Émergences 2026 : Casablanca confirme son rôle de tremplin pour la nouvelle scène artistique africaine

Plus qu’une exposition, c’est un véritable révélateur de talents. Du 4 novembre au 17 décembre 2026, la Villa des Arts de Casablanca accueillera la troisième édition du Salon Émergences, un rendez-vous qui s’impose progressivement comme l’une des principales vitrines dédiées aux artistes émergents au Maroc et sur le continent africain.
Organisé par BASMA avec le soutien de la Fondation AL MADA, l’événement réunira cette année 51 artistes et entend renforcer sa mission : détecter, accompagner et exposer les créateurs qui façonneront l’art contemporain de demain.
Au-delà des chiffres, cette édition marque une montée en puissance du programme. Sur 120 candidatures reçues en arabe, en français et en anglais, 44 artistes ont été retenus à l’issue d’un processus de sélection anonyme. À ceux-ci s’ajoutent les quatre résidents du programme panafricain ToCasa ainsi que les trois lauréats du Prix Al Mada Émergence 2025, portant à 51 le nombre total d’artistes présentés au public.
Une scène plus féminine, plus jeune et plus diversifiée
Le cru 2026 reflète une évolution notable de la scène émergente marocaine. La part des femmes progresse fortement pour atteindre 46,5 % des exposants, contre 36,8 % l’année précédente. Plus significatif encore, l’essentiel de cette progression provient d’artistes issus de villes jusqu’ici peu représentées dans les grands rendez-vous culturels nationaux.
Longtemps dominée par Casablanca et Rabat, la cartographie artistique présentée par Émergences s’élargit désormais à l’ensemble du territoire. Près de la moitié des artistes sélectionnés vivent hors des deux principales métropoles du Royaume, tandis que plus de 60 % ont moins de trente ans. Un signal fort pour un secteur souvent critiqué pour sa concentration géographique et son accès limité à la visibilité professionnelle.
Un écosystème qui dépasse le cadre de l’exposition
Le Salon Émergences ne se limite plus à l’accrochage d’œuvres. Au fil des éditions, il est devenu la vitrine d’un écosystème complet mêlant accompagnement, mentorat, résidences, rencontres professionnelles et mise en réseau avec les acteurs du marché de l’art.
Le Prix Al Mada Émergence, lancé en 2025, constitue désormais l’un des principaux leviers de reconnaissance du programme. Chaque année, trois artistes sont distingués par un jury composé de professionnels du secteur. Pour les lauréats, la récompense ne s’arrête pas à une distinction symbolique : elle ouvre la voie à une exposition collective à Rabat dans le cadre du cycle « Trilogy ».
Une ouverture assumée vers l’Afrique
L’ambition continentale du projet se confirme également avec ToCasa, résidence panafricaine qui accueille cette année quatre artistes venus d’Éthiopie, du Ghana, de Côte d’Ivoire et du Nigeria. Sélectionnés parmi 80 candidatures africaines, ils bénéficieront d’un mois de création à Casablanca avant de présenter leurs travaux au public dans le cadre du Salon.
Cette ouverture illustre une stratégie claire : positionner Casablanca comme un point de rencontre entre les nouvelles scènes artistiques africaines et les réseaux internationaux de l’art contemporain.
Le pari de l’après-Ilyass Alami Afilal
L’édition 2026 revêt également une dimension particulière. Elle est la première organisée après le décès, en janvier 2026, du fondateur de BASMA, Ilyass Alami Afilal. Depuis, l’association poursuit son développement sous la présidence de Sanaë Alami Afilal.
Créée en 2020, BASMA affirme avoir accompagné près de 250 jeunes artistes à travers des programmes de formation, de coaching, de résidences et d’expositions. Cinq ans après sa création, la structure entend désormais franchir une nouvelle étape en consolidant son ancrage africain et son rôle de passerelle entre émergence artistique et professionnalisation.

