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Economie

Le Dirham sous pression face à l’euro au deuxième trimestre 2026

MAD

Malgré des indicateurs macroéconomiques globalement au vert, le marché des changes marocain subit une forte pression. D’aprés le HCP, au cours du deuxième trimestre 2026, le dirham a enregistré des baisses de 2,5 % de sa valeur par rapport à l’euro et de 0,1% par rapport au Dollar. Cette dépréciation intervient dans un contexte marqué par une surchauffe de la création monétaire et de tensions persistantes sur les liquidités des banques.

L’affaiblissement de la monnaie nationale surprend par son timing. En effet, les avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib ont bondi de 21,9 %. En temps normal, un tel stock de devises soutient la monnaie locale.

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La baisse du dirham s’explique ici par deux facteurs clés :

  • Le poids de l’euro : La monnaie européenne s’est globalement renforcée sur les marchés internationaux.
  • Le panier de cotation : L’euro pèse à hauteur de 60 % dans la valeur de référence du dirham, rendant ce dernier très sensible aux fluctuations de la monnaie unique.

Une économie dopée au crédit et à la monnaie

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Cette glissade du dirham coïncide avec une accélération fulgurante de la masse monétaire (M3), qui progresse de 12,1 %. Les banques commerciales ont massivement injecté des liquidités dans l’économie pour répondre à une forte demande globale :

  • +10 % de crédits accordés à l’économie en glissement annuel.
  • Hausse des financements pour la trésorerie et l’investissement des entreprises.
  • Progression continue des crédits à la consommation des ménages.

Cette profusion de monnaie nationale en circulation tend, par un effet de vases communicants, à diluer sa valeur face aux devises étrangères.

Banques à sec et arbitrage obligataire

Face à cette frénésie de crédits et au maintien d’une forte circulation fiduciaire (le cash hors circuit bancaire), les banques marocaines se sont retrouvées à sec. Pour éviter un blocage, Bank Al-Maghrib a dû ouvrir grand les vannes du refinancement, tout en maintenant son taux directeur à 2,25 %.

Ce manque de liquidités a toutefois poussé les taux d’intérêt de l’État (les Bons du Trésor) à la hausse :

  • +25 points de base pour la maturité à 1 an.
  • +39 points de base pour la maturité à 5 ans.

Quel impact pour le consommateur et les entreprises ?

À court terme, cette dépréciation de 2,5 % face à l’euro va agir comme une taxe invisible sur les importations marocaines. Les produits finis, les composants industriels et les matières premières payés en euros coûteront plus cher. Cela risque d’alimenter l’inflation importée.

À l’inverse, cette situation offre une bouffée d’oxygène temporaire aux exportateurs marocains et au secteur du tourisme, dont la compétitivité-prix se trouve mécaniquement améliorée en Europe.

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