Les Bourses mondiales en rouge, entre ventes massives dans la tech et guerre

Les Bourses mondiales baissent de concert vendredi, les ventes massives dans le secteur technologique et la crainte des conséquences d’une nouvelle escalade de la guerre en Iran précipitant les principaux indices dans le rouge.
Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris perdait 0,38%, Francfort 0,36%, Londres 0,04% et Milan 0,59%.
« La baisse se poursuit sur le marché actions, la pression vendeuse dans le secteur technologique, en particulier sur les valeurs des semi-conducteurs, continue », a noté Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets. « Compte tenu des valorisations élevées des valeurs de semi-conducteurs, les nerfs des actionnaires concernés sont à vif », a-t-il relevé.
A Francfort, le géant allemand des semi-conducteurs Infineon chutait de 4,76%. A Paris, Soitec cédait 4,24% et STMicroelectronics plongeait de 5,63%. Le géant néerlandais ASML flanchait également de 3,78% à Amsterdam.
En milieu de semaine, ASML, plus important fournisseur au monde de machines fabriquant les semi-conducteurs, éléments indispensables pour construire les centres de données pour l’intelligence artificielle (IA), avait pourtant relevé à nouveau ses perspectives de chiffre d’affaires pour 2026.
« Les bons chiffres des entreprises technologiques ne sont souvent plus jugés suffisants et déclenchent des ventes en chaîne dans les secteurs concernés. Dans un marché estival déjà peu liquide, cela entraîne désormais un recul des actions », a expliqué Andreas Lipkow.
Les places asiatiques sont en effet en première ligne, secouées par les pertes dans la tech, les investisseurs encaissant leurs gains après les performances spectaculaires de ce secteur au cours de l’année.
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé sur une chute de 4,03%, « les fabricants de semi-conducteurs menant les pertes » d’après Ipek Ozkardeskaya.
Kioxia, l’une des plus grosses capitalisations boursières du Japon, a dégringolé de 16,10%.
A Taïwan, l’indice Taiex s’est effondré de 6,47%. L’indice sud-coréen Kospi est quant à lui fermé vendredi en raison d’un jour férié.
Le géant taïwanais des puces TSMC a terminé sur une chute de 7,29%, au lendemain de l’annonce d’un bénéfice net trimestriel record au deuxième trimestre et d’un investissement de 100 milliards de dollars supplémentaires pour des usines en Arizona, aux Etats-Unis, sur fond de course à l’IA qui nécessite des puces avancées pour se développer.
« L’incapacité de résultats aussi impressionnants à susciter une réaction positive du marché montre une chose : les valorisations des fabricants de semi-conducteurs sont allées trop loin », a jugé Mme Ozkardeskaya.
Le bénéfice net du mastodonte des semi-conducteurs TSMC a atteint 706,6 milliards de nouveaux dollars de Taïwan (19,2 milliards d’euros) d’avril à juin, en hausse de 77,4% sur un an, battant les estimations des analystes.
En Chine, la Bourse de Shenzhen a chuté de 5,40% et celle de Shanghai de 3,05%. La Bourse de Hong Kong perdait 2,02% dans les derniers échanges.
La géopolitique demeure un point d’attention
« La baisse des valeurs technologiques n’est pas la seule raison expliquant la morosité actuelle des marchés », a souligné par ailleurs Ipek Ozkardeskaya. « La situation au Moyen-Orient se détériore d’heure en heure », a-t-elle relevé.
« Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est tombé à des niveaux comparables à ceux observés en période de guerre », a résumé l’analyste de Swissquote, et « aucune solution rapide ne semble se dessiner ».
Les Etats-Unis ont bombardé l’Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, Téhéran les accusant d’avoir visé des cibles civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont fait état d’attaques les ciblant.
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l’Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.
Les cours du pétrole montent légèrement vendredi, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, s’affichant en petite hausse de 0,28%, à 84,47 dollars le baril, et le WTI, son équivalent américain, prenant 0,71%, à 79,51 dollars le baril, vers 07H45 GMT. (Avec Zonebourse)

