Guerre des puces et des terres rares : la Chine frappe les États-Unis au portefeuille

La Chine a annoncé lundi l’inscription de dix entreprises américaines sur sa liste de contrôle des exportations et l’exclusion de 46 autres des marchés publics chinois, en riposte à l’élargissement récent par le Pentagone de sa liste noire des « sociétés liées à l’armée chinoise ».
Les dix sociétés inscrites sur la liste de contrôle des exportations sont Aveox, Red Cat Holdings, Teal Drones, IMSAR, Jaia Robotics, Ball Aerospace & Technologies, Oshkosh Defence, L3Harris Maritime Services, MP Materials et USA Rare Earth, ces deux dernières étant spécialisées dans les terres rares.
Tout exportateur est désormais interdit de livrer des biens à double usage (civil et militaire) à ces dix entreprises. Cette interdiction s’applique à toute organisation ou individu, quelle que soit sa nationalité, souhaitant leur transférer des produits d’origine chinoise.
Le ministère du Commerce a indiqué que ces décisions avaient été prises en réponse aux « actions malveillantes du gouvernement américain », ordonnant l’arrêt immédiat de toute exportation en cours relevant de ces dispositions.
Par ailleurs, le ministère des Finances a annoncé l’exclusion immédiate de 46 groupes américains des marchés publics chinois. Figurent sur cette liste Lockheed Martin, Raytheon Missiles & Defence, Boeing Defence Space & Security, General Dynamics Land Systems, General Atomics Aeronautical Systems et la coentreprise Javelin Joint Venture.
Ces mesures font suite à la décision du Pentagone du 9 juin d’ajouter plusieurs dizaines d’entreprises chinoises à sa liste de « compagnies militaires », parmi lesquelles Alibaba, BYD, Baidu, Nio, Unitree Robotics et TP-Link.
Cette désignation, prévue par la loi américaine sur l’autorisation de la défense nationale, est de nature à compliquer l’accès des sociétés concernées aux marchés de capitaux américains et aux contrats publics, sans pour autant déclencher automatiquement des sanctions.
