Flash
Élections législatives 2026 : voici les résultats définitifs (Officiel) Futsal : le Maroc conserve sa 6e place mondiale chez les hommes L’ICESCO lance de nouvelles initiatives pour promouvoir la diplomatie scientifique et l’IA CFC annonce la 2e édition du Casablanca Business Forum Managem : le CA consolidé s’élève à 11, 8 Mds de DH en hausse de 166 % au 1er semestre 2026 Mise à jour du dossier d’information sur les certificats de dépôt du CAM (AMMC) Bank Al-Maghrib : prolongation du prix de la recherche jusqu’au 8 octobre Attijariwafa Bank : un objectif de cours propulsé à 932 DH et un potentiel de +35% (BKGR) LF 2027 : l’illusion du vote, le confort de la continuité Tanger Med place l’humain et la data au cœur de la Supply Chain
Chronique

Élections 2026 : analyse préliminaire des résultats provisoires

femmes souvraineté numérique cirdi emmerson torture Khalid cherkaoui semmouni dgsn égalité des sexes amazighe maroc asie asean femme maroc france migration maroc union agfricaine élections
Les résultats provisoires des élections législatives du 23 septembre dessinent une nouvelle configuration de la Chambre des représentants. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, devant le RNI avec 66 sièges et l’Istiqlal avec 65 sièges. Le PJD effectue, pour sa part, un retour significatif avec 54 sièges. Ces résultats doivent toutefois être analysés à la lumière d’un élément majeur : le niveau de participation électorale, qui se situe autour de 38 %.
Une participation en recul qui appelle une lecture nuancée
Le taux de participation de 38,02 % constitue l’un des principaux éléments à prendre en considération dans l’analyse du scrutin. Il traduit une mobilisation électorale sensiblement inférieure à celle enregistrée en 2021, lorsque la participation aux élections législatives avait dépassé les 50 %.
Il convient cependant d’éviter de tirer de ce chiffre une conclusion politique unique. Une participation plus faible peut s’expliquer par plusieurs facteurs : le niveau de mobilisation des partis, la perception des enjeux du scrutin, le degré de confiance des citoyens dans l’offre politique ou encore la capacité des formations politiques à convaincre les électeurs de participer.
Ce qui est certain, c’est que les résultats doivent être interprétés à la lumière de cette participation. Les rapports de force qui se dessinent au sein de la nouvelle Chambre traduisent d’abord le choix des citoyens qui se sont effectivement rendus aux urnes, et non celui de l’ensemble du corps électoral.
La mobilisation électorale constitue ainsi un enjeu politique important pour les formations représentées au Parlement au cours de la prochaine législature.
Une nouvelle hiérarchie politique au sein de la Chambre
Les résultats provisoires font apparaître une nouvelle hiérarchie entre les principales formations politiques.
Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, devant le RNI, qui en obtient 66, et l’Istiqlal, avec 65 sièges. Le fait nouveau réside notamment dans le passage du PAM devant le RNI, alors que celui-ci était arrivé en première position lors des élections de 2021.
Parallèlement, le PJD réalise un retour important avec 54 sièges, contre 13 en 2021. Il retrouve ainsi une représentation parlementaire significative et une capacité accrue à peser dans les débats de la prochaine législature.
La caractéristique principale de cette nouvelle Chambre est donc une évolution des rapports de force sans remise en cause, sur le plan arithmétique, de la possibilité de constituer une majorité autour des trois principales composantes de la coalition gouvernementale sortante.
En effet, le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent ensemble de 228 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, soit 30 sièges de plus que le seuil de 198 nécessaire pour atteindre la majorité absolue.
La nouvelle configuration parlementaire peut ainsi être caractérisée par une continuité possible de la majorité, mais avec un rapport de force interne profondément modifié et une position désormais prépondérante du PAM.
Quels critères pour la formation de la prochaine majorité ?
Trois éléments devraient être particulièrement importants dans les discussions entre les formations politiques : le poids électoral, les convergences politiques et programmatiques, et la capacité à construire une majorité parlementaire stable.
Le poids électoral constitue naturellement un facteur central. L’arrivée du PAM en première position, avec 97 sièges, lui confère une position importante dans les discussions relatives à la formation du prochain gouvernement.
Mais une coalition gouvernementale ne se construit pas uniquement sur le classement électoral. Elle suppose également la capacité des partis à parvenir à un accord politique et programmatique sur les grandes priorités de l’action gouvernementale.
Enfin, la dimension arithmétique demeure déterminante. Toute majorité gouvernementale doit pouvoir s’appuyer sur une assise parlementaire suffisante et durable.
À cet égard, la configuration issue du scrutin présente une donnée particulièrement significative : le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent déjà, à eux trois, de 228 sièges.
La prochaine majorité pourrait donc être déterminée par la combinaison de trois facteurs : le poids obtenu dans les urnes, la capacité à trouver des convergences politiques et programmatiques et l’aptitude à construire une majorité parlementaire stable.
Un nouveau rapport de force au sein de la majorité potentielle
La nouvelle configuration de la Chambre pourrait avoir une influence importante sur les négociations entre les partis, notamment parce qu’elle modifie le rapport de force à l’intérieur même de la majorité potentielle.
En 2021, le RNI était arrivé en tête avec 102 sièges, devant le PAM et l’Istiqlal. Les trois formations avaient ensuite constitué la majorité gouvernementale. En 2026, le PAM arrive en première position avec 97 sièges, tandis que le RNI obtient 66 sièges et l’Istiqlal 65.
Si ces trois formations devaient reconduire leur alliance, les équilibres internes seraient donc sensiblement différents de ceux de 2021.
Le PAM disposerait de la première représentation parlementaire. Le RNI demeurerait toutefois un acteur majeur, tandis que l’Istiqlal conserverait un poids important dans la constitution d’une majorité à trois.
Le retour du PJD constitue également une donnée nouvelle. Avec 54 sièges, contre 13 lors de la précédente législature, il disposera d’un poids parlementaire nettement supérieur à celui dont il disposait depuis les élections de 2021. Sa position dans l’opposition, si elle se confirmait, lui donnerait également une capacité accrue à intervenir dans le débat parlementaire.
Au fond, les négociations ne porteront donc pas seulement sur la possibilité mathématique de constituer une majorité. Elles concerneront également l’organisation de cette majorité, la répartition des responsabilités gouvernementales et parlementaires ainsi que les priorités politiques et programmatiques du prochain gouvernement.
Une équation parlementaire qui change sans être totalement bouleversée
En définitive, le scrutin du 23 septembre produit une situation politique particulière : les équilibres électoraux évoluent sensiblement, alors que l’équation parlementaire demeure, sur le plan arithmétique, relativement ouverte.
Le PAM devient la première force de la Chambre, le RNI recule mais conserve une représentation importante, l’Istiqlal maintient une position déterminante et le PJD effectue un retour significatif.
La principale question des prochains jours ne sera donc pas seulement de déterminer quelles combinaisons sont mathématiquement possibles. Elle sera surtout de savoir comment les rapports de force issus des urnes pourront être transformés en une majorité politique cohérente, capable de s’accorder sur un programme gouvernemental et de garantir une stabilité parlementaire.
Les résultats du 23 septembre ouvrent ainsi une nouvelle séquence politique, dans laquelle la recomposition des rapports de force au sein de la Chambre devra être mise en perspective avec les exigences de formation d’une majorité et avec les attentes exprimées par les électeurs.
Écrit par Khalid Cherkaoui Semmouni,

Professeur de droit constitutionnel
Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!