Industrie du sport : un fort potentiel à exploiter

A l’aube de la coupe du monde 2030, et au milieu de ces discussions autour de la question du chômage qui s’élève aujourd’hui à 13%, en attendant la sortie de l’état des lieux de McKinsey, le sport est un domaine à fort potentiel qui pourrait dynamiser la place économique et financière.
L’industrie du sport au Maroc a connu une croissance notable ces dernières années, représentant actuellement plus de 2,5 % du PIB national et générant plus de 115.000 emplois.
Le secteur privé, à lui seul, contribue à hauteur de 1,56 % du PIB, avec un chiffre d’affaires de 21,18 Mds de DH et employant plus de 11.500 personnes. Malgré ces avancées, le potentiel de croissance reste significatif.
Par exemple, le taux de licenciés sportifs au Maroc est inférieur à 1 % de la population, comparé à 4,1 % en Turquie et 23,5 % en France.
De plus, environ 10 millions de Marocains pratiquent une activité sportive de manière informelle, ce qui suggère une opportunité d’intégrer ces pratiquants dans des structures organisées.
Afin d’exploiter pleinement ce potentiel, plusieurs axes peuvent être envisagés : • Capital humain : Dans le cadre de la restructuration des organisations sportives, notamment les clubs, recruter du personnel qualifié et compétent en procédant à des recrutements ciblés par adéquation postes/profils.
- Développement des infrastructures : Investir dans des installations sportives de proximité pour encourager la pratique régulière et organisée du sport.
- Professionnalisation du secteur : Encourager la transformation des associations sportives en entités professionnelles pour attirer des investissements privés et améliorer la gouvernance.
- Formation et éducation : Renforcer les programmes de formation pour tous les acteurs sportifs afin d’améliorer la qualité et la compétitivité du sport marocain. • Accompagnement des sportifs pendant et après leur carrière : Mettre en place des dispositifs de reconversion professionnelle pour les athlètes qui arrêtent leur carrière prématurément en les orientant vers des métiers adaptés à leurs passions et compétences.
- Généralisation de la couverture médicale : Assurer une protection médicale à tous les pratiquants, incluant divers types de soins adaptés aux besoins des sportifs.
- Partenariats avec des écoles publiques et privées : Développer des programmes de formation et d’accompagnement académique pour les jeunes athlètes afin de concilier sport et études.
Zoom sur le football
Le football, en particulier, est un vecteur puissant d’investissement et de soft power. Un modèle économique structuré, intégrant une meilleure gestion des clubs, la modernisation des infrastructures et une valorisation des droits TV et du sponsoring, pourrait générer des revenus colossaux.
Certains pays, comme l’Arabie Saoudite, ont bien compris cet enjeu en investissant massivement dans leur championnat.
Un écosystème solide autour du football : formation, merchandising, marketing digital, événements internationaux, pourrait ainsi booster le PIB et créer des milliers d’emplois.
Le football est sans conteste le sport le plus populaire et le plus structurant au Maroc. Il joue un rôle central dans l’économie du sport, avec les 16 clubs de la Botola D1 affichant un budget cumulé de 879 MDH. La passion pour le football se reflète également dans le commerce des articles de sport, dont une grande partie est liée à cette discipline.
Son développement pourrait être renforcé par des stratégies visant à professionnaliser davantage les clubs, à améliorer la gestion des infrastructures et à promouvoir des académies de formation de haut niveau.
En adoptant ces stratégies, le Maroc pourrait non seulement augmenter la contribution du sport à son économie, mais aussi renforcer la cohésion sociale et améliorer la santé publique.
Par AbdelAli El Hachimi,
Essayiste,
Consultant en Management – Secteur public / privé

