Croissance économique : radioscopie de l’exercice 2026

La croissance économique devrait s’établir à 4,5% en 2025 pour progresser de 0,3 point à 5% en 2026, portée par la reprise du secteur agricole et par la consolidation des performances des activités non agricoles, stimulée par le dynamisme de la demande intérieure dans un contexte de stabilité des prix. Il s’agirait ainsi d’une phase d’accélération continue sur quatre années successives de la croissance économique.
Dans ce contexte, l’économie nationale devrait maintenir une trajectoire de croissance soutenue en 2025 et 2026. Cette dynamique serait particulièrement portée par la performance remarquable du secteur primaire, ainsi que par la poursuite de la bonne tenue des activités non agricoles. La demande intérieure demeurerait le pilier principal de l’activité économique, portée par la dynamique de la consommation des ménages et par la vigueur de l’investissement. Cette tendance devrait stimuler les importations de biens d’équipement et de produits intermédiaires, creusant ainsi le déficit commercial dans un contexte de progression modérée des exportations.
Sur le plan budgétaire, les recettes ordinaires devraient poursuivre leur tendance haussière, résultat des réformes fiscales engagées depuis 2021. Cette performance budgétaire, associée à une baisse des dépenses de compensation et à un accroissement du PIB nominal, devrait alléger le déficit budgétaire en 2026. Dans ce sillage, le ratio de la dette publique devrait poursuivre sa trajectoire descendante amorcée en 2023.
Plus en détails, le démarrage de la campagne agricole 2025/2026 a été marqué par un déficit pluviométrique notable. Néanmoins, les précipitations abondantes et bien réparties enregistrées à partir de fin novembre ont permis de rattraper ce retard, ce qui laisse entrevoir une campagne agricole plus prometteuse. De surcroit, ces conditions climatiques favorables devraient contribuer à reconstituer les réserves des barrages et à alimenter les nappes phréatiques, souligne le Budget Economique Prévisionnel (BEP) 2026, émanant du Haut Commissariat au Plan.
Par ailleurs, l’activité d’élevage devrait se redresser en 2026, soutenue par les retombées positives de la décision royale de s’abstenir du sacrifice l’Aïd Al-Adha en 2025, l’amélioration du couvert végétal et la disponibilité des pâturages, ainsi que par le programme national de reconstitution du cheptel. Ainsi, la valeur ajoutée agricole devrait évoluer de 10,4 % en 2026, après 4,5 % estimée en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière supérieure à la moyenne.
S’agissant de l’activité de la pêche, elle devrait légèrement se redresser en 2026 après sa baisse prévue en 2025, suite au repli du volume des débarquements de la pêche côtière et artisanale. Dans ces conditions, le secteur primaire devrait progresser de 10 % en 2026 après une évolution de 3,7 % estimée en 2025, contribuant ainsi de 1,1 point à la croissance économique nationale en 2026 contre 0,4 point en 2025.
Les activités non agricoles auraient affiché une progression de 4,5 % en 2025 et devraient évoluer de 4,3 % en 2026, soutenues principalement par la consolidation des activités industrielles, la poursuite de la bonne performance du secteur du BTP, ainsi que par la vigueur des services marchands. Cette dynamique devrait également bénéficier de la bonne tenue de la demande intérieure et de l’effet d’entraînement des grands projets d’investissement.
L’industrie agroalimentaire, représentant près de 27,5 % de la valeur ajoutée des industries de transformation sur la période 2014-2024, aurait enregistré une croissance de 4,3 % en 2025, avant de réaliser près de 3,6 % en 2026, tirée par la reprise de l’activité agricole et la bonne dynamique de la demande.
De son côté, l’industrie textile devrait se redresser légèrement à 2,1 % en 2026 après une baisse attendue de 2,4 % en 2025, stimulée par la modernisation progressive de la chaîne de valeur et la montée en gamme de la production.
L’activité de fabrication du matériel de transport devrait profiter de la bonne performance de l’industrie aéronautique et des activités du câblage et du développement des technologies liées aux batteries électriques. Néanmoins, elle devrait pâtir de la faible demande européenne pour les véhicules thermiques, sur fond de la transition accélérée vers les véhicules hybrides et électriques.
