De la cueillette à l’arganiculture : la révolution technologique de l’INRA

L’arganier est appelé à devenir un pilier stratégique de la transition écologique et hydrique dans les zones arides marocaines. C’est le message porté par la directrice de Institut National de la Recherche Agronomique, Lamiae Ghaouti, lors de l’ouverture de la 8e édition du Congrès International de l’Arganier organisée à Essaouira sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
L’arganier est désormais positionné comme un pilier stratégique de la transition écologique et de la sécurité alimentaire au Maroc, marquant une transition de la cueillette traditionnelle vers une arganiculture moderne. Lors du 8e Congrès International de l’Arganier, l’INRA a souligné l’utilisation de la génétique de pointe, notamment le séquençage du génome, pour améliorer la résilience de l’arbre et soutenir le développement socio-économique des zones arides.
Intervenant devant un parterre de chercheurs, d’institutionnels et d’acteurs de la filière, L. Ghaouti a souligné que le Maroc s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique visant à faire de l’arganier un levier de stabilité territoriale, de sécurité alimentaire et de souveraineté écologique.
Selon elle, l’arganier ne doit plus être perçu uniquement comme un patrimoine naturel, mais comme une ressource stratégique d’avenir face aux défis climatiques. Elle a notamment insisté sur les caractéristiques scientifiques exceptionnelles de cette espèce, reconnue pour sa forte résistance aux stress hydriques et thermiques ainsi que pour sa grande plasticité écologique.
La responsable a expliqué que l’arganier constitue désormais un véritable laboratoire naturel pour la recherche agronomique et environnementale. Elle a également mis en avant son rôle dans les modèles d’économie circulaire territoriale, rappelant que l’arganeraie marocaine bénéficie d’une reconnaissance internationale en tant que Réserve de Biosphère classée par UNESCO.
Dans ce contexte, Lamia Ghaouti a évoqué la transformation progressive engagée au Maroc, marquée par le passage d’une arganeraie basée principalement sur la cueillette vers une arganiculture moderne intégrée à des systèmes de production durables et innovants.
Elle a détaillé plusieurs avancées scientifiques réalisées par l’INRA et ses partenaires, notamment la sélection de génotypes performants, l’identification de pollinisateurs maîtrisés ainsi que le développement d’itinéraires techniques adaptés à l’arganiculture moderne. Ces travaux intègrent notamment l’irrigation raisonnée, la fertilisation équilibrée, la protection phytosanitaire et l’optimisation des systèmes de production.
L’une des annonces majeures de cette édition concerne le séquençage complet du génome de l’arganier réalisé en 2025 par l’INRA. Selon la directrice de l’institut, cette avancée scientifique a permis d’identifier près de 35.000 gènes, positionnant le Maroc comme précurseur mondial dans ce domaine grâce à une référence génomique publiée dans la revue scientifique Nature.
Lamia Ghaouti a également insisté sur l’importance de préserver la diversité biologique et génétique de l’arganeraie tout en renforçant l’intégration des jeunes et des femmes dans les chaînes de valeur de cette filière stratégique.
Elle a enfin appelé à intensifier les efforts de recherche afin de mieux comprendre les mécanismes de reproduction de l’espèce, la stabilité de sa productivité et ses capacités d’adaptation aux changements climatiques. Pour l’INRA, l’innovation variétale et la valorisation des produits et sous-produits de l’arganier représentent désormais des enjeux majeurs pour l’avenir des territoires arides marocains.

