Demande interne : tendance haussière favorisée par le recul de l’inflation

Dans ses deux composantes consommation des ménages et investissement, la demande interne devrait se poursuivre favorisée par le recul de l’inflation, le maintien des transferts des MRE et le lancement de grands chantiers et programmes publics relatifs au plan de reconstruction post-séisme.
Après une stagnation en 2022, la consommation des ménages a progressé de 3,7% en 2023, et sa contribution à la croissance est ressortie ainsi positive de 2,3 points de pourcentage.
Au premier semestre de 2024, ce raffermissement devrait se poursuivre à la faveur du recul de l’inflation, du maintien des transferts MRE à un niveau élevé et de l’amélioration de l’emploi dans les secteurs non agricoles.
S’agissant de la consommation des administrations publiques, les réalisations au titre de l’année 2023 font ressortir une progression de 4,1%, après 3%, portant sa participation à la croissance de 0,6 point de pourcentage à 0,8 point.
Au cours du premier semestre de 2024, elle devrait maintenir sa tendance haussière en liaison, notamment, avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement.
L’investissement s’est redressé pour sa part de 1,5% en 2023 après un repli de 6% un an auparavant, et sa contribution à la croissance est passée de -1,8 point à 0,4 point de pourcentage.
« En termes de perspectives, l’investissement devrait s’accélérer, favorisé par les grands chantiers et programmes publics relatifs au plan de reconstruction post-séisme, aux travaux liés à l’accueil de grands événements sportifs internationaux ainsi que l’opérationnalisation du nouveau programme d’aide directe au logement », apprend-on dans le dernier rapport de la politique monétaire publié par BAM.
« Les indicateurs infra-annuels disponibles à fin avril confirment ce mouvement haussier de l’investissement, comme en témoigne les accroissements de 6,8% des importations de biens d’équipement et de 10,6% des crédits à l’équipement. De même, les ventes de ciments se sont améliorées de 7,3% à fin mai », annonce la même source.
S’agissant des exportations nettes en volume, leur contribution à la croissance est ressortie négative en 2023 de l’ordre de 0,2 point de pourcentage contre une participation positive de 2,8 points, les exportations de biens et services ayant décéléré de 20,5% à 8,8% et les importations de 9,5% à 7,4%.
Au premier semestre 2024, les exportations de biens et services, en volume, devraient s’accroitre à un rythme plus rapide que celui enregistré un an auparavant, favorisé par l’amélioration des expéditions des phosphates et dérivés et du secteur automobile.
En parallèle, la progression des importations devrait s’accélérer, reflétant celle des acquisitions de biens d’équipement, des achats de biens finis de consommation et des approvisionnements en céréales ainsi que des importations d’animaux vivants destinés à l’abattage dans un contexte marqué par une mauvaise campagne agricole.
