La disponibilité de l’eau dans la région MENA est inférieure à la référence mondiale

À mesure que la région MENA devient plus chaude et plus aride, la pénurie d’eau pourrait entraîner une baisse du PIB allant de 6 à 14 % dans certains pays d’ici le milieu du siècle.
Face à une crise de l’eau généralisée et qui ne cesse de s’aggraver, les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) mettent en œuvre des actions décisives pour garantir un avenir hydrique sûr à leurs citoyens. Ce faisant, ils renforcent la résilience face au changement climatique, soutiennent la sécurité alimentaire, améliorent la qualité des environnements locaux et déploient des infrastructures résilientes qui profiteront durablement aux communautés et aux économies de la région.
Le défi est de taille. « La région MENA est la plus pauvre en eau au monde, avec une disponibilité annuelle moyenne par habitant de seulement 480 mètres cubes — bien en deçà de la moyenne mondiale de 5 500 mètres cubes et du seuil de pénurie absolue fixé à 500 mètres cubes », apprend-on dans le rapport de la Banque Mondiale. Dans certains pays, les pertes dans les systèmes de distribution atteignent jusqu’à 50 %, un niveau largement supérieur aux normes internationales. Parallèlement, la croissance démographique rapide et les effets du changement climatique aggravent encore les tensions. La population régionale, actuellement estimée à plus de 500 millions d’habitants, devrait dépasser les 700 millions d’ici 2050.
À mesure que la région MENA devient plus chaude et plus aride, la pénurie d’eau pourrait entraîner une baisse du PIB allant de 6 à 14 % dans certains pays d’ici le milieu du siècle.
Face à cette situation, les pays de la région MENA prennent des mesures décisives. Dans certains cas, cela se traduit par le renforcement d’initiatives de longue date, soutenu par des ressources accrues, visant à améliorer l’efficacité de la distribution d’eau et la qualité des services offerts aux ménages et aux entreprises. Dans d’autres, cela passe par l’adoption de technologies de pointe, telles que les compteurs intelligents, le dessalement ou encore l’utilisation des données climatiques et hydrologiques pour éclairer les décisions. Et dans plusieurs pays, cela implique de s’attaquer à des enjeux structurels complexes, comme la gouvernance du secteur de l’eau, la vétusté des infrastructures ou encore la gestion du secteur.
La Banque mondiale s’emploie activement à accompagner les pays de la région MENA dans cette transition. Son portefeuille de projets liés au secteur de l’eau, qui s’élève à 2,57 milliards de dollars, combine financements, expertise et assistance technique. Il soutient notamment des programmes visant à améliorer l’irrigation agricole, garantir l’accès à l’eau potable dans des zones touchées par un conflit ou une catastrophe, préserver les oasis, réduire les pertes d’eau dans les réseaux, et améliorer le traitement des eaux usées pour assainir les plages, les villes et les communautés rurales. Grâce à ces efforts, des millions de personnes dans la région bénéficient aujourd’hui de services renforcés et d’un approvisionnement en eau plus sûr.

