Dette souveraine du Maroc : retour à la catégorie « Investment Grade » (S&P)

Le reclassement du Maroc au niveau de la catégorie dite « Investment Grade » lui confère de multiples avantages, facilitant l’accès aux financements internationaux à des conditions plus avantageuses, réduisant le coût de la dette publique, renforçant la confiance des investisseurs et partenaires étrangers, et accroissant l’attractivité du Royaume pour les investissements directs étrangers, contribuant ainsi à soutenir durablement la croissance économique et la stabilité macroéconomique.
Ce vendredi 26 septembre, l’Agence de notation américaine Standard & Poor’s livre son verdict sur la qualité de la signature souveraine du Maroc.
Le rapport tombe à l’instant même mettant en exergue les éléments contributifs à ce reclassement pour ne citer que la résilience de l’économie marocaine à cette succession de crises qui ont frappé fortement au cours des dernières années.
A l’issue de sa mission au Maroc au cours du mois de septembre 2025, S&P a révisé la note souveraine du Royaume du Maroc, en le reclassant de nouveau au niveau de la catégorie « Investment grade », statut que le Royaume avait perdu en 2021 en raison des répercussions de la crise sanitaire. Il s’agit de la deuxième révision, après celle de mars 2024, qui a fait évoluer ses perspectives de stable à positive.
Ce verdict de S&P intervient à point nommé, il vient apprécier une économie qui présente des comptes plus équilibrés tout en demeurant exposée aux aléas extérieurs. Encore faut-il rappeler que les deux révision successives de la note de la dette souveraine du Maroc interviennent dans un contexte contraignant, empreint d’incertitudes, où plusieurs pays, y compris ceux développés, ont vu leur notation souveraine abaissée.
Elles dénotent par ailleurs la résilience de l’économie marocaine et la solidité des fondamentaux macroéconomiques nationaux, fruits des réformes engagées par notre pays, sous la Conduite Eclairée de Sa Majesté le Roi, face à un contexte international marqué par de fortes incertitudes, ainsi que l’engagement continue du Royaume dans le maintien des équilibres budgétaires.
Selon S&P, l’assainissement budgétaire progressif entraînera une légère baisse de la dette publique exprimée en PIB. Les mesures d’augmentation des recettes publiques favoriseront une réduction du déficit budgétaire général vers 3 % du PIB en 2026, malgré les pressions sur les dépenses. Couplé à une solide croissance nominale du PIB, le ratio dette publique nette/PIB devrait passer sous la barre des 60 % en 2028, et les paiements d’intérêts devraient rester contenus à environ 7 % des recettes publiques.
En dépit des soubresauts à l’international, le Maroc poursuit une dynamique économique comme cela se traduit à travers la montée en puissance des métiers mondiaux, notamment l’industrie, les énergies renouvelables, le tourisme et les services numériques.
Cet essor constitue un levier central de l’émergence en générant des emplois qualifiés, en créant de la valeur ajoutée, en diversifiant les exportations et en positionnant le Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.
« L’économie et le secteur agricole marocains sont vulnérables aux chocs climatiques. Les épisodes récurrents de sécheresse ont accru le chômage, tandis que les inégalités régionales et l’économie informelle persistent. Face à cette situation, les autorités mettent en œuvre un vaste plan d’action visant à atténuer la pénurie d’eau. Parallèlement, le gouvernement a adopté des réformes fiscales et des mesures pour attirer les investissements, lancé le système unifié de sécurité sociale et élargi la couverture santé. Nous pensons que ces réformes continueront de soutenir la croissance et la diversification économiques, tout en élargissant l’assiette fiscale et en réduisant le déficit budgétaire », apprend-on dans le rapport de S&P.
Et d’enchaîner: « Nous prévoyons que l’inflation restera contenue et s’établira en moyenne à 2,1 % sur la période 2025-2028. La Banque centrale du Maroc a abaissé son taux d’intérêt de référence de 25 points de base à 2,25 % en mars 2025. Le dirham marocain est rattaché à un panier de devises composé à 60 % d’euros et à 40 % de dollars américains. À notre avis, un ancrage du taux de change limite la flexibilité de la politique monétaire, bien qu’il constitue un ancrage de stabilité ».
En 2020, le Maroc a poursuivi la transition progressive vers un régime de taux de change plus flexible d’ici 2027 en élargissant la marge de fluctuation du dirham à plus ou moins 5,0 %, contre plus ou moins 2,5 % auparavant. S&P considère que la libéralisation progressive du taux de change soutient l’évaluation monétaire globale, car elle sous-tend la compétitivité extérieure du Maroc et sa capacité à résister aux chocs macroéconomiques externes.
Le reclassement du Maroc au niveau de la catégorie dite « Investment Grade » lui confère de multiples avantages, facilitant l’accès aux financements internationaux à des conditions plus avantageuses, réduisant le coût de la dette publique, renforçant la confiance des investisseurs et partenaires étrangers, et accroissant l’attractivité du Royaume pour les investissements directs étrangers, contribuant ainsi à soutenir durablement la croissance économique et la stabilité macroéconomique.
D’autant plus que le Maroc s’apprête à organiser deux mess footballistiques, engageant ainsi des chantiers titanesques un peu partout au Maroc.



