Le Brent progresse sur fond d’incertitudes en Ukraine

Les contrats à terme sur le pétrole Brent ont progressé vendredi, les négociations prolongées entre la Russie et l’Ukraine maintenant les risques géopolitiques à un niveau élevé, tandis que les opérateurs surveillaient de près l’issue de la réunion de l’OPEP+ prévue dimanche pour obtenir des indications sur d’éventuels changements de production.
Cependant, les contrats à tderme américains sur le West Texas Intermediate (WTI) ont été gelés à la suite d’une panne du système de l’opérateur boursier CME Group.
Selon des courtiers, le CME a informé juste avant 03h00 GMT de l’interruption des échanges due à un problème de refroidissement dans ses centres de données CyrusOne, affectant la négociation de tous les contrats à terme et options sur la plateforme Globex. Le Brent, pour sa part, est négocié sur l’Intercontinental Exchange (ICE).
Les contrats à terme sur le Brent pour livraison le mois prochain — qui expirent ce vendredi — ont augmenté de 24 cents, soit 0,38 %, à 63,58 $ le baril à 04h52 GMT, après avoir clôturé en hausse de 21 cents jeudi. Le contrat plus actif pour février s’échangeait à 63,10 $, en hausse de 23 cents.
Le WTI américain est resté figé à 59,08 $ le baril, en hausse de 43 cents, soit 0,73 %. Il n’y a pas eu de clôture jeudi en raison du jour férié de Thanksgiving aux États-Unis.
Les deux contrats se dirigent vers une quatrième baisse mensuelle consécutive, la plus longue série de pertes depuis 2023, les anticipations d’une offre mondiale plus abondante pesant sur les prix.
Des signes laissant penser qu’un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie pourrait être proche ont entraîné une forte baisse des prix du pétrole plus tôt cette semaine, mais ceux-ci se sont redressés lors des trois dernières séances alors que les négociations s’éternisent.
Le Brent et le WTI devraient tous deux clôturer la semaine sur des gains de plus de 1 %.
« Bien qu’un accord de paix définitif entre la Russie et l’Ukraine puisse à terme ouvrir la voie à un assouplissement des sanctions visant les producteurs russes de pétrole et donc à une augmentation de l’offre mondiale, une telle issue semble encore lointaine », estime Sugandha Sachdeva, fondatrice du cabinet de recherche SS WealthStreet, basé à New Delhi.
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi que les projets de propositions de paix discutés par les États-Unis et l’Ukraine pourraient servir de base à de futurs accords pour mettre fin au conflit en Ukraine, mais que, dans le cas contraire, la Russie poursuivrait le combat.
Poutine a ajouté que l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, prévoyait de se rendre à Moscou au début de la semaine prochaine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que des délégations ukrainienne et américaine se réuniraient cette semaine afin d’élaborer une formule, évoquée lors des discussions à Genève, visant à instaurer la paix et garantir la sécurité de Kyiv.
« Après plusieurs faux départs, les acteurs du marché hésitent à prendre des positions agressives tant qu’aucun progrès concret — ou aucun échec — ne se matérialise », analyse Tony Sycamore, d’IG Markets, dans une note de recherche.
Dimanche, l’OPEP+ devrait probablement maintenir ses niveaux de production inchangés lors de ses réunions et convenir d’un mécanisme d’évaluation de la capacité maximale de production de ses membres, ont indiqué à Reuters deux délégués du groupe et une source proche des discussions.
Les prix du pétrole sont également soutenus par la hausse des paris sur une baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine le mois prochain, ce qui pourrait doper la croissance économique et soutenir la demande énergétique.
Une diminution du nombre de forages pétroliers en activité aux États-Unis, tombé cette semaine à son plus bas niveau en quatre ans, a également contribué à soutenir les prix.

