Droits des femmes : l’égalité impérative pour en finir avec le sida à l’horizon 2030

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars 2025, l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS) réaffirme son engagement en faveur des droits des femmes et de la lutte contre les inégalités de genre, facteurs majeurs de vulnérabilité face au VIH.
À cette occasion, l’ALCS, souligne que la violence basée sur le genre reste l’une des pires violations des droits de l’homme. Elle entrave également les efforts visant à mettre fin à l’épidémie du sida en tant que menace pour la santé publique, car la violence conjugale est associée à un risque accru d’infection par le VIH chez les femmes et compromet l’accès au dépistage et au traitement.
Cette année, alors que le débat national sur la réforme de la Moudawana est au cœur des discussions, il est crucial de rappeler que l’égalité juridique et sociale est un levier indispensable pour protéger les femmes et accélérer l’élimination du VIH/sida en tant que problème de santé à l’horizon 2030.
Des inégalités persistantes qui exposent les femmes au VIH
Les inégalités de genre continuent d’être un frein majeur à la riposte contre le VIH. En 2024, les données montrent que les femmes, en particulier les jeunes filles et les femmes en situation de précarité, restent disproportionnellement touchées par l’épidémie. Les violences basées sur le genre, le mariage forcé des jeunes filles et le manque d’accès à des services de santé adaptés sont autant de réalités qui entravent la prévention et la prise en charge du VIH.
Le Président de l’ALCS, Pr Mehdi Karkouri, insiste sur le fait que la violence envers les femmes, qu’elle soit physique, psychologique, économique ou sociale augmente leur vulnérabilité aux infections, notamment les infections sexuellement transmissibles (IST), les hépatites virales et le VIH/sida.
Les réformes de la Moudawana doivent être l’occasion de renforcer les droits des femmes en abolissant les pratiques discriminatoires qui limitent leur autonomie, en garantissant un accès équitable aux soins de santé, dans le respect de leurs droits et de leurs choix.
Le projet de généralisation de la couverture sociale universelle, que l’État met en œuvre selon les principes de solidarité et de contribution des personnes économiquement capables, vise à assurer l’accès aux soins pour tous.
Cependant, les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes dans le besoin et celles souhaitant bénéficier des services de santé en général et des programmes de prévention en particulier, rencontrent des difficultés structurelles importantes pour accéder à cette couverture.
Elles sont souvent sans domicile fixe et n’ont pas d’adresse permanente, ce qui complique leur inscription au registre national de la population et/ou au registre social unifié. D’autres ne peuvent pas s’inscrire car elles ne possèdent pas de pièces d’identité. La majorité d’entre elles refuse de les renouveler par crainte de poursuites judiciaires.
Un appel à des actions concrètes pour un Maroc plus juste
L’élimination du sida en tant que problème de santé d’ici 2030 ne sera possible que si nous agissons sur les déterminants sociaux qui favorisent la propagation des infections sexuellement transmissibles, des hépatites virales et du VIH/sida. Cela passe par :
- La révision des lois discriminatoires et la mise en place d’un cadre juridique protecteur pour les femmes et les filles.
- L’accès universel aux services de prévention et de dépistage, notamment pour les populations les plus vulnérables.
- Le renforcement des campagnes de sensibilisation pour lutter contre la stigmatisation et promouvoir l’égalité des sexes.
- Une action renforcée contre les violences basées sur le genre, incluant une prise en charge adaptée aux besoins des survivantes à ces violences.
L’égalité aujourd’hui pour un futur sans sida
L’ALCS appelle les pouvoirs publics, la société civile et les partenaires nationaux à redoubler d’efforts pour garantir aux femmes marocaines des droits égaux et un accès sans entrave à la couverture sociale universelle et à des services de santé adaptés et de qualité. La fin du sida passe par la fin des inégalités. C’est ensemble, dans un Maroc où chaque femme peut vivre librement et en sécurité, que nous atteindrons cet objectif.

