Avec un taux de chômage de 13 % et des indicateurs du marché du travail en berne, la problématique de la promotion de l’emploi a été au cœur de la séance plénière de la 1e chambre durant laquelle le chef du gouvernement a dû répondre aux préoccupations des députés.
« Nous n’avons ménagé aucun effort pour répondre aux besoins du marché du travail et élever le niveau de vie des familles marocaines, de manière à les rendre capables de répondre aux exigences de la vie et de surmonter ses défis », c’est en ces termes que s’est adressé le chef du gouvernement Aziz Akhennouch, lors de la séance plénière qui sera consacrée aux questions de politique générale.
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Défendant le bilan à mi-mandat en termes relance de l’emploi dans notre pays, Aziz Akhannouch a souligné que les efforts consentis ont contribué temporairement à atténuer les crises du Covid et de la sécheresse.
Il avance le chiffre de 620.000 emplois créés et la résorption des taux de chômage résultant de la crise du Covid-19 et des défis conjoncturels complexes qui ont suivi.
Il souligne néanmoins une baisse dans le domaine de l’emploi agricole, et des pertes de postes d’emploi liées aux conditions de l’activité agricole dans le monde rural, dues à la combinaison de nombreux facteurs climatiques et naturels difficiles.
Pour y remédier, le chef du gouvernement estime que les différentes stratégies nationales adoptées depuis le début de la législature relanceront sans doute, dans les années à venir, l’orientation du gouvernement vers la facilitation des conditions d’inclusion économique des groupes en recherche d’emploi, afin qu’ils puissent bénéficier du niveau de vie décent le plus élevé possible.
Par ailleurs, il s’est félicité de la poursuite de la mise en œuvre du programme des Cités de métiers et de compétences à fort potentiel d’emploi, puisque l’année 2023 a vu l’ouverture de 4 nouvelles cités de métiers et de compétences, qui offriront 100 antennes dans 13 pôles professionnels, avec un capacité d’accueil estimée à 12.780 places pédagogiques. Avec l’engagement d’ouvrir 3 nouvelles villes de métiers et de compétences lors de la saison académique 2023-2024, et d’achever les travaux dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.
« Il s’agit de la même tendance positive qui a caractérisé le travail du gouvernement en ce qui concerne les dynamiques sectorielles prometteuses de notre pays, notamment les succès obtenus dans les domaines du tourisme, de l’industrie, de l’industrie traditionnelle et de l’agriculture », poursuit A. Akhannouch..
Des secteurs qui ont démontré un apport en matière de création d’emplois. Ainsi, les activités non agricoles ont pu créer des opportunités nettes d’emploi s’élevant à 116.000 emplois, en moyenne annuelle au cours des années 2022 et 2023, ce qui est un taux supérieur à la moyenne des emplois nets créés 2010-2015, qui n’ont pas dépassé les 58.000 emplois, alors qu’elles se sont stabilisées à 66.000 entre les années 2016-2021, défend Akhannouch.
« C’est sans oublier les efforts continus du gouvernement pour mettre en œuvre les piliers de Stratégie génération green, qui visent à donner la priorité à l’élément humain, à valoriser la production agricole et à accroître sa compétitivité. D’autant que le secteur agricole ouvre la voie à des voies prometteuses d’investissement et de partenariat entre les secteurs public et privé », argue-t-il.
Il avance également l’ouverture continue aux aspirations des jeunes porteurs de projets et d’idées entrepreneuriales, à travers la création et l’activation de 12 centres régionaux de jeunes entrepreneurs du secteur de l’agriculture et des industries alimentaires.
« Les chiffres enregistrés au cours du premier trimestre de l’année en cours renforceront notre ambition de faire du secteur de l’emploi une priorité absolue pour le reste du mandat de ce gouvernement », promet-il..
En termes de chiffres, le premier trimestre de 2024 a été marqué par une reprise de la capacité opérationnelle de tous les secteurs productifs, puisque plus de 63.000 emplois ont été créés dans le secteur des services et environ 34.000 nouveaux emplois ont été enregistrés dans le secteur industriel, y compris l’industrie traditionnelle, en plus des indicateurs confirmant le retour de la reprise dans le secteur agricole, en termes de création d’emplois.
Cela dit, les députés de l’opposition estiment que les emplois créés dans le cadre de certains programmes comme Forsa ou Awrach présentent un haut niveau de vulnérabilité. De même qu’ils estiment que le gouvernement n’a pas réussi à créer cette corrélation entre investissements et création d’emplois.
Dans ce sens, le député PJD Abdellah Bouanou estime que l’épineuse problématique de l’emploi exige un effort sérieux vu la complexité de la question, appelant à une concertation élargie pour y remédier et la tenue d’Assises de l’investissement également.
En réponse aux questions des députés, le chef du gouvernement a reconnu que la question de l’emploi est épineuse, puisqu’elle est est le cumul de plusieurs années d’inéquation entre offres et demandes du marché du travail, tout en assurant que si le gouvernement n’a pas de baguette magique, prend à coeur cette question et continuera à y travailler pour le reste du mandat et bien au-delà.






