des prix de l’énergie. Le chômage a légèrement diminué, passant de 13.4 % en 2024 à 13.0 % en 2025, mais il reste élevé, en particulier chez les jeunes (37.2 %) et les femmes (20.5 %).

Le déficit de la balance courante était supérieur à 2 % du PIB en 2025, avant le début du choc énergétique. Étant donné que ses besoins en énergie sont satisfaits à hauteur de 90 % par des importations, le Maroc est vulnérable à de tels chocs. La hausse des prix des engrais phosphatés, qui représentaient 21 % des recettes d’exportation du Maroc en 2025, a partiellement compensé cette exposition. De manière plus générale, le Maroc est étroitement tributaire de l’activité économique de l’Union européenne, puisque celle- ci représente 60 % des exportations de biens du Maroc, tandis que son exposition directe aux États-Unis est limitée, ces derniers représentant 3 % de ses exportations de biens.

Le taux directeur devrait rester inchangé et le déficit budgétaire se réduire

La banque centrale a maintenu le taux directeur inchangé à 2.25 % depuis mars 2025. Compte tenu du rebond temporaire attendu de l’inflation causé par le choc énergétique, aucune nouvelle baisse n’est anticipée en 2026-2027. Le déficit budgétaire a légèrement diminué, passant de 3.9 % du PIB en 2024 à 3.5 % du PIB en 2025, et il devrait se stabiliser à 3.0 % du PIB en 2026-2027. L’investissement et la consommation publics continueront d’augmenter, sous l’effet des projets d’infrastructure et de

l’élargissement de la protection sociale, mais cette évolution devrait être compensée par l’augmentation des recettes budgétaires, portée par la croissance de l’activité économique et les récentes réformes fiscales, qui élargissent progressivement la base d’imposition et renforcent l’application de la législation. Face au choc énergétique, le gouvernement a rétabli les mesures de soutien au secteur des transports qui étaient en place en 2022-2023, mais n’a pas ajouté d’aides directes aux ménages. Un choc prolongésur les prix de l’énergie et le maintien des mesures de protection sociale pourraient tous deux entraîner des dépenses publiques plus élevées que prévu.

La croissance devrait rester soutenue en 2026 et 2027

L’activité économique devrait croître au rythme de 5,0 % en 2026 puis de 3,9 % en 2027. L’inflation devrait passer de 0.7 % en 2025 à 3.2 % en 2026 en raison de la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie, avant de baisser à 1,4 % en 2027. Les pluies abondantes de l’hiver ont permis de remplir les réservoirs d’eau, ce qui favorisera un rebond de la production agricole d’environ 15 % en 2026, avant une normalisation en 2027.

La croissance de la consommation devrait se modérer quelque peu à cause de la hausse de l’inflation, mais elle restera solide. Les investissements dans les infrastructures continueront d’alimenter la croissance dans le secteur manufacturier et celui de la construction.

Les résultats à l’exportation devraient continuer de s’améliorer en 2026-2027, mais le déficit de la balance courante devrait augmenter pour s’établir à 3.1 % du PIB en 2026 et à 3.3 % en 2027 en raison de la hausse des prix à l’importation. Le taux de chômage devrait diminuer légèrement en 2026 (de 0.3 point de pourcentage) et se stabiliser en 2027. Une nouvelle réduction des échanges mondiaux due à l’escalade des tensions géopolitiques entraverait les exportations et la croissance du Maroc.

À court terme, le Maroc pourrait tirer profit d’une réallocation de la demande mondiale d’engrais car le blocus du détroit d’Ormuz empêche d’autres grands producteurs du Moyen-Orient d’exporter, mais une prolongation du conflit pourrait également perturber l’approvisionnement pour la production nationale d’engrais en raison de la dépendance aux importations d’ammoniac et de soufre en provenance des économies du Golfe.

Renforcer le capital humain et la productivité favoriserait une croissance inclusive

La réduction de l’économie informelle et le renforcement du capital humain et de la productivité sont des priorités essentielles pour le Maroc. Introduire davantage de flexibilité dans les contrats de travail et accroître les incitations à travailler dans le secteur formel tout en améliorant le recouvrement de l’impôt contribuerait à lutter contre l’économie informelle.

Élargir l’accès aux services de garde d’enfants, s’attaquer aux stéréotypes de genre et renforcer la formation professionnelle en entreprise sont des mesures qui faciliteraient l’intégration des femmes et des jeunes sur le marché du travail. L’amélioration des compétences de la main-d’œuvre et le renforcement de la concurrence contribueraient à stimuler la productivité.

Le cadre de lutte contre la corruption a été renforcé mais des efforts supplémentaires sont nécessaires car le niveau de corruption perçue, surtout dans les marchés publics, reste élevé. La transition climatique constitue une autre priorité. Une hausse progressive des prix de l’eau, un renforcement des politiques climatiques et une réduction de la dépendance à l’égard des importations d’énergie amélioreraient la résilience aux chocs climatiques et la sécurité énergétique.

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