La confiance numérique et la souveraineté des données au cœur d’une migration sécurisée vers le cloud

La confiance numérique, la souveraineté des données et la résilience des infrastructures constituent des conditions essentielles pour une migration sécurisée vers le cloud, ont souligné, lundi à Rabat, les participants à un panel sous le thème “Digitalisation par le Cloud : Quelles garanties pour une transformation de confiance et sécurisée ?”
Organisée dans le cadre de la Semaine nationale de la cybersécurité, “Morocco CyberSecurity Week”, cette rencontre a réuni des experts et responsables du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), qui ont mis en avant la nécessité de concilier les avantages du cloud en matière d’agilité, d’évolutivité et de performance avec les impératifs de sécurité, de conformité et de continuité des services.
Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes de gouvernance et de conformité, la gestion des risques liés aux architectures hybrides, ainsi que sur l’évaluation de la criticité des données avant toute migration.
Intervenant à cette occasion, la directrice des technologies de l’information et de la communication (ICT) à INWI, Imane Najari, a indiqué que la migration vers le cloud évolue progressivement du transfert d’applications métiers et web vers des environnements hébergeant des charges de travail de production, des systèmes critiques et des données sensibles.
Cette évolution nécessite une approche structurée, reposant sur l’évaluation des applications à migrer, le choix de l’architecture adaptée et l’intégration de la sécurité dès la conception des projets, a-t-elle relevé, mettant également en avant l’importance croissante des cadres réglementaires nationaux et de la souveraineté des données face à la sophistication des cybermenaces.
De son côté, le conseiller stratégique en cybersécurité et ex-responsable de la cybersécurité au ministère koweïtien de l’Électricité et de l’Eau, Mashal Saad Buhamad, a précisé que les évolutions géopolitiques imposent de réexaminer les stratégies de migration vers le cloud, particulièrement pour les technologies opérationnelles et les infrastructures critiques.
M. Buhamad a, par ailleurs, fait savoir que toute décision de migration doit être précédée d’une évaluation des bénéfices attendus en matière de confidentialité et d’intégrité, notant que cette exigence ouvre d’importantes perspectives aux entreprises locales pour développer des infrastructures de cloud souverain.
Pour sa part, le directeur de la cybersécurité et de la protection de la vie privée chez Huawei Maroc, Youssef Ait Kaddour, a affirmé que la confiance envers les fournisseurs technologiques doit reposer sur des preuves concrètes et vérifiables de manière indépendante, plutôt que sur de simples déclarations de sécurité.
A cet effet, il a présenté quatre dimensions complémentaires de cette confiance, à savoir la sécurité et la protection de la vie privée dès la conception, les contrôles techniques, la vérification indépendante et la gouvernance, relevant que ces exigences impliquent notamment l’intégration de la cybersécurité tout au long du cycle de développement des solutions, le recours au chiffrement et aux approches de type “zéro confiance”, ainsi que la vérification des certifications et le respect des obligations légales applicables.
Quant à la directrice ICT d’Orange Maroc, Nouhade Mechkour, elle a expliqué que le choix d’une solution cloud doit être guidé par la valeur ajoutée attendue pour l’activité, la sensibilité des données et la maîtrise de leur accès et de leur localisation.
Mme Mechkour a indiqué que l’évaluation de la criticité des applications et des conséquences d’une éventuelle interruption de service permet de déterminer l’architecture la plus adaptée, qu’il s’agisse d’un cloud privé, local, public ou hybride, insistant sur la prise en compte, dès le lancement des projets, des exigences réglementaires nationales, notamment la loi 09-08 relative à la protection des données à caractère personnel, ainsi que des référentiels de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) et de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI).
Dans cette dynamique, le Chief Information and Technology Officer du groupe Maroc Telecom, Mohamed Laklalech, a souligné, dans une déclaration à la MAP en marge du panel, qu’”il n’y a pas de transformation sans confiance”, mettant en évidence le rôle essentiel de la cybersécurité dans l’accompagnement de la transition numérique.
L’engagement du groupe, a-t-il précisé, s’articule ainsi autour de deux axes complémentaires, à savoir la protection de ses propres infrastructures, réseaux, centres de données et environnements cloud, afin de garantir la disponibilité et la continuité des services, ainsi que l’accompagnement des acteurs publics et privés à travers une offre souveraine intégrée, pour contribuer à l’édification d’un Maroc numérique plus sûr et résilient.
La Semaine nationale de la cybersécurité, “Morocco CyberSecurity Week”, organisée en exécution des Hautes Instructions Royales par la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI), relevant de l’Administration de la Défense Nationale, se poursuit jusqu’au 14 octobre sous le thème “La cybersécurité au service de la transformation et du développement numérique”.
