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Economie

Emploi : un chantier stratégique au cœur de la justice sociale

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Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a affirmé, lundi à Rabat, que le Forum parlementaire international sur la justice sociale est devenu une étape annuelle incontournable pour évaluer l’état d’avancement des chantiers structurants.

“Ce forum constitue désormais une étape annuelle au cours de laquelle nous renouvelons le diagnostic et le débat sur les situations, évaluons l’avancement des grands chantiers structurants et anticipons les perspectives de la prochaine étape avec un esprit prospectif et une ambition politique élevée, visant à faire de la justice sociale non pas un simple slogan, mais un choix stratégique, un contrat d’action et de résultats concrets mesurables dans la vie des citoyens”, a dit le ministre lors de la première séance thématique organisée dans le cadre de la 10ème édition du Forum parlementaire international sur la justice sociale.

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Placée sous le thème “La justice sociale dans le contexte des transformations mondiales”, cette séance thématique a été l’occasion pour M. Sekkouri de souligner que le ministère, conformément au programme gouvernemental et en application des Hautes Instructions Royales, a œuvré, à travers ses programmes et plans, et en partenariat avec les partenaires sociaux, à la mise en œuvre du chantier de la justice sociale dans les domaines de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’inclusion économique des petites entreprises, via plusieurs mesures concrètes.

Ces mesures, a-t-il précisé, ont porté sur le développement des compétences, le renforcement du respect et de l’application de la loi, l’amélioration de l’intermédiation et de l’accès aux opportunités d’emploi, l’élargissement de la protection sociale, la réduction des disparités territoriales, l’ancrage de la bonne gouvernance et la responsabilisation, ainsi que l’évolution du cadre législatif au service des objectifs fixés.

Dans le même sillage, le ministre a insisté sur le fait que la mise en œuvre du chantier de la justice sociale dans le secteur de l’emploi constitue “un choix stratégique et un enjeu décisif”, tributaire de la capacité à développer une gouvernance claire du dossier de l’emploi, une coordination interministérielle structurée, un dialogue social institutionnalisé et durablement productif, ainsi qu’un système intégré de compétences englobant la formation, les Cités des métiers et des compétences (CMC), la formation privée et la formation continue, selon une nouvelle gouvernance.

D’après lui, la réussite de ce chantier stratégique passe également par le développement de politiques économiques incitatives conditionnées à la création d’emplois de qualité, l’amélioration de l’intermédiation au profit des catégories les plus vulnérables et l’application rigoureuse du Code du travail, dans un équilibre entre sensibilisation, incitation et contrôle.

De son côté, le vice-président de la Chambre des conseillers, Lahcen Haddad, a affirmé que la justice sociale, à l’ère des transformations mondiales, n’est plus un simple slogan éthique, mais une condition de résilience, un moteur de stabilité et un pilier d’une gouvernance crédible.

“Les sociétés qui réussiront dans la prochaine décennie ne sont pas nécessairement celles qui croissent le plus vite, mais celles qui gèrent le changement avec équité”, a-t-il noté, ajoutant que “dans un monde d’instabilité permanente, la justice n’est plus un choix moral, mais un choix stratégique”.

En outre, Haddad a appelé à intégrer en amont la justice sociale dans les politiques économiques, climatiques et technologiques, ainsi qu’à promouvoir une protection sociale intelligente, plus efficace que les mécanismes de soutien généralisé, mettant en avant le rôle des parlements, des gouvernements et des partenaires multisectoriels dans la construction de réformes dotées d’une légitimité sociale.

Pour sa part, le directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir, a indiqué que l’organisation de ce forum intervient dans un contexte international marqué par l’accélération des transformations et l’intensification des défis transfrontaliers, dans un environnement d’épisodes successifs de crises économiques, sanitaires et climatiques, ainsi que de mutations technologiques profondes ayant accentué les formes de vulnérabilité et élargi les inégalités sociales et territoriales dans de nombreuses régions du monde.

“La justice sociale est une responsabilité collective. L’État, malgré son rôle central et stratégique, ne peut agir seul, mais dans le cadre d’une synergie entre les institutions publiques, les investisseurs institutionnels, le secteur privé et la société civile”, a-t-il dit.

Safir a fait savoir que la CDG traite la justice sociale comme une responsabilité d’investissement public au service du présent et de l’avenir.

Quant à Ilaria Carnevali, représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Maroc, elle a relevé que la 10ème édition du Forum parlementaire international sur la justice sociale revêt une importance particulière du fait de sa tenue quelques jours avant la célébration de la Journée mondiale de la justice sociale (20 février) et de son message rappelant que les transformations économiques, climatiques et numériques en cours ne réussiront que si elles sont justes, inclusives et porteuses d’opportunités pour tous.

Elle a salué les progrès réalisés par le Maroc en matière de développement humain et de justice sociale, comme l’indiquent les dernières données du rapport mondial sur le développement humain, soulignant que le Royaume a rejoint pour la première fois la catégorie des pays à développement humain élevé, avec un indice de 0,710, en plus d’avancées notables dans l’éducation et la santé.

En outre, Mme Carnevali a rappelé que le programme de coopération Maroc-PNUD pour la période 2023-2027 repose sur trois priorités, à savoir “la transformation économique inclusive et durable”, “l’inclusion et la protection sociale” et “la résilience et le développement territorial”, précisant qu’il s’agit de dimensions complémentaires d’une même ambition de réforme.

La 10ème édition du Forum parlementaire international sur la justice sociale est placée sous le thème “La justice sociale dans un monde en mutation : la nécessité de politiques équitables pour des sociétés plus résilientes”.

Les travaux se déclinent en trois sessions portant respectivement sur “La justice sociale dans le contexte des transformations mondiales”, “Équité et protection sociale : des politiques inclusives pour des sociétés résilientes” et “La gouvernance parlementaire de la justice sociale : législation, contrôle et évaluation de l’impact”.

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