L’AIE propose de recourir aux réserves stratégiques de pétrole selon le WSJ

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé de puiser dans les réserves stratégiques de pétrole afin de contenir la hausse des cours du brut provoquée par la guerre au Moyen-Orient, rapporte le Wall Street Journal (WSJ), citant des responsables au fait de la question.
La quantité envisagée serait supérieure aux 182 millions de barils de pétrole que les pays membres de l’agence ont libérés en 2022, lorsque la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine, croit savoir le WSJ.
Les pays membres de l’AIE, au nombre d’une trentaine, importateurs de pétrole pour la plupart, ont été convoqués mardi en réunion extraordinaire. Ils doivent se prononcer ce mercredi sur la proposition faite par l’agence, écrit le WSJ.
Emmanuel Macron doit présider dans l’après-midi une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement du G7, dont la France assure la présidence cette année.
Les ministres de l’Energie du G7, réunis mardi en visioconférence, se sont abstenus de prendre une décision tout en signalant dans un communiqué publié mercredi qu’ils soutenaient l’idée dans son principe.
« En principe, nous soutenons la mise en oeuvre de mesures proactives pour faire face à la situation, y compris l’utilisation des réserves stratégiques », ont déclaré les ministres de l’Energie dans leur communiqué. « Les membres du G7 étudieront minutieusement les recommandations. »
Une source du G7 a souligné que même si aucun pays n’est actuellement confronté à une pénurie de brut, les prix augmentent fortement et laisser la situation suivre son cours n’est pas une option.
Puiser dans les réserves stratégiques de pétrole n’est toutefois pas immédiatement possible, des décisions concernant le volume total de barils de pétrole à libérer, leur répartition et le calendrier de l’opération devant faire l’objet de discussions supplémentaires, a-t-elle précisé.
« Le secrétariat de l’AIE devrait proposer plusieurs scénarios, basés sur l’impact attendu sur le marché, et des pays ne faisant pas partie de l’AIE comme la Chine ou l’Inde pourraient être sollicités. »
Les pays membres de l’AIE détiennent actuellement plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence de pétrole, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils de stocks détenus par l’industrie sous obligation gouvernementale, a indiqué lundi le directeur exécutif de l’agence, Fatih Birol.
« Ces stocks ne sont pas infinis donc il faut le faire avec parcimonie et de manière coordonnée », a déclaré le ministre français de l’Economie Roland Lescure mercredi matin au micro de BFM TV/RMC.
« Il faut donner un message très clair, c’est que si on ne peut pas rouvrir le détroit d’Ormuz tout de suite, on peut le remplacer », a-t-il dit.
Les cours du brut regagnaient du terrain mercredi matin, les opérateurs doutant que le recours de l’AIE aux stocks stratégiques puisse compenser les problèmes d’approvisionnement induits par le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran.
Vers 08h50 GMT, le baril de Brent s’échangeait en hausse de 1,7%, à 88,20 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) était en hausse de 2%, à 84,92 dollars le baril.

