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Economie

58e Conférence Habitat et Francophonie : le Maroc mise sur la solidarité territoriale pour bâtir l’avenir

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L’habitat dépasse aujourd’hui le seul cadre de l’urbanisme. Il est devenu un enjeu central de cohésion sociale, de dignité des citoyens et de stabilité de nos sociétés. Ces défis, par leur nature systémique, s’inscrivent bien au-delà des frontières nationales et appellent des réponses coordonnées, fondées sur des approches intégrées, ancrées dans les réalités territoriales et portées par des dynamiques de coopération renforcées, estime Fatima Ezzahra El Mansouri.

Dans un contexte mondial marqué par une urbanisation accélérée, des pressions croissantes sur les ressources foncières, les défis du changement climatique et des inégalités sociales persistantes, la question du logement abordable et durable s’impose comme une priorité stratégique incontournable pour nos politiques publiques, soutient la ministre de l’Aménagement du Territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, chargé de l’Habitat.

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Dans une allocution lue en son nom par Adib Benbrahim, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Aménagement du Territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, chargé de l’Habitat lors de 58e édition de la Conférence du Réseau Habitat et Francophonie organisée par le groupe Al Omrane, la ministre soutient que le logement dépasse aujourd’hui le seul cadre de l’urbanisme.

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 Il est devenu un enjeu central de cohésion sociale, de dignité des citoyens et de stabilité de nos sociétés. Ces défis, par leur nature systémique, s’inscrivent bien au-delà des frontières nationales et appellent des réponses coordonnées, fondées sur des approches intégrées, ancrées dans les réalités territoriales et portées par des dynamiques de coopération renforcées.

La thématique retenue pour cette édition de la Conférence du Réseau Habitat et Francophonie : « Vers une approche intégrée de la durabilité du logement abordable » reflète la profondeur des enjeux partagés par l’ensemble des pays de l’espace francophone.

Qu’il s’agisse de l’accès au logement, de la maîtrise de l’urbanisation, de la gestion du foncier ou de la résilience face aux crises, tous pays sont confrontés à des problématiques similaires qui appellent des réponses concertées et adaptées à nos réalités respectives.

De ce fait, la ministre préconise la coopération entre les pays membres du Réseau Habitat et Francophonie comme levier stratégique croissance. La ministre soutient pour autant que cette coopération ne se limite pas à un simple échange d’expériences : elle constitue un levier essentiel pour construire des approches communes, renforcer les capacités institutionnelles et promouvoir des modèles de développement plus intégrés et plus durables.

Le Maroc s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en favorisant le partage de son expérience tout en s’enrichissant des pratiques et des innovations développées par les autres pays membres. Cette logique de coopération, qu’elle soit Sud-Sud ou Nord-Sud, doit aujourd’hui être renforcée, structurée et orientée vers des résultats concrets, au service de politiques publiques plus efficaces et mieux adaptées aux défis contemporains, rappelle-t-elle.

Au Maroc, l’approche intégrée du développement territorial n’est pas un concept abstrait

Selon Fatima Ezzahra El Mansouri, cette approche intégrée est le fruit d’une vision stratégique portée sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui appelle à repenser en profondeur les modèles de développement territorial.

Cette vision s’est notamment traduite dans le Discours de la Fête du Trône, au travers de ces mots fondateurs : « Voici venu le temps d’amorcer un véritable sursaut dans la mise à niveau globale des espaces territoriaux et dans le rattrapage des disparités sociales et spatiales. Nous appelons donc à passer des canevas classiques du développement social à une approche en termes de développement territorial intégré ».

Ces Hautes Orientations Royales constituent le socle de l’action publique au Maroc en matière d’habitat et d’aménagement du territoire. Elles consacrent la nécessité de dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée du développement, plaçant le citoyen au cœur de son cadre de vie, poursuite la ministre.

Le Maroc a fait du logement un pilier structurant de ses politiques publiques, en lien direct avec les enjeux de développement territorial, de justice sociale et de croissance économique. Ce choix a été assumé avec clarté : anticiper, structurer et agir.

