Fruits rouges, agrumes, olivier : le trio gagnant de l’économie agricole en 2026

Après plusieurs campagnes éprouvantes subies sous le joug d’un stress hydrique sévère et d’une instabilité climatique chronique, le secteur agricole marocain amorce un virage décisif pour la saison 2025/2026. Portée par des précipitations automnales et hivernales particulièrement généreuses, la campagne actuelle marque le retour au vert des principaux indicateurs de production du Royaume.
Si ce renouveau profite à l’ensemble du monde rural, et notamment aux cultures céréalières, trois filières à haute valeur ajoutée cristallisent aujourd’hui la performance économique et le rayonnement commercial du pays : les fruits rouges, les agrumes et l’olivier. À la fois moteurs d’exportation et piliers de la souveraineté alimentaire nationale, ces secteurs illustrent la résilience des producteurs face aux défis du coût des intrants et de la gestion de l’eau.
Les précipitations enregistrées durant l’automne et l’hiver ont permis une nette amélioration des réserves hydriques et des perspectives de production dans plusieurs filières stratégiques. Si les céréales enregistrent également un fort rebond, trois productions se distinguent particulièrement cette année par leur dynamisme économique, leurs performances commerciales et leur capacité à créer de la valeur : les fruits rouges et principalement la myrtille, les agrumes et l’olivier.
La filière des fruits rouges confirme une nouvelle fois son statut de locomotive des exportations agricoles marocaines. Malgré certaines difficultés observées localement sur les rendements et la pression croissante des coûts de production, le secteur continue de bénéficier d’une forte demande européenne. Les producteurs marocains ont consolidé leur position sur les marchés de la myrtille, de la framboise et de la fraise grâce à une maîtrise technique reconnue et à des calendriers de production particulièrement compétitifs. La filière demeure aujourd’hui l’une des plus rentables de l’agriculture nationale, notamment dans les régions du Loukkos, du Gharb et de Souss-Massa.
Les agrumes signent également leur grand retour. Selon les estimations du ministère de l’Agriculture, la production nationale devrait atteindre près de 1,9 million de tonnes au cours de la campagne 2025/2026, soit une progression d’environ 25 % par rapport à la saison précédente. Cette reprise s’explique par l’amélioration des conditions climatiques mais aussi par les efforts réalisés ces dernières années en matière de modernisation des vergers et d’optimisation de l’irrigation. Les exportations poursuivent parallèlement leur redressement, notamment sur les segments des clémentines, mandarines et citrons.
L’olivier apparaît toutefois comme le véritable symbole du rebond agricole marocain. Après plusieurs années compliquées pour les producteurs, les prévisions officielles annoncent une récolte record avoisinant les 2 millions de tonnes d’olives, soit une hausse de plus de 100 % par rapport à la campagne précédente. Cette progression spectaculaire est portée par les bonnes conditions pluviométriques mais également par l’entrée en production de nombreux vergers intensifs et super-intensifs implantés au cours des dernières années. Les professionnels du secteur espèrent ainsi retrouver des niveaux de production susceptibles de détendre le marché de l’huile d’olive et de renforcer les capacités exportatrices du Royaume.
Au-delà des performances individuelles de ces trois filières, la campagne 2025/2026 marque surtout le retour de la confiance dans le secteur agricole marocain. Les perspectives favorables observées dans les productions arboricoles confirment la résilience du modèle agricole national et soulignent l’importance des investissements réalisés dans l’irrigation, la valorisation des filières et l’adaptation aux changements climatiques. Pour les producteurs comme pour les exportateurs, cette campagne pourrait constituer un véritable tournant après plusieurs années dominées par la sécheresse. (Avec AgriMaroc)