Par ailleurs, l’industrie chimique aurait progressé de 5,3 % en 2025, après 11,1 % en 2024, suite à la décélération des exportations des produits dérivés du phosphate. En 2026, sa croissance devrait s’établir à 4,5 %, soutenue par l’augmentation des capacités de transformation locale du phosphate brut, le lancement d’unités chimiques innovantes, ainsi que par une demande mondiale en expansion. Ainsi, l’activité des industries manufacturières devrait stabiliser son rythme de croissance aux alentours de 4 % en 2025 et 2026, après 3,3 % en 2024.
Le secteur extractif aurait enregistré une décélération en 2025 à 5,2 %, après son net rebond de 13 % en 2024, en lien avec le ralentissement de la demande extérieure et locale. En 2026, il devrait croitre de 6,5 %, grâce à la consolidation de la capacité de production du phosphate brut à travers la mise en service du nouveau complexe industriel et minier de Mzinda.
Le secteur du BTP aurait maintenu sa bonne performance, avec une croissance de près de 6 % en 2025, après 5 % enregistrée en 2024, en liaison notamment avec l’accélération des projets d’infrastructures stratégiques, et ce malgré les coûts élevés des matériaux de construction et la persistance de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. En 2026, le secteur devrait progresser de 4,1 %, suite à la finalisation progressive des grands chantiers engagés, et à la poursuite de l’effort d’investissement dans les infrastructures et du déploiement du programme d’aide directe au logement.
Ainsi, les activités secondaires auraient affiché une croissance remarquable de 4,8% en 2025, et devraient évoluer de près de 4,2% en 2026. Leur contribution à la croissance économique nationale devrait ainsi se stabiliser aux alentours de 1,1 point en 2025 et 2026.
Par ailleurs, le secteur tertiaire devrait confirmer sa résilience avec une croissance de 4,3 % en 2026 après 4,5 % en 2025, contribuant positivement à la croissance du PIB à hauteur de 2,3 points en 2026 après 2,4 points en 2025.
L’activité du commerce et réparation, dont la valeur ajoutée représente 19,1 % de la valeur ajoutée tertiaire en moyenne sur la période 2014-2024, devrait s’accroître de près de 3,9 % en 2025 et 4,6 % en 2026, bénéficiant de la bonne dynamique économique nationale et de la vigueur de la demande intérieure dans un contexte d’inflation maitrisée.
Après son fort redressement, l’activité d’hébergement et de restauration aurait poursuivi son amélioration en 2025, affichant un accroissement de près de 9,7 %. Cette expansion devrait être appuyée notamment par la consolidation des arrivées touristiques, la solidité des recettes de voyage ainsi que par les efforts déployés pour renforcer la promotion de la destination Maroc et améliorer son accessibilité. En 2026, cette dynamique devrait se maintenir, portée par la poursuite du renforcement de la demande internationale et par l’amélioration graduelle de la capacité d’accueil et des services touristiques.
Les services du transport et d’entreposage auraient progressé de 4,1 % en 2025, au lieu de 7,4 % en 2024. Cette dynamique devrait profiter de l’accroissement continu du trafic ferroviaire, de l’intensification des flux aériens nationaux et internationaux, et de la bonne tenue du trafic global du transport maritime. En 2026, cette tendance devrait rester favorable, enregistrant une amélioration de 5,3 %, appuyée par la poursuite de la croissance des flux de voyageurs et de marchandises, l’expansion des capacités aéroportuaires et portuaires, et par l’amélioration des services logistiques.
Par ailleurs, les services non marchands auraient continué d’afficher une croissance positive de 4,9 % en 2025 suite notamment à l’accroissement de la masse salariale, avant d’enregistrer 4,3 % en 2026.
Dans ces conditions, et tenant compte de la hausse prévue des impôts et taxes sur les produits nets de subventions, le Produit Intérieur Brut devrait croître de 5 % en 2026 après 4,7 % estimé en 2025. En valeur, la croissance du PIB devrait passer de 6,7 % en 2025 à 6,3 % en 2026, donnant lieu à une inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, de 1,3 % en 2026 après 1,9 % attendue en 2025.

