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đŸŽ„ Épargne nationale : contre vents et marĂ©es

épargne nationale asfim

Ecrit par Imane Bouhrara I

Mobiliser l’épargne nationale en faveur du financement et dĂ©veloppement de l’économie est plus que jamais d d’actualitĂ© au Maroc le Pays Ă©tant engagĂ© dans de grands chantiers structurants. Mais, cette volontĂ© de canaliser davantage l’épargne nationale se heurte Ă  plusieurs freins en limitent le plein potentiel.

Dans ce sens, la tenue de la ConfĂ©rence ASFIM 2024 a constituĂ© une vĂ©ritable plateforme d’échange pour les principaux décideurs, experts nationaux et internationaux, et les innovateurs du secteur financier marocain afin d’examiner les tendances actuelles, les défis à relever et les opportunités émergentes, dans un climat de partage et de collaboration.

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D’emblĂ©e, le prĂ©sident de l’ASFIM, RĂ©da Hilali, a dressĂ© le tableau des performances de la gestion collective qui atteint un record absolu en terme d’épargne canalisĂ©e grĂące Ă  une progression de prĂšs de 130 Mds de DH sur les 18 derniers mois, avec un encours global sous gestion de 660 Mds de DH soit prĂšs de la moitiĂ© des dĂ©pĂŽts bancaires et 45% du PIB national.

Pour le prĂ©sident de l’ASFIM, cette progression tĂ©moigne de la confiance des investisseurs dans cette industrie et ses professionnels, illustrant son propos par la progression de 76 Mds de DH des placements des investisseurs institutionnels en OPCVM durant les 18 derniers mois. Ceux des entreprises ont Ă©voluĂ© de 27 Mds de DH et ceux de mĂ©nages marocains de prĂšs de 10 Mds de DH.

« Notre industrie continue de s’illustrer par la forte liquiditĂ© des fonds gĂ©rĂ©s avec un cumul d’opĂ©rations traitĂ©es de prĂšs de 2.000 Mds de DH sur l’annĂ©e 2024, entre souscription et rachat. Un quart de ces opĂ©rations ont concernĂ© des catĂ©gories d’actifs Ă  horizon long terme ce qui reprĂ©sente un taux de rotation de 100 %. S’agissant de l’horizon d’investissement, 80 % des encours collectĂ©s sont orientĂ©s vers des supports long terme. Cette Ă©pargne a notamment participĂ© au financement de notre Ă©conomie de maniĂšre significative. En effet, sur les 18 derniers mois, les OPCVM ont augmentĂ© leur financement direct du TrĂ©sor de 60 Mds de DH et dĂ©tiennent dĂ©sormais plus de 310 Mds de DH en titrĂ©s Ă©mis ou garantis par l’État », annonce RĂ©da El Hilali.

Par ailleurs, le secteur privĂ© a Ă©galement fait l’objet d’investissements importants puisque les encours placĂ©s par les OPCVM en dette privĂ©e ont augmentĂ© de 36 Mds de DH pour se situer Ă  190 Mds de DH.

Quels leviers pour amĂ©liorer le taux d’épargne financiĂšre ?

La ConfĂ©rence Asfim 2024 a Ă©tĂ© une nouvelle occasion de rappeler que le taux d’épargne nationale qui mesure la partie du revenu disponible brut non-consommĂ© par les mĂ©nages, se situe aux alentours de 12 % du PIB. Ce qui dĂ©note d’un grand potentiel Ă  mobiliser mais sans omettre les freins Ă©rigĂ©s vers une plus forte mobilisation de l’épargne. Qu’ils soient de nature conjoncturels ou structurels.

D’oĂč l’importance de la ConfĂ©rence ASFIM 2024 qui permet aux diffĂ©rents experts de contribuer Ă  brosser le tableau de l’épargne nationale particuliĂšrement financiĂšre.

Dans ce sens, Mounya Dinar, Directrice du PĂŽle MarchĂ©s des Capitaux, Finances et ContrĂŽle de Gestion Ă  Al Barid Bank, a rappelĂ© que le taux d’épargne a enregistrĂ© une moyenne de progression annuelle de l’ordre de 6% et une multiplication par deux de l’épargne au Maroc sur les dix derniĂšres annĂ©es au Maroc.

