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Economie

Déficit commercial de -324 Mds de DH : la dépendance extérieure met sous pression l’économie marocaine

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L’économie marocaine navigue à deux vitesses en cette rentrée 2026. Selon les derniers chiffres provisoires publiés par l’Office des changes pour la période allant de janvier à fin septembre, le Royaume affiche une santé touristique et sectorielle qui peine pourtant à compenser une facture d’importation de marchandises de plus en plus lourde. Derrière la vérité des statistiques, se dessine le portrait d’un pays en pleine mutation, cherchant le point d’équilibre de sa souveraineté économique.

La balance commerciale des biens matériels subit de plein fouet les pressions de la conjoncture internationale. À fin septembre 2026, le déficit commercial s’est creusé de 25,4 %, atteignant un gouffre de -323 940 MDH contre -258 276 MDH l’année précédente.

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Ce creusement n’est pas synonyme d’une panne de production, bien au contraire. Les exportations marocaines affichent une progression robuste de 10,7 % (+36 971 MDH) pour s’établir à 384 054 MDH, portées par les locomotives industrielles du Royaume (automobile, phosphates, aéronautique).

Toutefois, le rythme de nos achats à l’international avance à un pas bien plus rapide : les importations de biens ont bondi de 17 %, engloutissant 707 994 MDH. En conséquence, le taux de couverture des importations par les exportations perd 3,1 points, glissant de 57,3 % à 54,2 %. Chaque flux de marchandises rappelle la dépendance du marché national aux intrants industriels et énergétiques extérieurs.

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Les services en sauveurs : l’embellie historique du tourisme

Fort heureusement, l’économie marocaine ne repose pas uniquement sur les conteneurs maritimes. L’oxygène vient des flux immatériels. La balance des services affiche une santé de fer avec un excédent en progression constante de 14,8 %, s’élevant à 135 804 MDH.

Au cœur de cette performance, le secteur du voyage confirme son rôle de pilier humain et financier du pays. Le Maroc n’a jamais autant séduit :

  • Les recettes touristiques ont bondi de 12,1 % pour atteindre les 115 257 MDH.
  • Les dépenses des Marocains voyageant à l’étranger ont peu progressé (8 % à 26 967 MDH).
  • Le solde net des voyages offre ainsi une bouffée d’air pur de 88 290 MDH à l’économie nationale.

Derrière cette ligne comptable, il y a le retour massif de la diaspora, l’attractivité des destinations phares du Royaume et des millions d’emplois locaux – du restaurateur de Marrakech à l’artisan de Fès – qui respirent après des années de transition.

Un solde combiné sous surveillance

Si l’on croise la détresse du commerce de marchandises et l’euphorie des services, le solde global de ces échanges affiche un déficit global adouci mais réel de -188 136 MDH.

Le Maroc de 2026 montre un visage contrasté : celui d’une nation qui gagne en attractivité internationale et en savoir-faire, mais qui reste structurellement exposée aux coûts des marchés mondiaux pour ses approvisionnements. Un défi de taille pour les mois à venir, où l’accent devra être mis sur l’accélération de la production locale et la substitution aux importations pour que la richesse créée à l’intérieur ne s’évapore pas à l’extérieur.


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