Soutenabilité des finances publiques : l’Etat appelé à jouer aux équilibristes

Ecrit par S. Es-Siari I
La préservation de la soutenabilité à moyen-long terme des finances publiques imposera forcément la recherche d’un meilleur équilibre entre les recettes et les dépenses pour assouplir la contrainte de financement. Aussi, de par leur multiplicité mais aussi leur envergure, les programmes prévus dans le cadre du budget prévisionnel nécessiteront la mobilisation d’importantes ressources pour leur mise en œuvre.
La poursuite des grands chantiers d’infrastructures économiques et sociales, le renforcement des stratégies sectorielles et la refonte de la politique actionnariale de l’Etat constituent autant d’initiatives qui visent la redynamisation des investissements dans le secteur public.
S’agissant du secteur privé, l’essentiel des actions envisagées porte sur la mise en place d’un environnement économique, financier et institutionnel stable, plus attractif et offrant plus de visibilité à l’entreprise. L’engagement du processus du dialogue social prévu dans le cadre de la programmation budgétaire s’inscrit également dans cette optique visant l’amélioration du climat des affaires à travers l’instauration de relations de travail plus sereines entre partenaires sociaux.
Les dernières décisions prises dans ce cadre, concernant aussi bien la revalorisation du SMIG que la hausse des salaires des personnels de l’Etat, constituent autant d’initiatives qui participent de cette volonté d’assainir le climat social, l’amélioration des revenus et le soutien au pouvoir d’achat des travailleurs.
De par leur multiplicité mais aussi leur envergure, les programmes prévus dans le cadre du budget prévisionnel nécessiteront la mobilisation d’importantes ressources pour leur mise en œuvre.
Dans le but de préserver la soutenabilité à moyen-long terme des finances publiques, le plafonnement du déficit budgétaire à 4 % du PIB, pour un taux de croissance prévisionnel ne dépassant guère 3 %, imposera forceèment la recherche d’un meilleur équilibre entre les recettes et les dépenses pour assouplir la contrainte de financement.
L’analyse des principaux agrégats du budget prévisionnel et de son rythme d’exécution depuis le début de l’exercice permet de prendre toute la mesure des limites qu’imposent les conditions de financement pour une meilleure appréciation du degré de compatibilité entre les ressources prévues et les objectifs visés.
Globalement, le montant des charges prévues au titre de l’exercice budgétaire 2024, y compris les budgets annexes et les comptes spéciaux, s’élèverait à 638 Mds de DH, en hausse de 6,3 % par rapport à l’exercice précédent.
Avec un total de ressources devant atteindre 575 Mds de DH, les besoins résiduels de financement prévus au terme de l’exercice s’élèveraient à 63,7 Mds de DH. L’accroissement notable des charges devra cependant recouvrir des progressions nettement différenciées entre les principales rubriques de dépenses. Alors que les dotations budgétaires allouées aux dépenses de personnel augmenteraient de 3,7 %, celles relatives au matériel et aux dépenses diverses évolueraient à un rythme nettement plus soutenu, avec une hausse pouvant atteindre 9,7%.
Mais l’indicateur de dépense le plus significatif pour la programmation budgétaire et ses orientations en matière de politique économique demeure celui relatif aux dotations réservées à l’investissement.
Les crédits de paiements réservés dans le budget aux dépenses d’investissement s’élèvent à 118 Mds de DH, en accroissement de 11,4 % par rapport à l’exercice précédent.
Ce renforcement des dépenses en capital dans le budget général porte l’effort d’investissement de l’Etat à 7,7 % du PIB, gagnant ainsi près de 0,4 point par rapport à l’exercice précédent.
La prise en compte de la contribution des collectivités locales, des établissements et entreprises publics ainsi que des autres démembrements de l’Etat, donne toute la mesure du poids que représente le secteur public dans sa globalité dans la dynamique économique et confirme l’importance du rôle assigné à la politique budgétaire visant la sortie du cycle actuel de stagflation.
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