Les résultats obtenus sont concrets. Depuis 2004, une politique volontariste d’éradication des bidonvilles a permis de reloger dignement près de deux millions de citoyens. Aujourd’hui, soixante-deux villes sont déclarées sans bidonvilles, avec une ambition claire : parvenir à leur éradication définitive à l’horizon 2028.

Parallèlement, depuis 2010, une politique ambitieuse de logement social a permis la réalisation de plus de sept cent mille logements, au profit des citoyens en milieu urbain comme rural. Cette dynamique s’appuie sur une politique de financement adaptée, sur l’implication du secteur bancaire, sur des mécanismes incitatifs efficaces au profit des promoteurs immobiliers, ainsi que sur une mobilisation intelligente du foncier public, défend Fatima Ezzahra El Mansouri.

Mais une évolution majeure s’est imposée : dépasser la seule logique du logement pour construire une véritable politique de l’habitat. Cette approche intègre le logement, mais aussi son environnement, les équipements, les services, la mobilité et la qualité de vie, tout en veillant à la préservation du patrimoine et au respect des spécificités régionales.

Dans cette continuité, et sous l’impulsion royale, un programme d’aide directe au logement a été lancé en 2024, au profit des ménages à faibles revenus et de la classe moyenne. Aujourd’hui, plus de quatre-vingt-quinze mille ménages en ont déjà bénéficié, dans un cadre transparent et entièrement digitalisé. Cette réforme traduit une évolution plus large de l’action publique, désormais fondée sur le renforcement de l’État social et la garantie des droits fondamentaux des citoyens, rappelle la ministre.

L’approche intégrée que nous défendons s’appuie également sur une ambition forte en matière de durabilité environnementale. Le Maroc a fait du secteur du bâtiment un levier central de la transition énergétique. Un label national reconnaît désormais les constructions moins consommatrices en énergie, avec un bonus de constructibilité à la clé.

Ces avancées reposent sur une conviction forte : aucune politique de l’habitat ne peut réussir sans une planification urbaine maîtrisée. Le Maroc fait face au défi de couvrir l’ensemble de son territoire par des documents d’urbanisme, un chantier réalisé à près de 90 %, traduisant un choix clair d’urbanisme anticipé.

Cette approche intégrée s’illustre également dans notre politique de réhabilitation du tissu urbain ancien. Les programmes de mise en valeur des médinas — dont plusieurs sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, à l’image de celles de Marrakech, Fès, Rabat et Essaouira — témoignent de notre volonté de concilier préservation du patrimoine, amélioration des conditions de vie et dynamisation économique des territoires.

L’habitat comme bouclier face aux chocs

Les crises récentes ont mis en évidence la nécessité de penser la politique de l’habitat non seulement comme un levier de développement, mais également comme un instrument de résilience territoriale. À la suite du séisme d’Al Haouz en 2023, l’État a déployé un programme de reconstruction d’une ampleur exceptionnelle, au bénéfice de plus de 60 000 familles, fondé sur une approche territorialisée, solidaire et durable.

Cette mobilisation repose sur une coordination étroite entre les institutions publiques, les collectivités territoriales et les différents opérateurs, illustrant la capacité de l’action publique à répondre rapidement et efficacement aux situations d’urgence. Elle met en évidence l’importance d’une gouvernance territoriale renouvelée, fondée sur la coordination, la proximité et la responsabilisation des acteurs locaux, soutient la ministre.

Les défis du logement abordable et durable ne pourront être relevés qu’ensemble. L’espace francophone ne manque pas de solutions : il doit aujourd’hui renforcer sa convergence, structurer le partage de ses expériences et construire des réponses adaptées à nos réalités communes.

C’est dans cette perspective que le Maroc s’investit pleinement dans les dynamiques de coopération Sud-Sud et Nord-Sud, en partageant son expérience et en s’enrichissant de celles de ses partenaires. Les travaux qui s’ouvrent aujourd’hui nous amèneront à aborder des enjeux concrets liés à l’accessibilité du logement, à la gouvernance territoriale, à l’innovation technologique, à la résilience des territoires et aux modèles innovants de financement, conclut la ministre.

 

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