Mais cette Ă©volution positive ne doit pas occulter que cette constitution est tirĂ©e par l’assurance qui a progressĂ© de 11% sur cette pĂ©riode, alors que les comptes sur carnet ont rĂ©gressĂ©, par exemple.

Qu’est-ce qui freine donc une meilleure collecte de l’épargne Ă  mĂȘme d’amĂ©liorer le taux d’épargne ?

M. Dinar a listĂ© certains facteurs, tout en insistant qu’il ne s’agisse pas d’une liste exhaustive, qui concerne Ă  la fois des facteurs conjoncturels tels que le rĂ©cent cycle d’inflation qui s’est rĂ©percutĂ© de plein fouet sur le coĂ»t de la vie, ce qui est de nature rĂ©duire la capacitĂ© des mĂ©nages Ă  mobiliser l’épargne. Et plus globalement, la capacitĂ© financiĂšre limitĂ©e des mĂ©nages dans certaines catĂ©gories sociales dont les revenus sont prĂ©caires ou irrĂ©guliers en lien Ă©galement avec les conditions d’emploi sur le marchĂ© du travail.

Sur le plan structurel, l’économie Ă©tant largement dominĂ©e par l’informel et marquĂ©e par une forte circulation du cash, pis en progression mĂȘme de 11%, en dehors des circuits bancaires et donc non canalisĂ© vers les produits d’épargne formels. L’autre facteur citĂ© par Mounya Dinar est l’accĂšs limitĂ© aux produits d’épargne, induit par l’accĂšs limitĂ© aux services bancaires.

Bien Ă©videmment, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas des leviers Ă  actionner pour amĂ©liorer la collecte de l’épargne, puisque ces verrous citĂ©s une fois sautĂ©s peuvent libĂ©rer le potentiel de l’épargne, du moins sur le volet de l’amĂ©liorer de l’éducation financiĂšre et de l’élargissement de l’accĂšs aux produits financiers.

D’ailleurs le conclave de l’ASFIM Ă©tait l’occasion de voir comment d’autres pays ont rĂ©ussi Ă  mieux collecter l’épargne et la canaliser vers le financement de l’économie. Le cas du Canada qui a introduit des comptes d’épargne libres d’impĂŽt, le cas du Chili qui a rĂ©formĂ© le systĂšme de pension pour accroĂźtre l’épargne privĂ©e avec Ă  la clĂ© des rĂ©formes fiscales ou encore l’Inde qui a opĂ©rĂ© des rĂ©formes fiscales, libĂ©ralisĂ© l’économie et mobilisĂ© la diaspora
 autant de pays passĂ©s au crible par Mohammed Mraoua, National Leader Capital Markets and Quantitative Advisory Services – EY Montreal.

La ministre de l’Économie et des Finances, qui a clĂŽturĂ© les travaux de cette Ă©dition de la ConfĂ©rence de l’ASFIM, a soulignĂ© que lĂ©gifĂ©rer est important, en rappelant l’éminence de l’adoption des amendements de la loi sur les OPCVM ou la fiscalitĂ© qu’elle juge compĂ©titive.

Les solutions sont ailleurs, notamment le problĂšme de l’informel et du cash, un argent qui cherche des opportunitĂ©s qu’il faut capter.

Elle a Ă©galement insistĂ© sur le digital comme levier ainsi que l’inclusion financiĂšre.

Pour canaliser l’épargne vers l’économie rĂ©elle, elle a interpellĂ© les professionnels sur l’importance de marketer les diffĂ©rents chantiers menĂ©s par le Maroc comme autant de portefeuilles intĂ©ressants aussi bien pour les investisseurs institutionnels que particuliers, avec des profils de risques diversifiĂ©s. Et pourquoi pas Ă©laborer des compartiments dĂ©risquĂ©s pour les particuliers ou d’autres avec des rendements Ă©levĂ©s pour susciter l’intĂ©ressant, un appel du pied pour dĂ©velopper et diversifier l’offre sur le marchĂ©.


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